Agriculture - Culture - Editoriaux - 29 mai 2018

Obliger les cantines scolaires à servir au moins 50 % de repas bio : peut-être pas une bonne idée…

Le populisme bobo-écolo-rive gauche vient de remporter une nouvelle victoire, l’Assemblée venant en effet de voter une loi obligeant les cantines scolaires à servir au moins 50 % de repas bio d’ici 2022. Curieusement, on se souvient du tollé frénétique soulevé par la baisse des APL de cinq euros par mois, mais apparemment, la perspective d’augmentation des frais de cantine de cent euros par an et par élève ne dérange personne…

Loin de moi l’idée d’empêcher quiconque de se nourrir sainement, mais l’intérêt du bio dans ce but est loin d’avoir été démontré. En effet, ce type de culture n’interdit pas les pesticides, mais les limite seulement à ceux (même de synthèse) préexistant dans la nature. Or, ceux-ci n’en sont pas pour autant moins toxiques pour l’homme.

L’interdiction des antibiotiques permet aussi la prolifération des bactéries. Une étude comparant des légumes bio et des légumes traditionnels a ainsi trouvé des traces d’E. coli sur 10 % des premiers, mais seulement sur 2 % des légumes issus de l’agriculture traditionnelle. Il y a quelques années, une toxi-infection par ce microbe a ainsi touché en Allemagne près de 4.000 consommateurs, dont 800 ont souffert d’une atteinte polyviscérale grave à possibles séquelles, et 53 décès. On découvrit la source de l’épidémie dans une ferme de production de graines germées qui utilisait, pour ses cultures, de la bouse de vache fraîche. Quoi de plus “naturel”, en effet ? Entre-temps, des dizaines d’agriculteurs traditionnels soupçonnés à tort avaient perdu marchés et exportations…

De plus, avec cette loi, les producteurs non-bio français subiront de plein fouet la concurrence des bio-producteurs étrangers, aux contrôles indigents et aux coûts de production déjà très inférieurs aux nôtres. C’est ainsi que Poutine a annoncé fièrement que la Russie allait devenir le principal producteur et exportateur de produits bio.

Alors que les grandes surfaces vendent déjà 45 % des aliments biologiques, nos agriculteurs – dont un se suicide tous les deux jours – avaient-ils vraiment besoin de cela ?

Ce gloubi-boulga du bio est une superbe réussite du marketing et du pilonnage médiatique judicieusement organisé par l’« écolosphère ». Mais visant surtout les classes privilégiées bien-pensantes, et sans aucun souci de “la planète”. Parce que si toute l’humanité se mettait à manger “cinq fruits et légumes par jour”, même pas bio, il faudrait déforester la moitié de l’Amazonie !

Cocteau disait que “le drame de notre temps, c’est que la bêtise se soit mise à penser”. Le second drame est qu’on se soit mis à l’écouter. Jadis, il y avait des ignorants ; aujourd’hui, il y a des imbéciles. S’ils veulent se bourrer de quinoa, de tofu et de spiruline, grand bien leur fasse, mais qu’ils ne l’imposent pas à nos enfants !

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