« L’émotion dépasse les règles juridiques »

Les mots de Christophe Castaner, notre ministre de l’Intérieur, ne sont pas une erreur de ni un cas marginal, mais bien une action inscrite dans un processus long, datant des années 2000 : la perte de la crédibilité politique.

La politique n’est plus audible, au-delà des hommes politiques qui s’agitent, c’est tout un système qui est en décadence. Un système qui semble loin de ses racines, à savoir le contrat social. Ce contrat qui lie l’individu à son État. Pour qu’il existe une confiance envers l’État, il faut que les deux acteurs du contrat se sentent en confiance, en sécurité. La sécurité, selon la conception de Thomas Hobbes, est la principale condition pour que le citoyen accepte d’obéir à l’État Léviathan.

Or, depuis des années, l’institution policière mais également judiciaire sont incomprises par la population. Des peines non appliquées, des sanctions inégales, une répression féroce envers la classe moyenne et les , mais surtout la montée de zones grises dans notre propre territoire. Nos institutions perdent de leur souveraineté, l’État n’exerce plus le monopole de la répression légitime sur son propre territoire. Nos policiers ont peur d’agir dans certains quartiers. La a changé de camp, ce sont les racailles qui sont les victimes d’un système jugé, à tort, autoritaire.

Il suffit de voir les récentes manifestations interdites, qui ont pourtant rassemblé près de 20.000 personnes. Pourtant, durant les manifestations des gilets jaunes, l’État s’est montré impitoyable, multipliant les répressions, alors qu’ici, les manifestants n’ont pas été sanctionnés malgré de nombreux débordements. Pire : la Traoré a eu le luxe d’être invitée par le garde des Sceaux en personne, Nicole Belloubet. Nous pouvons nous interroger sur l’indépendance de la Justice vis-à-vis du pouvoir politique, ainsi que du message envoyé, même si, au final, cette rencontre n’a pas abouti.

La déclaration de notre ministre de l’Intérieur est affligeante également, car elle remet en cause la légitimité même de nos institutions, à savoir la domination légale rationnelle. Nos forces de sont crédibles car elles sont protégées et protègent la loi, la norme ; la légalité, donc. Comment demander à un citoyen d’obéir si d’autres ne le font pas et ne sont pas rappelés à la loi, toujours un manque de crédibilité. De même, la récente affaire Avia en est un autre exemple, une députée portant une loi, sur le principe indiscutable – mais qui, en réalité, restreint nos libertés -, devant lutter contre les propos racistes et violents mais qui sera portée par une élue qui aurait utilisé, en privé, des propos indignes.

Nos politiques semblent de plus en plus déconnectés, ils ne doivent pas oublier que le seul moyen d’être considéré par leurs électeurs, c’est par le retour de la crédibilité.

12 juin 2020

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