Morbihan : les Bretons vent debout contre le projet d’éolien en mer

Face à Belle-Ile-en-Mer et l’île de Groix, le projet éolien ligue contre lui habitants, associations et élus locaux.
Photo de Pankaj Mishra: https://www.pexels.com
Photo de Pankaj Mishra: https://www.pexels.com

Le littoral du sud de la Bretagne sera-t-il bientôt encerclé par un vaste champ d’éoliennes géantes en mer ? Un projet a en effet été lancé en 2020 et il est désormais fortement avancé. Mais l’affaire fait grand bruit dans la région et la contestation monte en puissance depuis l’ouverture, le 17 août, de l’enquête publique (qui se tiendra jusqu’au 28 septembre) concernant le tracé des liaisons terrestres et sous-marines, ainsi que la localisation des postes électriques en mer et à terre du second parc du projet, Bretagne Sud 2. Le premier parc, d’une puissance de 250 MW, avait été attribué en 2024 à Pennavel et se situe à 19 kilomètres à l’ouest de Belle-Île-en-mer, faisant face à la presqu’île de Quiberon et à Lorient.

L'implantation prévue pour les deux parcs éoliens en mer de Bretagne sud.
Capture d'écran https://www.eoliennesenmer.fr

Dans la continuité de ce premier parc, le projet Bretagne Sud 2, qui fait toujours l’objet d’appels d’offres, se situera au sud de l’île de Groix et doit fournir une puissance de 500 MW. RTE France (Réseau de transport d’électricité) a prévu de raccorder les deux parcs puis de les relier au réseau terrestre national via un unique poste électrique en mer.

« Écologie réelle » contre « écologie légale »

Les parties prenantes, ainsi que les relais de l’écologisme au sein du gouvernement, espéraient avoir raison, à l’usure, des premières réticences locales. Mais depuis plusieurs mois, et notamment depuis le début de l’enquête publique à la mi-août, la contestation s’amplifie. De nombreuses associations locales, dont certaines créées pour l’occasion, se sont engagées contre le projet, parmi lesquelles on trouve : Gardiens du Large, Génie du Lieu, Gerveur Da Viken, PIEBIEM (Préserver l'identité environnementale de Bretagne Sud et des îles contre l'éolien en mer), Réseau Énergie, Terre et mer, ou encore UBED (Union belliloise pour l'environnement et le développement).

Il est intéressant de noter que nombre de ces associations disent agir au nom de la défense de l’environnement, ce qui illustre avec force la fracture entre une « écologie réelle », enracinée dans son territoire et soucieuse de sa défense, et une « écologie légale », confluent des intérêts idéologiques et économiques, portée par Les Écologistes, leurs relais au sein de l’État et du gouvernement, et les acteurs de l’éolien.

Les élus rejoignent les frondeurs

Les élus locaux sont, eux aussi, de plus en plus nombreux à rejoindre le mouvement, mais certains avaient déjà fait savoir publiquement leur opposition au projet, il y a déjà un an. En octobre 2025, consultés par leur préfet, les élus de la Communauté de Belle-Île lui répondaient de façon laconique : « Je vous propose d'indiquer nous opposer au projet compte tenu de l'atteinte paysagère portée par le poste de livraison en mer qui sera visible depuis un ensemble de sites patrimoniaux de Belle-Île […], l'atteinte portée aux paysages maritimes […], alors même que la collectivité a réalisé des aménagements touristiques pour mettre en valeur ce patrimoine. » Depuis, la plupart des communes concernées ont répondu à l’identique, parmi lesquelles Erdeven, Groix, Quiberon, Plouharnel, Plouhinec et Saint-Pierre Quiberon.

Le 14 février 2026, une manifestion anti-éoliennes réunissait plus de 2.000 personnes à Quiberon, dont des élus locaux, avec pour mot d’ordre « nos paysages ne sont pas à vendre ».

Affiche d'appel à manifester du collectif Gens de Bretagne.

Des recours contentieux

Cet été, la contestation a incontestablement connu une montée en puissance. Fin juillet, plusieurs associations ont déposé plusieurs recours contentieux auprès du Conseil d’État sur plusieurs points critiques. Et le 7 août dernier, c’est un renfort de poids qui rejoignait le mouvement. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le président du conseil départemental du Morbihan, David Lappartient, indiquait avoir déposé quatre recours contre le projet. « Le département du Morbihan n’acceptera pas le saccage qui est prévu par l’État et son complice, le conseil régional de Bretagne, pour altérer de manière définitive l’ensemble des paysages emblématiques de Belle-Île-en-Mer et plus largement de l’ensemble des côtes du Morbihan », déclarait l’élu LR, qui faisait par ailleurs remarquer « qu'il s’agit bien de l’argent de tous les contribuables français pour de l’énergie dont aujourd’hui nous n’avons pas forcément besoin, au regard de la baisse de la consommation ».

