Le procureur de la République de Vienne a annoncé, ce jeudi matin, avoir classé sans suite l’enquête portant sur la nature des propos de Mila, l’adolescente menacée de mort pour avoir insulté l’islam sur les réseaux sociaux.

Explications de Philippe Bilger au micro de Boulevard Voltaire.

Le procureur de la République de Vienne a annoncé, ce matin, avoir classé sans suite l’enquête portant sur la nature des propos de Mila. Elle avait pour seul objet d’exprimer une opinion personnelle à l’égard d’une religion. Entre-temps, Nicole Belloubet est revenue sur ses propos au sujet de l’atteinte à la liberté de conscience.
Comment analysez-vous tout cela ?

Il y a un double dysfonctionnement. Le procureur a très bien fait de classer la procédure, mais il aurait mieux fait de ne pas ordonner une enquête à l’encontre de Mila. Il a pris pour prétexte qu’il fallait connaître les motivations de ceux qui l’avaient traînée dans la boue et insultée.
Dans un premier temps, Nicole Belloubet a proféré une absurdité. Insulter une religion n’est pas porter atteinte à la liberté de conscience, puisque chacun est libre de croire ou de ne pas croire dans la religion. Je le dis d’autant plus volontiers que moi-même je n’aime pas qu’on insulte les religions. Dire que cela porte atteinte à la liberté de conscience est une absurdité. Personne n’est tenu, dans son for intérieur, d’aimer ou de détester une religion ou de ne pas en avoir.
Il y a un étrange mélange d’absurdité politico-judiciaire sur des sujets sensibles.

Est-ce propre à la religion musulmane ?

Je pense, en effet, qu’on fait toujours une sauvegarde particulière en ce qui concerne la religion musulmane parce qu’on a très peur d’être traité d’islamophobe. On crée parfois une sorte d’équilibre factice et artificiel entre toutes les religions. Jusqu’à nouvel ordre, le judaïsme n’a jamais créé de problème. Au contraire, les actes et les propos antisémites augmentent. C’est, d’ailleurs, un vrai souci. Le christianisme, et le catholicisme en particulier, est souvent traîné dans la boue. Il tend malheureusement souvent l’autre joue, mais c’est la conception dévoyée de l’islam qui crée des problèmes. Comme on a très peur, on n’a pas de courage intellectuel, médiatique et politique. On éprouve toujours le besoin de mettre les autres religions sur le même plan comme si elles posaient des problèmes. C’est une absurdité !

30 janvier 2020

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