Economie - Editoriaux - Education - 19 août 2019

Nette hausse du coût de la vie étudiante : je confirme !

Pour les hausses de prix, c’est comme pour les températures, il y a la réalité, et les températures ressenties. Et cette année, la réalité des chiffres mesurés par les organisations étudiantes rejoint, malheureusement, le ressenti de beaucoup d’étudiants. Et de parents.

Il y a plusieurs jours, c’était l’UNEF qui présentait son rapport annuel. Pour le syndicat étudiant de gauche, cette hausse s’élèvera à 2,83 % alors que l’inflation n’est que de 1,31 %. C’est, bien sûr, le poste du logement qui grève le budget étudiant et qui passerait, en moyenne, de 458 €/mois à 471 €. À cela s’ajoute une hausse dans les transports en commun de plusieurs villes. Dimanche, c’est la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes) qui est venue confirmer cette nette hausse, pointant une augmentation de 2,73 % des « frais de la vie courante ». Cette même organisation avait pointé, l’an dernier, une baisse.

Bien sûr, ces moyennes cachent des différences – et des inégalités – considérables : type d’études, étudiant résidant chez ses parents ou pas, boursiers ou non, etc.

Mais quand il y a une hausse moyenne notable, on peut être assuré qu’elle sera lourde pour certains profils.

Imaginez une famille nombreuse, avec ses trois grands enfants se retrouvant étudiants en même temps, pour cette rentrée, et habitant la France périphérique, et sans logement dans une grande ville universitaire. Boursiers 0+, ils n’ont pas eu droit à une chambre CROUS. Je peux confirmer qu’à Paris, Bordeaux et Lyon, les loyers ont nettement augmenté. Pour l’UNEF, c’est +11 % à Bordeaux et plus de 5 % à Paris.

Imaginez que certains aient eu la mauvaise idée d’intégrer une école de commerce dont les frais d’inscription, déjà lourds, ont en plus considérablement augmenté, ces dernières années, pour dépasser les 12.000 € annuels.

Je vous laisse dérouler le budget.

Les organisations étudiantes tirent la sonnette d’alarme et demandent une refonte des aides sociales et une hausse des bourses.

Pour ma part, j’essaie juste de voir quels seront les mois rouge vif et ceux qui le seront un peu moins et je me demande qui je vais aller voir en premier, pour ma rentrée à moi, mon employeur ou ma banque ?

Bon, et du côté des petits, ça ira ? Pour la 4e qui rentre en 4e ? Chouette, l’enquête annuelle de la CSF (Confédération syndicale des familles) note une hausse de seulement 0,17 % du coût de la rentrée ! Ouf ! Sauf que, s’il y a baisse pour l’école et le lycée, pour les collégiens, ce sera +4 % !

Mauvaise pioche, Papa !

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