Nous pouvions tout imaginer. Le tremblement de terre, l’explosion nucléaire, la Terre devenue une fournaise, la révolution, que sais-je ? Or, c’est un virus invisible qui nous fait trembler. Nous avions pourtant toutes les raisons de nous préparer à une pandémie eu égard aux risques d’attaques terroristes bactériologiques…

Comment imaginer que le monde de l’intelligence artificielle, le monde affranchi des frontières, le monde du progrès et des Lumières puisse se laisser ainsi déstabiliser et subir l’invasion d’un ennemi osant circuler sans passeport au nez et à la barbe de tous nos systèmes de sécurité ? Ce virus a toujours un temps d’avance. Il nous plonge dans l’incertitude et l’inconnu, dans la peur du lendemain. Il nous fait un pied de nez permanent.

Incroyable ! Nous faire ce coup-là, à nous pourtant si prévoyants et organisés !

Nous n’avons même pas de masques ! Et, dixit notre inénarrable porte-parole du gouvernement, nous ne savons même pas les mettre. Il faudrait l’inventer si Macron ne nous l’avait pas choisie !

Nous nous confinons du bout des lèvres, en trois temps – vendredi, samedi, lundi – puis de manière ambiguë. On peut sortir travailler mais, en même temps, il ne faut avoir que cinq contacts par jour. Tout ceci avant de nous apercevoir que nous avons perdu de précieux jours et sans doute de passer à un confinement beaucoup plus strict que les Chinois, affolés par notre inconséquence, nous conseillent.

Nous sommes tellement centralisateurs, organisés et infestés par le principe de précaution que nous n’écoutons pas les conseils du professeur Raoult, épidémiologiste de renommée mondiale, qui a le tort d’être marseillais et un peu « grande gueule », mais qui affirme depuis des semaines la possibilité d’un traitement connu et disponible. Il est vrai qu’il n’est pas cher et déjà breveté… Pour, au bout de plusieurs jours, sous la pression de la réalité, nous décider à l’expérimenter ; mais, là encore, que de temps perdu !

Notre monde prévisible, organisé, maîtrisé et calculé déraille. Nous n’y sommes plus… C’est panique à bord, de tous les côtés ! Sans parler des mensonges justement stigmatisés par Gilbert Collard.

La nature serait-elle en train de reprendre ses droits ? Certains pensent qu’elle se venge…
En tous les cas, nous prenons une leçon de vie. Les rives des fleuves de Babylone sont celles au bord desquelles on pleure en voyant s’évanouir ce qui nous remplissait de bonheur (Psaume 136), alors que nous pensions avoir édifié une cité imprenable et dont les richesses seraient inépuisables…

Les citoyens n’ont pas d’autre choix que de suivre, d’accepter et de subir l’effondrement de ce monde dont on leur avait tant vanté les mérites. Ils comprennent que Pascal avait raison : « L’homme n’est qu’un roseau […] une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer » !
Les dégâts seront colossaux et totalement disproportionnés par rapport à la dangerosité du virus. Car sa morbidité reste très limitée par rapport à de précédentes épidémies. Songeons à ce que fut la peste de 1720 en Provence avec ses dizaines de milliers de morts !

Paradoxe ultime ! Dérision ! Clin d’œil de la Providence ?

Cette disproportion va nous faire payer le prix cher. Elle met en lumière la fragilité de ce qui aurait pourtant dû être si solide ; ce système matérialiste qui fonde son pouvoir sur la puissance de la matière et de la science.

Oh, certes, nous essayons de nous rassurer en nous disant que nous nous en sortirons. Sans doute, mais dans un état qui nous conduira à tout repenser. Il faut, en tous les cas, l’espérer car, à défaut, gare au Covid-20 !

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