Manuela Gendrot et Laura Courtade lancent un appel au gouvernement français. Elles se sont rendues, avec leurs conjoints, à Kiev pour récupérer leur enfant à naître avant que la guerre n’éclate et demandent désormais à être rapatriées avec des papiers pour leurs bébés. Sur BFM TV, chaîne dirigée par Marc-Olivier Fogiel, fervent promoteur de la GPA, elles relatent leur hâte à quitter le pays en guerre : « On ne veut pas rester dans ce climat anxiogène. » Elles décrivent le des mères porteuses qui, dans la journée, montent dans l’appartement se doucher, se nourrir et se reposer avant de redescendre dans leur abri anti-bombardement.

Mais il ressort quelque chose d’extrêmement malaisant de ce témoignage : seule l’inquiétude de ces Françaises bientôt rapatriées en toute sécurité est exprimée. Un reportage anodin en apparence qui traduit l’indécence de cette pratique commerciale pourtant bien légale en Ukraine. Les mères porteuses, ces esclaves du XXIe siècle, après avoir accompli leur besogne, peuvent bien rester vivre sous les bombes, elles, ce n’est pas le cœur du sujet. En filigrane, cela aurait été tellement plus simple que la France reconnaisse la gestation pour autrui. Moins loin, moins compliqué pour ces parents qui prennent tant de risques… Que des femmes subissent des traitements hormonaux lourds et parfois dangereux ou que l’enfant devienne un produit marchand importe peu, finalement, tant que la compassion à l’égard de ces parents bloqués sur place peut et doit faire avancer la cause.

L’Ukraine, cette usine à bébés, fait partie de ces pays ayant autorisé la pour les couples hétérosexuels ayant prouvé leur infertilité. L’agence de «  de substitution » VittoriaVita propose des offres variées allant de 36.000 euros pour le programme de GPA « Soin » (transfert de vos propres embryons congelés + mère porteuse) à 50.000 euros pour le programme de GPA « Garantie » (FIV avec les ovules d’une donneuse + mère porteuse). Elle indique pouvoir leur fournir des certificats de naissance et un passeport pour l’enfant « dans lequel vous serez indiqués en tant que maman et papa, même si la de substitution est interdite dans votre pays ». Notre loi française est donc bien contournable avant qu’elle ne finisse par l’autoriser.

Pendant le confinement, des images de bébés emmaillotés et alignés dans des couveuses tels des produits entreposés en attente d’être livrés ont ému les réseaux sociaux. Mais cette indignation collective n’aura servi qu’à débloquer la situation et accorder des autorisations de voyage aux couples pour récupérer leur « achat ». Des embryons seront fabriqués, implantés, voire réduits pour limiter les risques, des femmes enceintes seront parquées dans des appartements loin des leurs en attendant d'accoucher, mais les questions éthiques liées à l’abandon ou la vente d’enfant, les risques psychologiques tant pour la mère que pour le bébé seront balayés du revers de la main dans l’opinion publique.

Régulièrement matraqués et conditionnés par la propagande de la communauté LGBTQUIA+ en faveur de la liberté et l’égalité à procréer, 7 Français sur 10 se déclarent désormais favorables à la légalisation de la GPA. Le commerce du ventre des femmes devrait donc logiquement s'inviter comme cause sociétale dans le prochain mandat d'Emmanuel se déclarant contre la GPA, et en même temps hypocritement, pour un statut juridique de ces enfants...

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28 février 2022

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