Effroyable image que nous avons découverte ce matin en allumant nos télévisions, nos téléphones et nos tablettes. Celle des corps sans vie d’une fillette et de son papa, flottant sur le fleuve Rio Grande. Il n’a fallu que quelques heures pour que les , avec une synchronisation déconcertante, diffusent l’image en boucle. Malheureusement, cette photo d’une tristesse incontestable devient un outil idéologique, manié avec dextérité par nombre de nos médias et de nos politiques.

Les deux victimes tentaient de migrer aux . La traversée périlleuse a coûté la vie d’Oscar Alberto Martinez Ramirez, âgé de 25 ans, et de sa fille Valeria, âgée de 23 mois. Ceux-ci fuyaient la du Salvador, État connu pour sa forte criminalité et son insécurité. À cela, s’ajoutent la et la mafia qui gangrènent le pays. Ces raisons ont poussé le père et la fillette à prendre le large et à trouver un nouvel eldorado: les États-Unis. «Mon fils me disait qu’il rêvait que ma petite Valeria grandisse aux États-Unis, loin de la pauvreté. Il voulait acheter une maison pour sa et avoir une vie meilleure.» affirme la mère d’Oscar.

Après le temps de l’émoi suit le temps de la contestation. Cette fois-ci, qui en est la cible ? Donald . Les émissions radio et télévisées en cette journée de juin fustigent le président américain. En effet, étant le dépositaire d’une politique anti-immigration, il serait le responsable de la noyade. Le bourreau serait donc Trump et non Nayib Bukelele, président du Salvador, responsable, pourtant, de l’état catastrophique et misérable du pays.

Les médias de masse se prêtent à un jeu pervers : celui d’une politisation forcenée des images. Comme en 2015, lorsque découvrit Aylan. Cet enfant kurde fuyait avec sa famille la Syrie en direction des côtés grecques. Le petit perdit la vie et fut retrouvé mort sur la plage. Les photographes immortalisèrent la dépouille d’Aylan. Quelques clics et le monde découvrit le cliché. Indignation, incompréhension et… discours pro- s’en suivirent. Car, en effet, comment rester insensible face à ce drame migratoire ?

halte à l’instrumentalisation politique (toujours dans le même sens) par la classe médiatique et politique ! Oui, le père et la fillette ont perdu la vie, indirectement, parce que Trump mène avec une main de fer sa politique migratoire. Mais le père et la fillette ont perdu la vie parce que leur pays d’origine s’effondre dans le silence général… des médias !

Si les images ont cette capacité à bousculer les consciences collectives et à interpeller les politiques, alors pourquoi a t-elle été mise en examen pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux une photo des exactions de Daesh ?

L’incohérence, maître mot de notre temps. On publie la photo de migrants mais on jette celle qui montre la barbarie islamiste. Le poids des mots, le choc des photos, certes, mais il est des silences douteux…

27 juin 2019

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