Emmanuel Macron, pass sanitaire et vaccination obligatoires, Marine Le Pen, Éric Zemmour, 2022… Nicolas Dupont-Aignan dit tout dans cet entretien à Boulevard Voltaire.

 

 

Vous êtes le président de Debout la France, député de l’Essonne et vous êtes candidat à l’élection présidentielle de 2022.

La campagne de vaccination se poursuit et de nombreux variants font leur apparition. Face à cela, le gouvernement s’engage dans une voie dans laquelle il ne voulait pas s’engager. Il avait déclaré que le pass sanitaire serait obligatoire. Nous constatons des citoyens de catégories différentes. De bons citoyens et des sous-citoyens. Est-ce vers cela que l’on tend ?

 

Je remarque qu’Emmanuel Macron ne peut exister qu’en dressant une partie des Français contre les autres. Depuis le début de son mandat, il y a d’abord eu la question des salariés du privé, des fonctionnaires. Par la suite, il y a eu la question des gilets jaunes, des commerçants, etc. Et aujourd’hui, il provoque et alimente une espèce de conflit terrible entre les vaccinés et les non- vaccinés. Il ne peut gouverner que par la peur. Pendant ce temps-là, on ne parle pas des défis majeurs du pays, du déclin du pays, de la sécurité, de l’immigration massive, de la fuite des emplois et de la destruction du système éducatif.

Je veux être très clair sur l’affaire du pass sanitaire. Souvent, les gens croient que l’on ne veut pas les protéger. Le pass sanitaire ne protège personne et a été abandonné très rapidement. Il ne fonctionne pas parce que vous pouvez être vacciné et transmettre le virus. Lorsque je dis cela, les journalistes m’accusent de tous les noms. C’est pourtant écrit sur Santé publique France et à l’OMS.

Vous pouvez avoir un pass sanitaire, mais vous pouvez transmettre le virus. La certitude, c’est le test PCR. Le pass sanitaire me paraît dangereux, il va tromper les gens.

Combien de temps dure la protection vaccinale ? À Hong Kong, ils ne croient pas au vaccin, mais font des tests sérologiques.

Le pass sanitaire est un gadget pour faire croire aux gens que l’on va les protéger. Si vous prenez l’avion, la seule solution est de faire un test PCR.

Si on veut être rigoureux, qu’on le soit, mais que l’on n’invente pas des gadgets qui trompent les gens et qui sont de fausses protections. Contrairement à ce que l’on dit de moi, je ne suis pas un anti-vaccin par principe.

 

 

On a l’impression que vous dissuadez les gens de se faire vacciner.

 

Je dis depuis le départ qu’il n’y a pas uniquement le vaccin. Il y a aussi les soins précoces, les lits d’hospitalisation et les frontières. Vous pouvez vacciner 100 % des Français, mais si vous vaccinez uniquement 10 % de l’humanité, un variant arrivera d’un autre pays. Si vous ne contrôlez pas un minimum les frontières, vous pouvez vacciner tout le monde, mais rien ne changera.

Je pense faire preuve de bon sens à l’égard de cette histoire de Covid et je ne dissimule pas mes doutes. Il n’y a pas de vérité absolue et il n’y a pas que le vaccin. Il y a les soins précoces, les tests, le séquençage, les gestes barrières, les frontières et les lits. Faisons tout correctement, mais ce n’est pas le cas. Il faut vacciner, oui peut-être, mais à bon escient.

Je conseille aux personnes fragiles, âgées ou obèses d’aller se faire vacciner. Je n’ai pas le droit, en tant qu’homme politique, de faire prendre un risque à ces personnes même si je ne suis pas convaincu par le vaccin. Allez vous faire vacciner. On nous dit qu’il protège des formes graves. Je n’ai pas de raisons de vous faire prendre un risque.

En revanche, un jeune de 20 ans qui n’a aucun risque de mourir du Covid, a-t-on le droit de lui faire prendre des risques ? 20 jeunes sont morts du Covid, c’est moins que les attentats islamistes. Il n’y a pas de jeunes morts du Covid.

A-t-on le droit d’imposer un vaccin à une jeunesse, alors qu’il n’y a pas de risque et que l’on ne connaît pas tout sur le vaccin ? Ce dernier est en phase conditionnelle d’autorisation et les études seront terminées fin 2022 début 2023. Beaucoup de scientifiques indiquent que la technologie ARN peut avoir des conséquences incertaines.

Peut-on dans ce pays avoir une position équilibrée, de bons sens et de réflexion scientifique progressive ? Ou doit-on vacciner tout le monde sans prendre en compte le principe de précaution ?

