Mahamadou Fofana s’est noyé dans la Seine, dans la nuit de dimanche à lundi, en tentant d’échapper à la police. Assa Traoré, cousine de Mahamadou Fofana et sœur d’Adama Traoré, dont la mort en 2016 a été érigée en symbole des violences policières, hurle à la bavure policière.

Michel Thooris réagit au micro de Boulevard Voltaire.

Le cousin d’ est mort. Des policiers intervenaient et a priori, ils sont tombés sur le cousin d’Assa Traoré qui chargeait des motos volées dans un fourgon. L’homme a sauté dans l’eau pour échapper aux policiers et s’est noyé. Assa Traoré hurle à la bavure policière. Que faut-il penser de cette affaire ?

Cela ne devrait même pas faire une ligne dans la presse. C’est une intervention on ne peut plus banale. On ne pas empêcher des délinquants de fuir les contrôles de police. On répète que fuir un contrôle de police, c’est se mettre en danger soi-même et c’est aussi mettre en danger autrui. Cet individu était manifestement en train de commettre des faits délictueux. Il a pris la fuite pour se soustraire à son interpellation et a pris le risque de sauter dans la Seine. Malheureusement pour lui, il s’est noyé. Il est évidemment regrettable qu’une vie humaine soit perdue, mais la police doit évidemment faire son travail. On ne peut en rien accuser mes collègues dans cette affaire. Le délinquant a pris ces risques et malheureusement il est décédé.

La famille est devant l’hôpital de Garches qui accueille le corps de Mahamadou Fofana. Les policiers empêchent la famille d’aller voir le corps. Cette disposition est-elle normale lorsqu’il y a une enquête dans ce genre de cas ?

Je n’ai pas toutes les informations, mais il y a des actes de médecine légale à opérer prioritairement. Il faut d’abord que ces actes soient opérés de manière correcte pour qu’ensuite le corps puisse être remis à la famille. Il y a une enquête judiciaire en cours. Une fois que les opérations de médecine légale seront réalisées, il va y avoir une autorisation du parquet de remettre le corps à la famille pour qu’elle puisse l’enterrer.

Comment expliquer que, quel que soit le symbole que l’on érige du côté de l’extrême gauche, on en revienne toujours à des problèmes de délinquance ?

Malheureusement, c’est encore une fois une tentative d’instrumentalisation d’une affaire qui reste terriblement banale, même si elle conduit au décès d’un individu. On est dans une affaire de délinquance. Je ne vois pas comment on peut utiliser cette affaire pour critiquer la police. À moins d’expliquer que la police ne doit plus interpeller les individus qui commettent des crimes et des délits en France sous prétexte qu’une interpellation conduit à un drame.
Malheureusement aujourd’hui, on est rentré dans une espèce de logique où on refuse d’être interpellé par les fonctionnaires de police même lorsqu’on est pris la main dans le sac. Les refus d’obtempérer sont devenus un jeu de forcer les barrages de police. Lorsqu’on se fait prendre sur un cambriolage ou en train de transporter des objets volés dans le cadre de recel, on refuse de s’arrêter ou on prend la fuite. Tous ces comportements sont extrêmement dangereux pour les auteurs des infractions, pour mes collègues, mais aussi pour le reste de la société. Il faut que chacun assume ses responsabilités.
Lorsqu’on choisit de tomber dans la criminalité et que l’on refuse d’être interpellé, il peut y avoir des conséquences physiques pour ces individus. Encore une fois, nous le regrettons, mais mes collègues n’y sont pour rien. On ne peut pas empêcher un individu de prendre la fuite et de se jeter à l’eau. Tout a été mis en œuvre par mes collègues pour tenter de sauver cet individu. Malheureusement, nous ne sommes pas Dieu et nous faisons ce que l’on peut avec une délinquance absolument dramatique. Regardons le niveau de violence que nous avons atteint avec la fusillade de Saint-Ouen. Nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours. Nous avons en face de nous des individus extrêmement violents, déterminés et armés qui n’hésitent pas à tuer des fonctionnaires de police et à se tuer entre organisations criminelles. Voilà la réalité d’aujourd’hui. Il faut donc cesser cet angélisme permanent qui conduit à essayer de transformer les auteurs d’infractions en victimes et les policiers en auteurs d’infractions.

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