« On nous pisse dessus » : les revirements de Lecornu sur le 1er mai vus par un macroniste

Macron est inaudible et Lecornu désavoué quatre fois à l'Assemblée en une semaine...
Capture d'écran
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Comme le soulignait Georges Michel, il y a deux jours, Macron est devenu complètement inaudible, « à l'international comme sur le plan intérieur ». Et les preuves s'accumulent de jour en jour : il se prend régulièrement des gifles de Trump, comme ce vendredi, avec son mini-sommet européen sur Ormuz, ou comme sur le Liban, où la France est marginalisée.

Un Macron inaudible, marginalisé, « en apesanteur »

Et, au niveau national, ce n'est guère mieux : il a reçu, jeudi, 500 maires de France à l'Élysée, alors qu'il ne s'est pas montré à la dernière Assemblée des maires de France. Et, en éternel bonimenteur, le voilà multipliant les promesses à des élus sceptiques sur sa capacité à agir, sans majorité, sans argent, à un an de la fin de son mandat : « Le gouvernement continue d’être à la tâche pour vous aider et je ferai tout jusqu’au dernier quart d’heure pour que vous puissiez réaliser vos projets », lance-t-il. Pour le maire socialiste de Bourg-en-Bresse (Ain), Jean-François Debat, cité par Le Monde, « on avait l’impression d’être en apesanteur, compte tenu des maigres avancées possibles au vu du contexte politique. On était entre le discours d’adieu et celui de l’impuissance, alors qu’il y a urgence à donner de nouvelles capacités d’agir aux élus. » Mais heureusement, la France dispose d'un exécutif à deux têtes et, si les Français ont tourné la page Macron, il y a Lecornu qui se démène sur tous les fronts...

Lecornu désavoué quatre fois à l'Assemblée !

Vendredi dernier, c'étaient ses annonces lunaires sur l'électrification pour répondre à la hausse durable des carburants. Lecornu refuse toujours d'accorder une baisse généralisée des taxes, même temporaire, préférant des mesures ciblées. Ne voit-il pas qu'elles laissent sur le bord de la route des millions de Français ? D'ailleurs, quasiment tous les pays européens s'y sont résolus, y compris l'Allemagne, il y a une semaine. Et l'Irlande, à la suite de la révolte des agriculteurs et des taxis, soutenus par la population. S'il n'a pas encore eu à subir ouvertement la colère des Français à ce sujet, le Premier ministre vient toutefois d'essuyer une série de camouflets de la part de sa propre majorité, si l'on peut désigner ainsi les groupes macronistes, qui ne se maintiennent que par le soutien des LR et des socialistes.

Justement, ce sont ces socialistes qui, en brandissant, dimanche, la menace d'une censure sur la libéralisation du travail le 1er Mai, ont poussé Lecornu à remballer son projet. Les macronistes libéraux n'ont pas apprécié cet abandon en rase campagne. Et le député Karl Olive, cité par RTL, s'est lâché, mardi 14 avril, à la réunion du groupe Renaissance : « On nous pisse dessus [...] On passe pour des jambons. On passe pour des cons finis, je me demande ce que je fous là. » Ambiance. Certains macronistes, soucieux de ménager leur avenir, avec un nouveau leader  (Attal ou Philippe) plutôt qu'avec les deux têtes actuelles, menacent même de ne plus soutenir le gouvernement...

Pour Lecornu, ce n'est que le début d'une semaine marquée par un délitement continu : après le recul sur le 1er Mai arrive le vote contre les ZFE, auxquelles est attaché le gouvernement, toujours pour plaire à la gauche et aux écologistes. Là, c'est le RN qui fait pencher la balance. Ensuite, c'est le retrait de la loi Yadan, qui mécontentait la gauche LFI, mais aussi une partie de la droite et du centre. Le même jour, le gouvernement est mis en minorité dans l’Hémicycle sur le dossier de l’assurance chômage. Un parfum de fin de règne, de IVe République. Pour donner l'impression qu'il gardait la main, le Premier ministre a annoncé, ce vendredi, que les boulangers et les fleuristes artisanaux pourront bien ouvrir ce 1er Mai...Tout ça pour ça...

Et le budget ? Hollande veille

Alors, cette semaine noire annonce-t-elle pour Lecornu un chemin de croix de douze mois ? Ou moins, jusqu'au budget ? Pour le budget, c'est encore un socialiste qui dicte la marche à suivre. En effet, l’ancien président de la République lui-même (et qui souhaite sans doute le redevenir...) défend la recherche d’un « compromis » et souhaite « qu’un 49.3 soit déclenché au terme d’une courte discussion budgétaire » afin d’éviter une censure du gouvernement, un an avant la présidentielle. Voilà comment se décident les choses, dans la démocratie idéale selon Hollande, Macron et Lecornu. Mais au fait, un nouveau 49.3, n'est-ce pas, pour les députés macronistes - et les autres -, un nouveau « on nous pisse dessus » ? Et n'est-ce pas le sentiment de beaucoup de Français, aussi ?

