Perquisition des locaux de X : Elon Musk dénonce une « attaque politique »

La plateforme "ne [se] laisser[a] pas intimider par les mesures mises en œuvre aujourd'hui par les autorités françaises"
Elon Musk, serial entrepreneur, at TED2013: The Young, The Wise, The Undiscovered.  Wednesday, February 27, 2013, Long Beach, CA. Photo: James Duncan Davidson
Elon Musk, serial entrepreneur, at TED2013: The Young, The Wise, The Undiscovered. Wednesday, February 27, 2013, Long Beach, CA. Photo: James Duncan Davidson

Le 20 avril prochain Elon Musk est prié de venir rendre des comptes, en audition libre, à la justice française : depuis janvier 2025, le réseau social X dont il est propriétaire est visé par une « enquête aux multiples ramifications » explique Le Monde qui détaille les divers chefs d’accusation qui ont fini par provoquer la perquisition des locaux de X à Paris. Évidemment, pour le milliardaire américain proche de Donald Trump c’est tout simplement « une attaque politique ».

Une nouvelle tournure sans surprise pour X

Sur son compte officiel « Global Government Affairs » - « la voix de l’équipe des affaires gouvernementales mondiales de X » - la plateforme dénonce « une enquête pénale reposant sur des motivations politiques et faisant suite à des allégations de manipulation d'algorithmes et de prétendues extractions frauduleuses de données » et ajoute qu'ils sont « […] déçus par ce développement mais il ne [les] surprend pas ». Si on lit l’article du Monde consacré à cette fameuse enquête, il faut bien reconnaître que c’est assez déroutant : en un an, on assiste à une multiplication des potentielles infractions qui « concerne[nt] aussi bien le fonctionnement interne du réseau social que la collecte des données personnelles et les moyens de modération mis en place pour lutter contre les contenus pédopornographiques ».

Dans son communiqué de presse, le parquet de Paris explique que « la conduite de cette enquête s'inscrit à ce stade dans une démarche constructive, dans l'objectif de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises, dans la mesure où elle opère sur le territoire national ». Il s’agit donc, en réalité, de vérifier que X va bien rentrer dans le rang... D’ailleurs, Public Sénat explique bien que, pour l’instant, « aucune infraction caractérisée contre X n’a été établie par la justice française » qui enquête tout de même « […] sur sept possibles infractions différentes » qui vont de la diffusion de contenus illégaux (contestation de crime contre l’humanité ou images pédopornographiques entre autres) à l’accusation de "trifouillage" algorithmique, depuis qu’Elon Musk a racheté la plateforme pour mettre en avant les idées politiques du camp MAGA. Plus qu’une enquête, cela ressemble étrangement à une guerre ouverte, voire à une chasse à l’homme qui risque d’alimenter encore davantage les accusations de censure de la part des États-Unis à l’encontre de l’Europe.

Une forêt de potentielles infractions pour cacher une envie de censure ?

« Malgré tout, l’évolution générale de l’algorithme initiée par Elon Musk au profit d’une idéologie spécifique demeure à prouver factuellement » précise le média parlementaire, et il semblerait bien que le parquet parisien se donne beaucoup de mal pour y arriver. Elon Musk n’a d’ailleurs pas manqué de relever sur X ce sens des priorités tout à fait particulier, en retweetant Tommy Robinson qui dénonçait le laxisme judiciaire français. La mise en examen de dix hommes dans une affaire épouvantable de viol d’un enfant de cinq ans lors d’une soirée de « chemsex » : « Voilà sur quoi les autorités françaises devraient se concentrer » s’indigne le propriétaire de X. Difficile de lui donner tort …

 

D’autant que, explique encore la plateforme sur X, « les allégations ayant justifié cette perquisition sont infondées et X réfute catégoriquement avoir commis la moindre infraction. Cette mise en scène ne fait que renforcer sa conviction que cette enquête viole le droit français, constitue un détournement de procédure et porte atteinte à la liberté d'expression ». Le ministère des Affaires étrangères a répondu vertement à Elon Musk : ce n'est pas « une attaque politique » arguant sur son compte officiel X @FrenchResponse qu'« enquêter sur les contenus pédopornographiques n'est pas controversé. En faire un théâtre politique, c'est de la manipulation ». En bref, tout est question de paravent : Elon Musk accuse la justice française de vouloir brider la liberté d'expression en se cachant derrière de faux prétextes, le ministère des Affaires étrangères français accuse Elon Musk de se cacher derrière la liberté d'expression pour éviter toute régulation...

