Si la vaccination constitue l’unique moyen d’éviter que l’épidémie de Covid ne se répande d’avantage et nous contraigne à un nouveau confinement, alors la vaccination doit être déclarée obligatoire. Certes, le droit de refuser un vaccin constitue une liberté individuelle fondamentale. Mais l’exercice de cette liberté trouve sa limite dans celle des autres citoyens. Dès lors, si, comme le soutient le gouvernement, le choix consiste à devoir opter soit pour la vaccination de tous soit pour un enfermement sanitaire général de la population accompagné de risques majeurs pour la collective du pays, l’obligation vaccinale s’impose. Pourtant, le gouvernement se refuse à la décréter. Il s’agit, là, d’une incohérence manifeste qui s’explique par différentes raisons, témoignant toutes de l’état d’esprit déliquescent du pouvoir en place.

Tout d’abord, depuis la des et la grande « trouille » qu’elle a créée, les temps sont aux décisions en forme de circonvolutions systématiques. Il faut faire oui tout en disant non. Aussi Emmanuel Macron entend-il à la fois soumettre la France à la vaccination, mais sans l’imposer officiellement, d’où les méandres du recours à un passe sanitaire voulant rendre la vaccination en théorie facultative, en pratique obligée.

Ensuite, le gouvernement redoute, une fois décrétée l’obligation vaccinale, de ne pas parvenir à la mettre en œuvre. Les fiascos répétés, concernant par exemple les masques, démontrent suffisamment l’impuissance bureaucratique dont souffre notre pays. Or, la vaccination générale d’une population dans un délai court constitue une opération complexe, nécessitant une grande efficacité administrative.

De plus, nos gouvernants tremblent à l’idée de voir leur responsabilité personnelle engagée si la vaccination obligatoire avait, dans le futur, des effets médicaux nocifs pour la santé. Ils préfèrent donc se dissimuler derrière une fausse liberté de choix prétendument laissée à chacun.

Enfin, d’un point de vue strictement politicien, cela permet de diviser les oppositions électorales entre pro et anti-vaccins. Sur ce sujet, alors que les pro-Macron se trouvent largement unis sur une position pro-vaccinale, les autres camps sont partagés et s’affrontent, ce qui les affaiblit à moins d’un an du scrutin présidentiel.

Mais la stratégie du chef de l’État comporte un défaut majeur. La législation à venir, sur le passe sanitaire, sera comme toujours mitée par les absurdités juridiques, les injonctions contradictoires. Elle contiendra de multiples failles, des incohérences. Elle sombrera dans d’innombrables questions d’inapplicabilité pratique. En voulant contraindre sans contraindre, elle générera inexorablement une incroyable anarchie légale. Il en adviendra un capharnaüm de droits. Le résultat de tout ceci ne sera pas la mise en ordre de la France pour affronter une prochaine vague pandémique mais une nouvelle guignolade législative qui paralysera notre pays et l’affaiblira encore d’avantage.

26 juillet 2021

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