Autoplus et Reporterre, le quotidien de l’écologie nous apprennent qu’un nouveau « collectif » (nom populaire à gauche), La Ronce, préconise dans un manifeste des actions radicales et qui, selon les dires de l’organisation, créera un certain « bordel » si le nombre de ceux qui suivront ses consignes est important.

La Ronce propose de retirer le bouchon des pneus des quatre roues des SUV et de mettre un petit caillou avant de refermer. Le pneu serait ainsi dégonflé en une heure. Les propriétaires de 4×4 à qui on aura dégonflé les pneus (on dit « désarmer le véhicule » dans le phrasé de La Ronce) seront ravis de trouver un tract sur le pare-brise indiquant que l’action n’est pas dirigée contre eux, mais contre leur automobile.

Autre action préconisée par La Ronce : ouvrir, dans les supermarchés, les bouteilles de Coca-Cola (pourquoi cette marque et pas Pepsi-Cola ?). On pourra aussi, si on le souhaite, saboter les terminaux de cartes bleues dans les stations-service Total. Et pas chez ses concurrents ? Leurs méthodes d’extraction du pétrole et de raffinage sont pourtant les mêmes… On est également invité à rendre illisible le QR code des trottinettes électriques, jugées sans doute trop polluantes. Enfin, il faudrait s’attaquer aux produits Monsanto, donner un coup de feutre sur les dates de péremption, ouvrir les paquets (sans les acheter)… Il ne suffit pas de boycotter, il faut empêcher les « affreuses multinationales » d’écouler leurs produits et ainsi les ruiner, provoquant ainsi par ricochet la fin du capitalisme actuel. Il n’y aura aucune atteinte à l’intégrité des personnes (ouf !) et le sabotage suggéré des biens ne sera pas un gaspillage, vu les dégâts sur le vivant provoqués par leur production, affirme le manifeste.

L’illégalité est assumée, mais comme toujours avec le gauchisme, elle serait motivée par l’inertie de la société vis-à-vis de la « destruction » de la planète. Ceux qui se livreront à ces sabotages ne seront pas des délinquants mais des « résistants » qui mériteront tous les honneurs. Nous retrouvons ainsi le paradigme des mouvements d’opinion minoritaires en ce début du vingt et unième siècle : imposer par la force leur idéologie tout en se prenant pour des héros. Les végans n’agissent pas autrement. Leur action reçoit un préjugé favorable dans la presse de gauche et nul doute que si un activiste de La Ronce se retrouve devant les tribunaux, il aura des chances d’être dédouané de ses actes et relaxé par un juge complaisant qui s’appuiera sur le principe de précaution inscrit dans la Constitution.

Pour l’instant, des vidéos circulent sur YouTube pour découvrir comment commettre les sabotages avec ce slogan lunaire : « devenir une épine dans le pied des multinationales qui détruisent le vivant, en accomplissant des petits gestes pour la planète, seul.e ou avec un.e ami.e ». Une première action collective est prévue le 14 octobre. On verra alors si le mouvement est suivi ou si seuls quelques bobos égarés adhérent à cette idéologie.

11 octobre 2020

À lire aussi

Un chroniqueur du Point propose une taxe de 10 % sur les retraites

Il ne s’agirait ni plus ni moins que d’un vol. …