 

Le paravent de la liberté d'expression

Il faut dire qu’entre l’Europe et les États-Unis, en matière de liberté d’expression il y a bien plus qu’un océan. Dans une émission de France Inter, la journaliste Géraldine Muhlmann résume cette différence fondamentale entre les différentes conceptions juridiques de la liberté d’expression : « En France, il peut y avoir des délits d'abus dans la loi. Aux États-Unis, en revanche, il y a un premier amendement qui interdit de faire au Congrès toute loi qui limiterait la liberté d'expression, dans laquelle il y a aussi la liberté de culte. » En bref, en France on peut tout dire, mais pas trop, aux États-Unis on peut tout dire et ce n’est jamais trop. On comprend sans mal la mésentente entre certains gouvernements européens et Elon Musk.

Parce qu'en Espagne, ce n’est pas mieux : Pedro Sanchez accuse « le propriétaire de X, un migrant, [d’avoir] utilisé son compte personnel pour diffuser de la désinformation sur la décision de [s]on gouvernement de régulariser 500 000 migrants qui vivent et travaillent en Espagne » et quand il a annoncé cinq mesures pour tenter de réguler les diffusions sur les plateformes numériques en Espagne, Elon Musk l’a aussitôt traité de « tyran et de traitre au peuple espagnol », de « fasciste totalitaire ». @FrenchResponse a dû se sentir concerné puisque le compte X a pris la défense de Pedro Sanchez avec une vidéo d'Espagnols faisant la fête : « le fascisme s'en sort très mal. Lancer des mots explosifs aux nations européennes qui savent réellement ce qu'ils veulent dire ».

La guerre contre X aura bien lieu, chacun sort l'artillerie lourde reste à savoir pour qui sonnera le glas...

Vos commentaires

29 commentaires

  1. Pour ceux qui ont un peu creusé la personnalité de Elon Musk (il y a quantités de livres et d’articles sur lui), la liberté d’expression est l’un de ses fils conducteurs dans l’existence. L’homme est brutal et c’est pour cela qu’il n’est pas exempt de critiques. Mais il est fidèle à lui-même. En France notamment, certains veulent museler les réseaux, s’érigeant ainsi en censeurs totalitaires. Musk , c’est tout le contraire. On perquisitionne chez X ! De quel droit ? On veut le convoquer pour l’entendre ? Chiche ! Qu’il vienne moucher le nez de certains.

    • S’il vient en France il sera arrêté, mis en garde a vu, le gars Barrot va s’occuper de lui. Il ne viendra jamais en France, ce qui évitera a l’armée US de détruire Paris pour le récupérer. Pendant ce temps Samia Ghali la FLN est décoré comme un héros de guerre de la nation.

  2. MUSK et les US….qu’ils interdisent tout simplement l’accès au réseau X en FRance
    je ne pense pas que ça leur fasse de « l’ombre » !
    ce sera ça la bonne réponse et, au moins, ce serait amusant !!!! que toutes ces « notabilités » n’est plus de compte : un chaos rigolo ! d’ailleurs on n’entend plus parler du boycott de X ! ils y sont tous restés.
    allez MUSK, tailles à coup de cerpe qu’on s’amusent
    je ne suis sur aucun réseau et je ne m’en porte pas plus mal !

  3. Dans l’air du temps, l’expression « on marche sur la tête » est à la une.

    Les progressistes à contre courant confirment ce qui devient un dogme « ils marchent sur la tête ». Ils prétendent juguler la liberté d’expression. C’est méconnaître la puissance du numérique, ses multiples ressources.

