« Trois mots étaient suffisants : Mélenchon a déconné. » L’amer constat que nous fait cet ancien cadre de La devait être dans tous les esprits des journalistes présents à cette conférence de presse de rentrée de La France insoumise. Une conférence de presse dont la retransmission a été soigneusement coupée au moment du traditionnel questions-réponses des journalistes mais dans laquelle une séquence aura couronné le malaise. Celle d’une question posée par un journaliste sur la réaction de soutien de Mélenchon à l’encontre d’Adrien Quattenens. Une question qui entraîna un blanc de plusieurs secondes et des regards effrayés entre la présidente Panot et les députées Autain et Obono. Qui se dévouait ? C’est la dernière qui s’y est collée, dans une réponse qui ressemblait fort à un borborygme incompréhensible.

Une conférence de presse qui vient relancer plutôt qu'éteindre l’effarante et sordide tornade dans laquelle pataugent LFI et EELV. Une tornade qui a commencé avec les noms jetés çà et là de potentiels coupables de ce qu’on appelle pudiquement des VSS (violences sexistes et sexuelles) ; citons pêle-mêle Taha Bouhafs, Éric Coquerel, Thomas Portes, Adrien Quattenens ou encore Julien Bayou. Et c’est une balle de fusil de précision ou plutôt un stylet venimeux que lui a planté dans le dos Sandrine Rousseau, hier soir.

Sur France 5, l’inénarrable élue de Paris a balancé sec sur un plateau médusé : « J’ai reçu chez moi une ex-compagne de Julien Bayou […] je pense qu’une enquête journalistique est en cours. Cette femme était dans un état déprimé, très mal, d’ailleurs, elle a fait une tentative de suicide. Cela fait partie des questions qui seront mises sur la table. »

Headshot, comme on dit dans le langage militaire. Mais il y a plus embêtant, comme pour rappeler qu’un boomerang revient toujours à l’envoyeur : c’est l’ancien porte-parole de Sandrine Rousseau, le député Thomas Portes (à coté de sur la photo), qui est aujourd’hui dans le viseur pour des comportements signalés par de nombreuses militantes du PCF (parti qui l’avait hébergé quelque temps ; il faut dire que le sieur Portes a fait tous les partis de gauche). L’animateur et cofondateur de l’Observatoire national de l’extrême droite (vous avez bien lu) se retrouve dans la tourmente et démontre que le boomerang à la NUPES est multidirectionnel et, surtout, qu'il est muni d’une intelligence politique artificielle.

Bouhafs, Quattenens, Bayou… Au-delà de la réalité ou non des accusations, flou créé et savamment entretenu par les instances de leurs propres partis, ces affaires sont autant d’assassinats politiques. « Adrien Quattenens est mort », affirme cet ancien cadre de La France insoumise. « Il est, au minimum, écarté définitivement de la succession de Jean-Luc Mélenchon. »

Si Alexis Corbière a glissé, pendant la conférence de presse, que les élus LFI participeraient à une conférence sur les VSS animée par l’entreprise Egae fondée par Caroline De Haas, le silence de Clémentine Autain était plus parlant que toutes les tentatives de parades.

« En fait, les VSS, soit on en fait un pilier politique, soit on considère que cela doit se régler en privé avec la Justice », estime ce cadre de LFI.  Sandrine Rousseau expliquait, en mars dernier, que « le privé est politique ». Au vu de la triste vie privée de ses membres utilisée à des fins politiques, on est tenté de la croire. Au fond, LFI fait ce qu’elle reproche aux macronistes, des comités Théodule arbitraires qui s’affranchissent ou, au mieux, contournent la légalité.

En attendant, le chef, perdu dans sa verticalité, est, pour l’instant, irremplaçable. Le seul qui aurait pu y prétendre est en train d’affronter les conséquences politiques de la main courante de son épouse. Et si ce n’est pas du fait de cette dernière, à qui profite le crime ?