 

 

Il y a une opposition avec pro-vaccin et anti-vaccin. Avec cette histoire de vaccination, on a oublié l’affaire des masques et du professeur Raoult. On a l’impression que l’opinion a du mal à se positionner…

 

Nous sommes dans l’instrumentalisation de la peur et dans la manipulation des masses. Face à un défi grave, j’ai une position de prudence. Je ne dis pas que j’ai trouvé. Ce que fait le gouvernement est grave. Nous sommes dans un pays où il n’y a plus de de pensée. Il n’y a plus de liberté de débattre. Ce qui se passe est extrêmement grave.

Je dis aux Français qu’il ne faut pas qu’ils se laissent manipuler. Cela ne veut pas dire que le gouvernement a tort sur tout et qu’il ne faut vacciner personne. Peut-on, un jour, dire qu’il y a une responsabilité individuelle avec son médecin traitant ? La médecine de proximité a été évacuée.

Je ne pensais pas, un jour, me battre pour défendre la liberté des Français.

Dans mon discours de clôture des universités de rentrée de dimanche dernier, j’ai fait une partie sur la liberté individuelle. On ne peut plus s’exprimer, dans ce pays.

 

 

Au printemps prochain aura lieu l’élection présidentielle. Depuis les européennes, on nous annonce un duel Emmanuel Macron-Marine Le Pen. Suite aux élections régionales et départementales, vous avez fait une charge assez violente contre Marine Le Pen sur BFM TV.

 

J’ai simplement dit qu’il n’y avait pas de candidats de droit divin permanent. Je peux le dire parce que je suis le seul à l’avoir soutenue officiellement dans la loyauté la plus totale.

M. Poisson, M. Aubert, M. Ciotti et M. de Villiers ne l’ont pas soutenue.

J’ai été le seul, donc j’ai le droit de dire que je crois que je serai meilleur qu’elle. C’est peut-être prétentieux, mais je le pense. L’enjeu n’est pas d’être meilleur qu’elle, mais c’est la capacité de gagner. Je sais, et tout le monde sait, en France, que Macron gagnera le duel.

Est-on suffisamment fou pour faire réélire Macron ?

Je dis aux Français que nous n’avons pas le droit de faire réélire Macron. J’ai proposé un moyen pour départager. Faisons une primaire au mois de novembre ou décembre. Les millions de Français qui ont voté Marine Le Pen au second tour ont peut-être le droit de dire qu’ils veulent recommencer avec Marine Le Pen, essayer avec Dupont-Aignan, essayer avec Zemmour ou encore avec Retailleau. Pourquoi n’auraient-ils pas le choix ?

Pourquoi un parti qui a échoué aux régionales devrait dire « circulez, il n’y a rien à voir, on recommence contre Macron » ? Ce duel Macron-Le Pen est la mort du pays.

Je ne dis pas que je suis le meilleur, mais je dis qu’il y a un juge de paix. C’est une primaire ouverte avec les électeurs. S’ils choisissent Le Pen, je m’incline et je l’ai déjà fait. S’ils choisissent Zemmour, je m’incline. S’ils choisissent Retailleau, je m’incline. Si on me choisit, j’espère que mes compétiteurs s’inclineront.

 

 

 

 

 

Cette droite hors les murs, cette droite des candidats faisant des résultats modestes peut-elle s’unir et fournir un seul candidat ?

 

Contrairement à ce que l’on dit, la primaire est la bonne solution. C’est la pire des solutions, mais il n’y en a pas d’autres. Qui domine ? Des oligarques qui tiennent des médias et qui nous expliquent qu’il faut piquer tout le monde ?

Personne ne peut se dégager puisque se dégagera toujours ceux de la pensée unique. La seule solution pour prendre à revers le système médiatico politique, c’est de faire confiance aux citoyens, d’ouvrir des bureaux de vote et que les gens choisissent.

 

 

 

CNews a été un créneau magnifique pour Éric Zemmour puisqu, tous les soirs, il parle aux Français. Il ne fait plus le mystère de sa volonté de se présenter à l’élection présidentielle. Que pensez-vous de la candidature d’Éric Zemmour ?

 

Je suis pour la liberté et pour les débats. Je ne vais pas demander le pluralisme et refuser le pluralisme à l’égard de quelqu’un que j’aime bien et que j’écoute. Pour autant, je dis très clairement que si Zemmour, Dupont-Aignan et Le Pen sont sur la ligne de départ, il va y avoir un problème. Je réitère auprès d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen mon idée de primaires ouvertes qui permettraient d’avoir de vrais débats suffisamment longtemps à l’avance de manière à sélectionner celui qui serait le meilleur. Je sais qu’a priori, c’est peine perdue, mais dans la vie, il faut être persévérant.

Si Marine Le Pen ne le veut pas, on ira au premier tour et les Français choisiront. Je suis convaincu que les Français feront très rapidement la part des choses.

9 juillet 2021

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