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

48 commentaires

  1. J’aime bien que le « gouvernement continue ». Ce machiavel serait il aussi nul en Français qu’en calcul ? Ne sait-il donc pas qu’on ne peut pas continuer une action que l’on n’a jamais commencé ? A croire qu’il n’écoutait que sa prof de comédie.

  2. Le pays est ruiné, et ces incapables issus d’élections tronquées continuent à causer, causer et causer et promettre alors qu’on sait très bien que plus rien n’est possible. Le FMI se prépare à prendre les rênes et c’est à ce moment là que les commentaires ne concerneront plus les embouteillages de départ en vacances mais plutôt la recherche des victuailles . Mais ce que j’en dis…

    • Un jour où l’autre ont finira bien par recevoir la facture. La dette officielle représente plus de 50000 euro par habitant, enfants retraités et assistés compris… Et sans compter toutes les dettes qui sont sous les radars.

    • Jusque-là je ne connaissais qu’un animal qui s’accroche à l’homme pour lui faire des misères : le pou.

  3. Pour essayer modestement de comprendre Macron, il faut d’abord tenir compte de quelques-uns de ses nombreux défauts, à savoir : un manque de courage, affublé d’une vision politique court-termiste fluctuante selon ses humeurs du moment, c’est le « en même temps » si souvent dénoncé, une peur bleue de la rue, particulièrement celle des cités, qui passerait ainsi du statut « de chance » à celui de fléau, ainsi que des syndicats gauchistes tout aussi minoritaires, qu’il faudra bien réformer. S’ajoutent à cela un ego surdimensionné, « le chef a toujours raison, même quand il a tort, il a raison », mais n’est pas « Jupiter » qui veut.

  4. Pauvre lecornu, il porte bien son nom, il est nu de toutes parts, il fait le job que lui à confié le macron. C’est tout, et de plus parait il vise lui aussi la Présidence de la France ?? C’est vrai ?

  5. Au moins l’expression est imagée du sentiment que les français ressentent. Depuis sa dissolution si géniale le président caracole hors du pays mais que voulez-vous qu’il fît?

  6. Ce personnage et sa clique doivent dégager…et vite. Chaque jour qui passe et c’est le point de non retour qui se profile. Que Dieu fasse que l’union du bon sens l’emporte en 2027 pour faire tomber ces fantoches.

  7. Quelle grossièreté au plus haut sommet de l’État ! Or, la forme et le fond sont liés. La France mérite mieux.

    • Monsieur le Député Karl Olive, si vous vous demandez ce que vous faites encore là, comme vous le dites, sortez, partez !!!

  8. On a laissé n’importe qui faire n’importe quoi sous la dictature de Macron soumis lui même à la dictature de von der leyen! l’Europe est en pleine dérive idéologique et d’une très grande médiocrité intellectuelle, pacte énergie de l’Europe puis revirement nucléaire puis retour au pacte energie. l’Europe veut se battre contre les flux migratoires mais laisse l’Espagne régulariser. l’Europe veut taper sur l’Espagne contre la baisse des taxes sur l’essence mais l’Allemagne le fait aussi une semaine plus tard (von der leyen étant leur marionnette). Pour une Europe forte et uni, plus de 50% du matériel militaire en europe est acheté aux américains. Des exemples comme ça il y en a plein et on à l’impression d’être dirigé au niveau national et européen par des enfants qui jouent dans un bac à sable et plus bêtes les uns que les autres ! Ils n’ont rien, mais vraiment rien le la personnalité, de l’intelligence , de la stature pour faire de la politique.

    • En fait des « pires ennemis de la France » il y en a tellement … Moi j’ai peur que les français votent de nouveau pour un Philippe, un Attal etc., qui paraissent tout mou-tout doux mais qui en fait font la même politique de crevures… Non il faut un coup de balai massif, un vrai souverainiste à la tête du pays…

  9. Il a contente les fleuristes et boulangers. Il va donc demain s occuper des bouchers et buralistes et après demain des charcutiers et maraîchers ( marche le 1er mai) . Mais les salariés des pompes à essence raleront.. pourquoi pas eux?. Donc tout les jours jusqu’au 1er mai . Est ce vraiment le role d in 1er ministre.

    • Ce n’est pas une « impression » … C’EST PIRE car ce n’est que du « copié collé » depuis Pompidou ! …
      Avec le principe du « pire que la veille » dont les macronistes sont les champions …
      Quand est ce que les français vont se réveiller ? ! …

Commentaires fermés.

Quentin Deranque - que s'est-il vraiment passé ?

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