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20 septembre 2022

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11 commentaires

  1. Si le sujet n’etait pas aussi grave, on ne pourrait que s’esclaffer devant cette nouvelle pantalonnade de la NUP’s. Quels bouffons, eux qui donnent des leçons a tout le monde! Qui a pu voter pour ces clowns ? A force de  »se mettre en retrait », il ne va plus rester grand monde a la NUP’s. On attend d’ailleurs la  »mise en retrait » de Coquerel et par la meme occasion celle de Melanchon

  2. Eynaud fait état ici d’une « conférence sur les VSS animée par l’entreprise Egae fondée Caroline de Haas ».
    Avec la donzelle de Haas, le tiroir-caisse n’est jamais bien loin.
    Le panier de crabes dans toute sa « splendeur » …

  3. Votre interrogation monsieur Eynaud est très intéressante, et obligerait à être fouillée. N’est pas bizarre en effet que ces affaires surgissent au moment où le gouvernement n’a pas la majorité à l’Assemblée?

  4. Les histoires de c–, les infidélités, les cocufiages, même la polygamie soigneusement cachée par des médias, non seulement aux ordres, mais pratiquants, d’un président…
    C’est pas nouveau, et ça continuera !
    Cependant, ces « Va-NUPES-pieds » donneurs de leçons à tous ceux qui oseraient ne pas penser comme eux, se retrouvent dos au mur, à défaut de s’écraser dessus !

  5. Toute la philosophie de la NUPES est là : Adrien Quattenens à reconnu avoir giflé sa femme il y a un an. Depuis, à combien de manifestation a-t-il participé pour denoncer les violences faites aux femmes ? Dans un autre article, un journaliste dénonce les traitements faits, en Iran, au femmes qui ne supportent plus de devoir s’affubler d’un voile, signe de soumission. Il y en a même une qui en est morte. En France, les Haas, Dialo et consorts trouvent que c’est très bien… Parce que ça leur rapporte des voix. La réalité journalière des femmes obligées, par la menace et la force à se soumettre, ce n’est pas leur problème… En Iran, une femme est morte sous les coups pour n’avoir pas porté le « bon voile », en France, on a Sandrine Rousseau qui trouve que le voile c’est coquet…

  6. De la part de ces « bonnes femmes » pas un mot pour la victime !
    Les voir se manger entre eux me régalent de plaisir ! Désolée mais ce parti qui n’arrête pas de faire la morale sont loin d’être des exemples ! J’espère que les militants de ce parti ouvriront leurs yeux sur ces idéologues staliniens !

  7. Et les « délires démocratiques » ne sont pas prêt de finir de la part des représentants de la nupes.
    Donnez un scooter à un zozo et que croyez vous qu’il va faire ? ces gens sont nocifs pour la « république française » tout autant que la macronie qui elle est « aux manettes ». Comment cette député ( sandrine rousseau ) peut se vanter de ce qu’elle fait alors qu’elle est « représentante du peuple » de part son statut de député ?
    Des GJ ont perdu leur droits civiques pour avoir manifester alors qu’attend le législateur français pour à minima suspendre l’action de cette « furie saucissonnée » dans un pseudo combat féministe ? L’outrance est amplifiée lorsqu’elle passe sur un plateau télé sans que personne ne lui dise « et la loi vous en faites quoi en tant que député ? »

  8. Bonjour M. Eynaud,
    En faisant cette déclaration, Mme Rousseau a écarté un prétendant à la direction d’EELV.
    Depuis Robespierre et tant d’autres, l’histoire est pleine de ces gens qui ont fini victimes de leurs propres armes. Gageons que Mme Rousseau finira par trébucher elle aussi et ce jour-là, soyons en convaincus, ses « amis » ne la rateront pas.
    Soyons patients…

  9. Quattenens, pour une main courante, se prend certainement la plus belle gifle de sa carrière. A qui le tour après toute cette belle brochette de mâles blancs colonialistes et autoritaires ?

  10. Mme Rousseau s’est autoproclamée commissaire, procureur et juge. Elle reçoit chez elle la plaignante, instruit en précisant qu’un quarteron de journalistes gauchistes de ses amis vont mener l’enquête. Et, enfin, à l’issue Mme le juge rendra son verdict. Comme disait Robespierre des avocats, les innocents n’en n’ont pas besoin et les criminels ne le méritent pas. Bayou sait qu’il se dirige tout droit vers l’échafaud médiatique après le passage devant ce tribunal révolutionnaire. Personne ne précise à Mme Rousseau qu’elle devrait sans doute aller dénoncer les faits, si faits il y a, devant une institution républicaine comme la police ou encore, la Justice et ce, d’autant que Mme Rousseau est elle-même député.

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