    A la naissance de la vulgarisation de l’informatique, à notre connaissance, un seul logiciel à notre disposition, LOTUS 1.2.3. Donc limités dans nos applications. Très rapidement nous avons appris des rudiments du langage informatique ce qui nous a permis de créer nos propres algorithmes, le logiciel nous le permettait.

    Ce qui signifie qu’avec tous les logiciels à disposition sur le marché, nous avons une telle ouverture en matière de création et de communication qu’il devient impossible de nous brider. Nos politiques devraient s’instruire un peu. Les réseaux sociaux ne sont que la partie émergente de ces moyens de communication à disposition. Des faciliteurs, quelques arbres qui cachent la forêt.

  4. Comme on pouvait s’y attendre, la riposte d’Elon Musk, qui, faut-il le rappeler, compte 234 millions d’abonnés sur son compte X, n’a pas traîné, et il n’a pas fait dans la dentelle. 
    Elon Musk a d’abord dévoilé que l’Union européenne était intervenue dans six pays, et à huit reprises, dont la France en 2024, pour censurer les opposants à la politique covidiste, ceux qui contestent la pertinence de l’immigration, ceux qui sont taxés d’islamophobie, les opposants à la propagande LGBT et du climat.
    Mais c’est surtout le dossier Epstein que Musk fournit. Dans ce dossier, les rapports entre Epstein et Macron sont révélés, et il est probable que si Musk a envoyé cette torpille, c’est qu’il y a des billes pour continuer sur ce terrain-là. Il demande à la France d’enquêter sur ces liens, alors que les médias restent silencieux.
    Il est fort probable que les États-Unis prennent des sanctions contre l’Union européenne et la France, et que Macron soit directement ciblé.

  5. Et il a raison !!!

    L’UERSS veut tout censurer et mettre la main sur les RS, nous obligeant au fichage soit disant pour protéger les mineurs, d’ailleurs ils feraient mieux de surveiller aussi les jeux vidéos de plus en plus violents des ados qui font beaucoup de dégâts, beaucoup de jeunes agresseurs y jouent et sont très violents, cf le jeune de 14 ans à Sanary

  6. Il est extrêmement difficile de limiter la liberté d’expression sans prendre le risque d’une censure arbitraire. Je suis partisan d’une totale liberté assortie d’une sévère répression des abus (injures, mensonges). L’exemple actuel de notre pays illustre le risque des dérapages (cf. C8).

  7. Tous les pouvoirs finissants utilisent la censure. Les sorosiens européens sont en fin de règne. Ils jouent leur va-tout,….. sous prétexte de protéger le peuple….. qui est largement capable de juger par lui-même.

  8. Question naïve : internet ne dépend t-il pas des Gafam américains, des satellites de communication ? Et donc peuvent-ils « bloquer » les communications mondiales ?

  9. Nos politiques du moment pensent que s’en prendre aux USA va leur donner de la crédibilité mais c’est un leurre. Faire les coqs devant une France mise à genoux par leur gestion calamiteuse ne fait que rajouter du grotesque à leur situation.

    • On n’a pas envie aussi de se mettre à genoux devant un Trump et autres Musk !
      Les milliardaires vont nous pourrir la vie !

  10. Très amusant : « le parquet de Paris explique que « la conduite de cette enquête s’inscrit […] dans une démarche constructive, dans l’objectif de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises, dans la mesure où elle opère sur le territoire national » ». Mais quand il s’agit d’agriculture ou d’élevage dont dépendent la santé des Français, le gouvernement fout pas mal de savoir si les conditions de de culture ou d’élevage des produits importés sont conformes aux lois Françaises. Après, il vont dire que cette opération n’est pas politique… C’est ni plus ni moins que de la censure arbitraire érigée en méthode d’asservissement du peuple. Il s’agit d’orienter sa pensée.

  11. Perquisition des locaux de X : Elon Musk dénonce une « attaque politique »
    ##
    Bien sûr. Il y a un avis de tempête sur la gauche, alors c’est branle bas de combat…
    Après ce sera le tour de Cnews, RTL, Europe 1….

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Peu importe que les Français soient contre les ZFE tant que Richard Ferrand est pour
Gabrielle Cluzel sur CNews

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois