À Ploërmel, dans le Morbihan, le pape Jean-Paul II, treize ans après sa , continue de faire parler de lui. On se souvient que, le 25 octobre dernier, le Conseil d’État, saisi de plusieurs plaintes, avait ordonné le retrait, dans les six mois, de la croix qui surplombait une statue du Saint-Père, offerte à la ville, en 2006, par l’artiste russe Zourab Tsereteli. Au nom de la loi de 1905, interdisant “d’élever ou d’apposer [tout] signe ou emblème religieux” dans un emplacement public.

Le délai arrivant bientôt à expiration, la municipalité et le diocèse ont trouvé un accord : la statue, avec son arche surplombée de la croix contestée, sera déplacée de quelques dizaines de mètres, sur un terrain appartenant à un collège privé catholique. Il paraît qu’elle restera visible de l’extérieur mais, jusqu’à présent, personne ne s’en est offusqué.

Karol Józef Wojtyła, qui témoigna de la dictature communiste en et, devenu pape, contribua largement à sa chute, ne s’attendait sans doute pas à cet ostracisme en France. Au nom d’une militante, qui dissimule mal la haine du catholicisme, les anti-calotins (il en existe encore) s’attaquent à tout ce qui rappelle cette religion. On n’empêche pas encore les cloches de sonner, mais on efface déjà (sur certaines publicités) des croix sur les édifices religieux, on transforme des lieux sacrés en boîtes de nuit ou en salles de spectacle, on met sur le même plan les processions autour d’une église et les prières de rue musulmanes.

Le gouvernement polonais a bien proposé de transférer la statue en Pologne, pour “la sauver de la censure”. Mais, finalement, elle a été vendue au diocèse pour 20.000 euros. Ainsi disparaîtra-t-elle sans tout à fait disparaître : elle sera déplacée dans un espace privé mais on pourra l’apercevoir tout de même. Une solution de jésuite, si l’on ose dire !

Le conseil municipal de Ploërmel a donc approuvé, jeudi soir, à l’unanimité moins trois abstentions, la cession de ce monument, moyennant finances : ces modalités semblaient arranger tout le monde. Le déménagement se fera aux frais de l’acquéreur, comme il se doit. On peut s’étonner, toutefois, que ce présent d’un artiste russe à la ville soit ensuite revendu. Comme ces cadeaux de que des indélicats revendent sur Internet. Encore beau qu’il n’ait pas été mis aux enchères !

“[La statue] va faire un saut de puce”, a déclaré le maire de la ville à l’AFP. Peut-être en distance. Mais, symboliquement, cette vente et ce transfert sont un pas de plus dans la déchristianisation de notre pays. Comme s’il était honteux de se souvenir que la France est, historiquement, « la fille aînée de l’Église ».

2 mars 2018

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