C’est ce mercredi 13 mai que doit être votée la loi Avia à l’Assemblée, laquelle consiste à lutter contre les « contenus haineux » sur Internet, mission confiée par le Premier ministre Édouard Philippe à la députée marcheuse . À propos de haine, c’est elle qui doit l’avoir, depuis mardi dernier, à en juger des révélations du site Mediapart. En effet, cette macroniste historique, chargée de lutter contre le sexisme, le racisme et l’homophobie, se trouve désormais accusée de sexisme, de racisme et d’homophobie. La haine, on vous dit…

Comme toujours, les attaques viennent de l’intérieur : un grand classique de la presse d’investigation, de Minute au Canard enchaîné. Là, ce sont cinq ex-assistants parlementaires qui ont décidé de passer à table ; inutile de préciser que le menu est des plus copieux.

En hors-d’œuvre, les conditions de travail, pas tout à fait sociales : « Travailler pour elle, c’était être sollicité de sept heures à une heure du matin. Même le week-end. […] Elle était capable de piquer de grosses colères ou de nous infantiliser en permanence, mais pouvait devenir tout à fait adorable ou s’excuser quand elle allait trop loin. Psychologiquement, c’était très dur et ça menait à une emprise. » À peu de choses près, on dirait un portrait de ces « pervers narcissiques » si souvent mis en cause dans les violences faites aux femmes : au moins fera-t-on crédit à Laetitia de connaître le dossier de l’intérieur.

Pour le plat de résistance, les mêmes stigmatisent sa misogynie ordinaire : « Elle traite souvent les députées qu’elle n’aime pas de “putes”. Elle se moque aussi de leur physique. » La députée LREM Aurore Bergé, comparée au Pingouin de Batman : le défi, film de Tim Burton, en aurait souvent fait les frais. Certains ont appelé à pendre une Nadine Morano pour moins que ça. Dans la foulée, l’homophobie au quotidien. À propos d’une de ses collègues, ancien ministre : « C’est ma copine, mais elle communique très mal sur ce qu’elle fait. C’est ce qu’il se passe quand tu mets un gay à la com ! » Dans le même registre, et à propos de l’amendement qu’elle fait passer en faveur des migrants LGBT, ce cri du cœur : « On a voté l’amendement des PD… »

Fromage ou dessert ? Fromage ET dessert ! À un de ses collaborateurs d’alors, d’origine asiatique et manifestement peu doué en informatique, elle lance : « Tu es un faux Chinois, tu ne maîtrise pas Mac ! » Bonjour, les clichés. Un peu comme s’il lui avait été demandé si elle avait le rythme dans la peau, compte tenu de ses ascendances togolaises.

Pour les mignardises et les digestifs, Laetitia Avia n’est jamais si bien servie que par elle-même, à en juger de sa défense. Répondant aux questions de Mediapart, elle affirme ceci : « Il y a un élément sur lequel vraiment je suis sans appel, c’est le racisme, l’homophobie et le sexisme », ce qui ne mange jamais de pain et n’engage pas à grand-chose. Pour ensuite contester ces « allégations mensongères » et adresser « ses plus sincères excuses à tous ceux qui ont pu se sentir heurtés ». Soit un assez bel exercice de jésuitisme consistant à s’excuser d’avoir dit ce qu’elle n’a pas dit.

Il n’aura pas échappé à nos amis lecteurs que ce site est, depuis le début, très en pointe, grâce au soutien massif de nos lecteurs, contre ce projet de loi liberticide en son essence même, avis d’ailleurs partagé par des associations telles que la Ligue des droits de l’homme ou l’Inter-LGBT, alliées de circonstance pour le moins inattendues, mais rien qui ne puisse au final rivaliser avec l’involontaire soutien de la principale intéressée, qui se lamente aujourd’hui de ces révélations : « Un acharnement qui conduit à publier des accusations mensongères et incohérentes à la veille du vote final de la #PPLCyberhaine. Ce n’est pas un hasard. » Et complotiste, en plus, histoire d’aggraver son cas…

C’est le carton plein. Merci pour ce moment, Laetitia !

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