La contestation s’amplifie

L’ouverture de l’enquête publique, le 17 août, en dévoilant publiquement les détails du projet, a provoqué une amplification du mouvement de rejet à son égard. En cause, notamment, la taille des éoliennes géantes de 340 à 380 m (alors que la tour Eiffel culmine à 330 m), mais aussi la perspective d’une dégradation irréversible du littoral morbihannais, de ses sites emblématiques, de sa faune marine et des oiseaux. Le tracé du raccordement électrique à terre cristallise lui aussi les tensions et plusieurs maires ont signé des chartes rédigées par des collectifs locaux comme Gens de Bretagne.

Le projet de raccordement des deux parcs éoliens Bretagne sud.
Capture d'écran RTE France.

À Palais (Morbihan), le 21 août au matin, à l’ouverture de l’enquête publique en mairie, plus de 300 personnes se sont mobilisées pour débattre du projet, déposant 275 contributions écrites et trois pétitions. Les acteurs de la contestation ont annoncé multiplier les initiatives dans les semaines à venir, lesquelles s’annoncent agitées, alors que l’enquête publique ne s’achèvera que fin septembre.

Vos commentaires

101 commentaires

  1. Il n’y a aucun doute. La côte bretonne sera à terme entourée d’éoliennes gigantesques visibles à des kilomètres qui détruiront par ailleurs les fonds marins faune et flore. De St Malo celles de la bais de St Brieuc sont visibles. Des milliards vont être dépensés pour ces inepties. La finance internationale ne cédera jamais. Pour se faire une petite idée de la destruction des terres et paysages, il faut aller voir l’environnement des villes comme Orléans, Troyes ou Chalons en Champagne. Il y en a d’autres bien sur. En Espagne les montagnes près de la France vers l’ouest. Tout cela est affligeant. Nous aurons un pays minéral couvert de panneaux solaires, d’éoliennes, de datas centers plus le reste. Nos dirigeants politiques ou non sont complètement irresponsables. L’argent bien sur comme toujours. Quelle tristesse.

  2. Les bretons ont voulu du gauchisme, de l’écolo, ils l’ont, inutile de venir pleurer … comme ça va être moche … comme le reste d’ailleurs … il faut être lucide et intelligent pour faire volte face à de tels projets, le breton en est il capable ? manifester contre ça ne suffira pas …

    • Je les ai connu plus lucides , clairvoyants et combattants les bretons. Mais ça c’était avant, bien avant.

  3. Mais qu’attendent-ils pour en construire tout au long des Champs Elysées, place de la Concorde, au pieds de la Tout Eiffel , et même au Palais de l’Elysées….ce serait bien plus rentable et aux pieds des consommateurs si écologiques…Allez, avant votre départ monsieur le Président, un si beau cadeau mémoriel pour ces français qui vous ont fait Roi… Les Brasseurs d’air y a rien de mieux pour que la Lumière fut !!!

    • Désolé pour les fautes et les erreurs de frappe mais mon éolienne était en panne et je n’avais plus de lumière à la maison… mais où sont passées les centrales nucléaires ?

  4. ces ventilateurs remplissent les poches de certains « decideurs » mais surtout font vieilirs prematurement nos réacteurs qui doivent s’ajuster aux caprices du vent.En plus enlaidir un super paysage donc POUBELLE

  5. Bien sûr que les éoliennes coûtent un fric fou et défigurent les paysages mais les écolos bretons ont la mémoire courte. Quand ils ont refusé l’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff en 1981 ils ont fait comme les écolos allemands. Atomkraft nein danke et après ? On dépend des centrales de ceux qui les ont acceptées mais on ne veut pas d’éoliennes, donc on ouvre une centrale au charbon pour prendre le relais de celle à gaz ?

    • @Did29 : bonne démonstration d’un raisonnement à courte vue : en sont ils conscients? Ceux qui ne les ont pas contrer avec force ne se sentent ils pas responsables de la situation? D’ou la nécessité de participer assidûment à tous les projets concernant notre existence. Ne pas le faire c’est se laisser dévorer par « l’adversité ».

