[VIVE LA FRANCE] L’amitié au cœur du Projet Diamant

Il y a la jeunesse qui casse et et celle qui rebâtit ! Elle lance une levée de fonds pour mener à bien son projet.
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Le fort de la pointe de Diamant - plateau de Langres

Il y a la jeunesse qui casse et qui détruit, et celle qui bâtit et qui reconstruit. BV vous emmène à la rencontre d'une équipe de jeunes bénévoles qui ne compte pas ses heures pour redonner vie à un site patrimonial.

2009, c’est le début de l’aventure, quand Jean-Rémi Ribout achète l’ancien fort militaire de la pointe du Diamant, sur le plateau de Langres, construit entre 1874 et 1876, à l'issue de la défaite de 1870, et depuis enseveli sous la végétation. En 2015, une patrouille de scouts dijonnais campe au fort et revient ainsi plusieurs années de suite pour aider à la remise en état du site. Puis c’est l’association Arcade qui se joint au projet en 2020. Et en juin 2025, deux jeunes gens de vingt-trois ans décident de prendre une année de césure pour offrir au complexe fortifié une nouvelle jeunesse et le rouvrir aux visiteurs. François Bouyé et François Fabre nous expliquent : « Nous avons décidé de passer un an complet sur le fort pour justement se donner les moyens de nos ambitions. Et, donc, ce projet d'association a vu le jour en début d'année. » Cette association, c'est l'Amicale du Fort, qui regroupe une cinquantaine de membres autour de ce qu'ils appellent le « Projet Diamant ».

Les bénévoles lors d'un week-end au fort

Une amicale qui porte bien son nom

Toutes les trois semaines, une quinzaine de bénévoles viennent prêter main-forte aux restaurateurs du fort. À la pointe de Diamant, on reconstruit des murs, mais on crée surtout des liens. L’Amicale du Fort est bien nommée : l’amitié n’y est pas accessoire, c’est un moteur d’action. Ceux qui participent aux week-ends ne viennent pas seulement pour débroussailler ou maçonner ; ils viennent pour se retrouver ou se rencontrer,

autour du site et de sa sauvegarde : « c'est une manière assez simple et assez belle de nouer des amitiés tout en participant à un projet qui a du sens », explique François Bouyé, président de l’association.

Il ajoute : « Certains ont réservé toutes leurs dates pour l'année parce qu'ils se sont immédiatement attachés au lieu. Et c'est quelque chose qu'on remarque depuis plusieurs années. C'est un lieu qui prend au cœur. » Le fort ne laisse pas indifférent ses visiteurs, par le calme et la puissance qui s’en dégagent. Ainsi, depuis le lancement de ces week-ends de travaux, l’effectif fixé de quinze bénévoles est atteint à chaque fois. Le président nous parle d’« une belle équipe qui s'est immédiatement attachée au lieu, à son propriétaire et au projet un peu fou qu'il était en train de mener ». Parce qu'en effet, pour François Fabre, le vice-président de l’association, « ce qui fait le charme du fort, c’est aussi son propriétaire. C’est souvent en l'ayant rencontré que les gens ont envie d'y retourner, d'y rester, de l'aider. »

Une association à l’image de sa tête

Quand les deux jeunes gens parlent du propriétaire, Jean-Rémi Ribout, on sent une

De gauche à droite, François Fabre, Jean-Rémi Ribout et François Bouyé

profonde admiration pour l’homme et son parcours. Une grande affection les unit : « Il constitue vraiment l'identité du lieu, parce que c'est un passionné absolu, qui est d'abord un gars du coin, d’une famille de paysans à l'origine, qui est complètement autodidacte. » C’est lui, en effet, qui a vidé seul tous les déchets qui avaient été amassés dans le fort, pour le faire renaître, le rouvrir au public pendant quelques années, avant de devoir fermer, en attendant une remise aux normes. « C'est cette force d'âme aussi qui nous a aimantés au projet, et, donc, on se l'est approprié en l'augmentant, en le personnalisant un petit peu. Mais ça part de cette ténacité », explique François Fabre. Il ne fait aucun doute que l’enthousiasme et l’amitié qui unissent les trois hommes rejaillissent sur l’amicale qu’ils dirigent et aident à son succès.

La force du Projet Diamant réside aussi dans la grande communauté qui se forme autour. En effet, chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, de manière très concrète, en participant à un week-end de travaux ou encore par des dons financiers ou matériels. Une levée de fonds de cinquante jours a été ouverte, fin mars, avec la Fondation du patrimoine, pour réunir les 50.000 euros nécessaires à la mise aux normes électriques du fort et permettre, ainsi, sa réouverture au public. Les soutiens sont variés et ce sont eux qui permettent au projet de prendre forme et au fort de la pointe du Diamant de retrouver sa beauté. Un premier événement y est déjà prévu pour la fin du mois de juin : le festival de la Saint-Jean.

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Domitille Brière
Journaliste stagiaire, étudiante en Master d'Histoire

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18 commentaires

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