Il est possible que l’Histoire ne retienne de ce gouvernement que son incapacité à traiter cette crise sanitaire autrement que par des mesures liberticides destinées à imposer une politique sociale qui est la conséquence directe de sa politique ultralibérale.

N’ayant tiré aucune conclusion de l’échec de la gestion du début de cette crise (recours exclusif aux hôpitaux publics, manque de lits et de personnel, de moyens de protection et de contrôle, etc.) et n’ayant pris aucune des mesures qui s’imposaient et que l’on croyait pourtant obligatoires, comme l’augmentation du nombre de lits dans les hôpitaux, l’embauche de personnel, la revalorisation des salaires, une meilleure coordination public-privé et aussi une augmentation du pouvoir des soignants dans les établissements de soins face à celui devenu hégémonique des administratifs, le gouvernement a peur que la situation ne lui échappe à nouveau lors de l’arrivée de l’épidémie (prévue) de grippe, dont les effets viendront s’ajouter à ceux de l’épidémie actuelle qui n’en finit pas de s’achever, et dont le virus est bien parti pour persister pendant des mois, voire des années, au sein de la population.

Il ne faudrait surtout pas qu’une forte épidémie de grippe vienne aggraver une situation, que la non-réorganisation du système sanitaire (qui se dégrade depuis des années) rendrait encore plus catastrophique. Hélas, je doute que les responsables administratifs et politiques de notre pays soient conscients de leurs erreurs, et qu’il ne retiennent que la fatalité comme cause de leurs échecs. Il semble, pourtant, que la fatalité frappe moins en Allemagne qu’en France ; peut-être est-ce simplement une question de longitude ?

Nos dirigeants pensaient peut-être naïvement qu’à l’automne arriverait le vaccin salvateur anti-coronavirus et qu’il suffirait de l’utiliser, ainsi que celui de la grippe, pour résoudre les problèmes de pathologie hivernale. Il n’en est rien, cependant cet espoir d’obtenir rapidement une parade vaccinale a permis aux laboratoires fabricants, avant même la mise sur le marché d’un vaccin (mais y en aura-t-il un ? Il n’y en a toujours pas pour le SIDA !), d’en faire acheter par avance plusieurs millions de doses par l’Union européenne et de s’exonérer de la responsabilité des possibles effets secondaires par contrat !

Donc, attendons la grippe en espérant que son épidémie ne sera pas trop sévère. Il faut rappeler, cependant, que, chaque année, elle occasionne entre 5 et 15.000 morts en France.
Pour la grippe, il existe une prévention : le vaccin. On comprend donc l’empressement des autorités pour inciter la population à se faire vacciner. Surtout que ce n’est pas un mauvais vaccin (peu ou pas d’effets secondaires) mais il n’est, hélas, pas efficace à 100 % : 60 à 70 % dans le meilleur des cas.

En France, nous avions l’habitude de vacciner surtout les personnes à risques, peut-être faudra-t-il aussi vacciner ceux qui, sans être directement atteints par la maladie, peuvent être contaminants, comme les enfants. C’est ce que font les pays Anglo-Saxons, et ce sera sans doute un des débats qui vont s’ouvrir dans les semaines à venir.

Cependant, il ne faut pas rêver, cet hiver nous aurons à faire face au virus grippal, au coronavirus et à tous leurs cousins qui ne vont pas tarder à arriver !

Le gouvernement ne manquera pas d’arguments pour nous imposer ses décisions sans avoir à en discuter.

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