[POINT DE VUE] Il pardonne au meurtrier de sa mère et attaque l’extrême droite
Le 6 juin 2012, à l’heure de la sortie des écoles, une dame circule à vélo dans les pentes de La Croix-Rousse, un quartier plutôt bobo de Lyon. Au même moment, Saïd, un multirécidiviste qui a consommé du cannabis, est juché sur une moto. Pour faire le beau, dans une petite rue bondée, il fait une « roue arrière » à toute vitesse. Alors, c’est l’inévitable collision. Le motard percute la cycliste en pleine tête. Puis, alors que la victime gît à terre, les amis de Saïd débarquent et causent une bagarre avec les passants pour évacuer la moto de la scène. Christine décède quelques jours plus tard, laissant derrière elle un mari et des enfants éplorés.
Cette tragédie reprend un scénario tristement répandu en France, en attestent de nombreux drames faisant des morts, des blessés graves, y compris des bébés. Mais elle est revenue sur le devant de l’actualité avec la sortie de La Collision (édité chez Gallimard), pressenti pour le prix Goncourt, par Paul Gasnier, fils de Christine, qui tente d’y faire son deuil.
Naturellement, il n’est pas question de critiquer la façon dont Paul Gasnier a vécu son deuil personnel. En revanche, il est permis de critiquer un livre et son message politique. Car en matière de sécurité, le déni de la réalité nous met tous en danger…
Le délinquant, centre de toutes les attentions
Ce lundi 1er septembre, Paul Gasnier, qui est par ailleurs journaliste chez Quotidien, était interrogé sur France Inter et son discours a permis de faire ressortir plusieurs éléments très révélateurs. D’abord, on note l’emphase mise par l’auteur sur le délinquant. En effet, Gasnier reconnaît que ce livre aborde plus largement la vie de Saïd, et son parcours, que la vie de sa mère. Gasnier s’est renseigné sur la vie de cet homme, sur sa famille, sur son frère - lui aussi délinquant. Il explique, d’ailleurs, ce parcours multirécidiviste par son milieu « populaire » et par la « démission de l’État et la baisse des moyens dans la justice, la police, l’éducation ». Dans le parcours désespérant de Saïd, la collectivité porterait une responsabilité lourde.
Cette façon de penser n’est pas anodine. C’est celle que préconisait la philosophie de la « défense sociale nouvelle ». Selon cette philosophie, le but de la Justice n’est pas de protéger la société d’individus déviants, mais c’est bien « la réadaptation sociale du délinquant », placé au centre de tout*. Cette philosophie, inconnue du grand public, a pourtant eu des effets inouïs sur la Justice française. C’est elle qui irrigue, directement ou indirectement, toute la pensée dominante dans les facultés de droit, une pensée devenue religion qu’il est interdit de remettre en cause. Et c’est cet idéal qui conduit la Justice à condamner de moins en moins, alors même que l’insécurité augmente.
« Quand la réalité contredit nos idéaux, c’est très violent »
Le second élément remarquable est la politisation de ce drame par sa victime, qui insiste pour mettre un fossé entre lui et « l’extrême droite ». En effet, Paul Gasnier raconte que, suite à la perte de sa mère, il aurait pu « basculer, devenir un jeune d’extrême droite perclus de haine », car « quand la réalité contredit nos idéaux, c’est très violent ». Et Paul Gasnier interroge (à raison) : « Comment peut-on être tolérant, ouvert sur les autres, considérer que la préoccupation de la délinquance, c’est la "lepénisation" des esprits quand soudain elle vient vous voler votre mère ? »
Mais c’est là que l’on s’étonne : comment ce drame issu d’un réel qu’on ne peut qu’accepter n’a-t-il pas poussé celui qui en est victime à adopter une attitude plus pragmatique vis-à-vis de la délinquance ? Car, en effet, Paul Gasnier confesse que l’idée de ce livre lui est venue alors qu’il couvrait un rassemblement d’Éric Zemmour à Cannes sur le thème de l’insécurité. Il avait été horrifié par ses mesures radicales. Pourtant, les meures que préconisait Éric Zemmour, comme l’expulsion des criminels étrangers, ne sont pas totalitaires : c’est une mesure ancrée dans le réel et, surtout, très largement partagée par les Français…
Il faut avoir beaucoup d’empathie pour ce jeune homme qui a injustement perdu sa mère beaucoup trop jeune. Mais nous avons aussi le devoir de travailler à éviter d’autres victimes, d’autres drames. Car si nous ne tirons pas les leçons que le réel nous impose, nous sommes voués à les revivre. Au moment où Gasnier publiait son livre, Saïd était à nouveau... devant un juge.
