Alors que le projet de loi vient d’être adopté par l’Assemblée nationale et devrait être examiné, une ultime fois, par le , le 24 juin prochain, avant de laisser le dernier mot à l’Assemblée, le 29 juin, il importe de se réapproprier le sens de certains mots. Ce projet de loi est l’occasion de se pencher sur l’un des maux de notre époque : le dévoiement des mots, particulièrement dans le domaine de la et de l’éthique.

Dans son essai Le Hold-up des mots, paru le 3 juin aux Éditions L’Archipel, dont nous publions quelques extraits, l’avocat Geoffroy de Vries entend redonner aux mots leur vrai sens. Il se demande ainsi quel sens donner au mot « père » lorsqu’il peut, selon certains, s’appliquer à une femme.

Père/Mère/Parents

L’homme est un mammifère venant de la fécondation d’un mâle et d’une femelle de son espèce. Autrement dit : la relation sexuelle d’un homme et d’une femme engendre la vie. D’où la distinction naturelle entre père (homme, concepteur de l’enfant) et mère (femme, conceptrice et génitrice de l’enfant : mater semper certa est (« l’enfant vient de là »).

Ce petit d’homme nécessite protection, nourriture, stabilité et accompagnement. Ses parents en sont les premiers responsables. L’enfant reçoit et imprime, en lui-même, l’image de ses parents. Sans entrer dans la caricature, il perçoit d’instinct la force virile et la douceur féminine ; la voix grave et celle plus aiguë, mais plus intime, pour l’avoir sentie dès le ventre de la mère. De fait, on ne choisit pas ses parents, on les reçoit.

L’Histoire a montré des expériences sociales qui séparaient les enfants de leurs parents pour qu’ils évoluent uniformément. Cela n’a jamais fonctionné : pour vivre son présent et se projeter dans le futur, l’être a besoin de ses racines, de son passé, de ses origines. Les parents constituent donc la première et décisive relation sociale dont la qualité dépend d’eux-mêmes. Des parents violents engendreront la violence ; des parents indifférents développeront solitude, isolement et sentiment d’injustice.

La nature impose ses lois. Nos lois peuvent-elles la corriger ? Dans quels buts ? L’idéologie du genre veut effacer la différence père/mère. D’ailleurs, on parle désormais de parent 1 et parent 2 sur certains documents administratifs, depuis l’instauration du mariage dit « pour tous ». Idée que l’être humain nie sa propre nature et décide qu’elle ne lui est pas donnée – par Dieu, la Nature ou le hasard – mais que c’est lui-même qui se la crée ou, pire, qu’il refuse de la suivre et d’en assumer la joie ou la peine. Pire encore : de nos jours, la filiation qui nous fait dépendre d’un père et d’une mère devient une entrave à la plénitude de la liberté. Idée qu’on ne doit rien recevoir de personne pour ne rien devoir à personne. C’est l’individualisme poussé à l’extrême.

De même que l’on perçoit un trouble dans la définition de la mère qui, pour certains, n’est pas forcément celle qui met au monde. Le projet de discuté au Parlement en 2021 prévoit ainsi, dans le cadre de la PMA dite « pour tous », que la mère n’est plus forcément celle qui accouche. Auquel cas, pourquoi alors ne pas prétendre que le père puisse aussi être une femme ! Plaisanterie ? Malheureusement non ! « Votre problème, c’est que vous croyez qu’un père est forcément un mâle », répondit , lors d’une réception organisée à l’Élysée, le dimanche 26 janvier 2020, pour les trente ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, à un invité qui s’étonnait du paradoxe consistant à célébrer les droits de l’enfant tout en faisant voter, « en même temps », une loi bioéthique prévoyant l’extension de la PMA aux couples de femmes, privant irrémédiablement l’enfant du droit d’avoir un père. Si Emmanuel Macron considère qu’un père n’est pas forcément un homme, c’est donc qu’il peut être une femme !

Un jour, notre sera redevable et comptable d’avoir nié le rôle et le statut des parents, père et mère, pour avoir répondu aux aspirations d’une minorité.

19 juin 2021

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