  6. Les « Bretons » l’ont voulu , ils l’ont eu …..Continuez de votez a gauche …Il y a des gens qui disent avoir l’esprit ouvert et c’est surement vrai . Tellement ouvert que le cerveau est parti se promener a gauche ……

    • @Le templier : je ne pense pas que ce soit une question de droite ou de gauche, plus prosaïquement je dirais qu’il s’agit du résultat de la non participation du peuple aux discussions de leur avenir. Se réunir pour discuter et confronter des points de vue, des idées et des analyses de chacun, est la base d’une vie en communauté : les Grecs et les Romains en leur temps avaient parfaitement intégré cette nécessité. Ne pas y participer c’est laisser libre court à la « chienlit » et au diktat.

  7. Pour coupler l’éoliens au terrestre coût phénoménal sans compter les disfonctionnements occasionné sur le réseau électrique par cet afflux de courant intermittent il faut couper certaine centrale nucléaire pour éviter le trop plein et réadapter après les différentes charges ce qui abîme les installations, les premières éoliennes sont entrain d’être démantelées, pas de recyclage possible pour les ailes elles vont être enfouies quand au socle en béton ils sont trop petits pour les nouvelles éoliennes de 280 m contre 120 m pour les anciennes, de plus les pales et les mâts ne sont même pas fabriquer en France, Allemagne et Espagne
    Encore une idée brillante de l’Allemagne et des lobbys verts

  8. Ils ont bien raison de contester c’est un scandale !

    C’est si beau comme région que je connais bien pour y être allée en vacances.

    Il avait été reconnue qu’aux environ de ces éoliennes, la température de l’eau montait de 0.5 à 1°, pas bon pour la faune marine ça
    Et parlons de faune marine, ça va tout dévaster dans un grand rayon et pour les pêcheurs, obligés d’aller pêcher plus loin et avec le prix du carburant
    Et puis c’est LAID , allez faire des photos avec ces machins en arrière plan, ceux qui sont sur la magnifique Côte de Jade (vers Pornic, le Croizic) le disent, une horreur !
    Et rappeler que ces machins une fois implantés, une fois en fin de vie, non recyclables dont ils sont là pour des milliers d’années, quelle horreur
    Et pour finir, ce sont nous via nos impôts et factures d’énergie allons payer pour ce gâchis

  9. Encore un double scandale d’état : le saccage de nos paysages et la dilapidation honteuse de l’argent de nos impôts. On a le sentiment que ces irrespou sables s’acharnent à vouloir détruire ce qui fait la beauté et la variété de notre patrimoine paysager et de mener encore plus notre pauvre France vers la ruine. Bon, en attendant, ces éoliennes inefficaces et polluantes, vont enrichir les chinois et les fonds de pension américains. Comment se fait-il que dans une république les décideurs ne sont jamais responsables de leurs actes ? Seraient-ils supposés « irresponsables » de leurs actes comme certains criminels les plus barbares qui ont sévi en France ces dernières années ?

    • Ce n’est pas un sentiment et vous avez raison sur toute la ligne, les grands gagnants ce n’est pas nous, de toute façon c’est jamais le cas
      Qu’on remettre des centrales en marche au lieu de faire ces machins couteux, inutiles et une calamité pour la faune et flore, combien d’oiseaux vont se faire hacher par les pales ?

  10. Il y a la mer au Touquet aussi, non ? Les Macron devraient donner l’exemple.
    Et je m’étonne que les écolos ne soient pas opposés à ses engins monstrueux qui nuisent fortement aux espèces sous marines et polluent la mer.

  11. Indépendamment des ces aspects environnementaux, ces éoliennes sont inutiles car notre électricité est déjà décarbonée à 95 %, grâce surtout au nucléaire et à l’hydraulique, et que nous sommes en surproduction électrique (nous exportons 23% de notre production annuelle).
    Elles sont nuisibles car prioritaires sur le réseau, ce qui oblige à moduler fortement la production des tranches nucléaires, en réduisant ainsi leur durée de vie et en augmentant leur coût d’exploitation. Elles sont une gabegie financière car le prix payé pour l’éolien en mer est 3 à 4 fois plus élevé que le prix moyen de production, avec un prix garanti pour l’exploitant, donc sans risque de marché. Ces coûts supplémentaires, payés par nos factures d’électricité et nos impôts, enrichiront des investisseurs, privés et étrangers pour la plupart. Enfin, ces éoliennes et la plupart des matériels connexes sont achetés à l’étranger, d’où un accroissement de notre déficit commercial et une diminution de notre souveraineté.

    • Vous avez complètement raison : ces installations coûtent un pognon de dingue, produisent quand on n’en a pas besoin, ne sont pas durables et détruisent le réseau électrique.

    • Efficience d’une éolienne : moins de 20 % de production électrique durant sa « vie » ! …
      Ces machins sont la « réalité mécanique » de ce qu’est un poly-tocard français : inefficace, corrompu et salissant son environnement ! …

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