* Marc Ancel, La Défense sociale nouvelle (Revue internationale de droit comparé, 1954)
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66 commentaires
Curieuse façon de parler du décès de sa mère. Je n’y voit que le vomissement de l’extrême droite (c’est quoi
l’extrême droite Monsieur). Gardez donc votre bouquin.
N’est ce pas ce qui s’appelle « faire feu de tout bois » ???
Tout de même…..c’est effarant !! le chagrin est il ‘sublimable’ à ce point ??
« Cette façon de penser n’est pas anodine. C’est celle que préconisait la philosophie de la « défense sociale nouvelle ». C’est surtout celle du bolchevisme triomphant, affirmant contre toute évidence qu’il ne peut y avoir de responsabilité que collective. C’est celle qui nous gouverne.
Tout à fait d’accord
Il a été horrifié par les mesures radicales proposées par Zemmour !! Peut-être que s’il y en avait eu plus, des mesures radicales ce jour-là, sa mère serait toujours en vie. Quant à son bouquin, sûrement fade, inutile et inintéressant.
Des « journalistes » chez Quotidien ? Ca existe vraiment ??
Pourtant le rôle d’un journaliste est de répandre l’information et la culture, pas des fake-news et de la diarrhée wokiste !
Journaliste chez quotidien…
Peut-être que ce déni de la réalité n’est finalement pour l’auteur qu’un moyen de se protéger car n’ayant pas suffisamment de courage pour l’affronter.
Finalement on se réjouirait presque que celà se soit passé chez ce gens là . D’autres auraient pu plus mal le prendre .
Que ne faut-il pas faire pour carresser le monde littéraire, jusqu’à se défaire de ses êtres les plus chers, je n’ai pas la moindre ampathie pour cet individu ,il a choisi ses préférences, bien lui convienne, certains sont très longs à comprendre même lorsque le toit leurs tombent sur la tête
L’auteur de l’article n’a-t-il pas confondu les deux verbes ressortir ?
Car son titre signifie l’inverse de ce qui était l’intention apparente de l’auteur.
Il est comme Delphine Ernotte, il voit le monde tel qu’il voudrait qu’il soit, et non comme il est.
Quand ont est journaliste chez quotidien normal que l’ont n’à pas toute sa téte et que l’ont va défendre les migrants méme celui qui à tuer sa mére.
Voilà une phrase de haine de ultra extrême droite :
» Le vrai soldat ne se bat pas parce qu’il déteste ce qui est devant lui, mais parce qu’il aime ce qui est derrière lui. »
G.K. Chesterton
Excellent
Encore la faute de Zemmour !!! Mais au moins, cela lui a permis à ce monsieur de trouver l’inspiration qui lui manquait, il devrait au moins le reconnaître à défaut de dire merci Zemmour !!!!
Au lieu de réclamer plus de moyens , ce monsieur Gasnier devrait se poser la question : pourquoi faut-il plus de moyens .
De mon point de vue l’explication de ce comportement et de ce discours est relativement simple. Ce jeune homme qui a vécu un drame a trouvé un moyen de mettre en pratique le proverbe « A quelque chose malheur est bon ! » et il a donc, en bon journalise, décidé d’utiliser la mort de sa mère pour écrire un livre. Calcul assez juste puisqu’on parle aujourd’hui de lui attribuer le prix Goncourt, quelle promotion pour un petit journaliste inconnu !
Comme on le comprend facilement cette personne vit dans un milieu professionnel et amical qui n’aurait pu que le bannir s’il avait donné à son livre un tour moins consensuel, s’il avait critiqué le criminel plutôt que la société : il aurait perdu ses amis, son éventualité de gagner un prix littéraire et peut-être même son boulot. Il a donc fait le bon choix, même si les rasons profondes de ce choix restent non dites et sans doute même inconscientes, ce qui est beaucoup plus confortable.
Bravo, voilà quelqu’un qui a bien compris ce qu’il faut faire pour réussir dans la France d’aujourd’hui ! Mais qu’en penserait sa mère ?
Votre analyse est fort juste. :)