Comme moi, vous aviez peut-être choisi la Croatie pour votre destination estivale. Je suis assez moutonnier, et c’est vrai que la mode et les promos indiquaient cette destination de rêve. La finale de la Coupe du monde et la découverte, par les Français, de ce petit peuple sympathique, de sa présidente, sa formidable équipe de foot, a fait le reste. L’été serait croate ou ne serait pas. J’ai donc, comme chaque année, réservé, toujours chez le même voyagiste populaire, un séjour presque les yeux fermés. Départ en low cost. Séjour en hôtel-club, avec animations pour les enfants – et les parents. Excursions à la carte. Notre bonheur annuel.

Le bonheur fut bien au rendez-vous : la côte dalmate, les îles, Split, certaines églises sont vraiment magnifiques, et la Croatie, avec l’empreinte historique de Venise et du catholicisme, fait bien partie de l’Europe. Il n’y a que les incultes qui avaient besoin de la Coupe du monde pour s’en convaincre.

Mais voilà, mon séjour « organisé » comportait aussi certaines particularités. D’abord, notre hôtel ne se situait pas en Croatie mais en Bosnie. Certes, la qualité, l’accueil et les prestations étaient irréprochables. Mais nous devions passer la frontière – et parfois assez longuement – plusieurs fois durant le séjour. Les réalités politiques de cette région du monde se rappelaient à nous…

Et plus encore quand furent inscrites à notre programme de visite des excursions en Bosnie. On nous montra le pont de Mostar, bien sûr, en nous signalant bien que c’était grâce à la d’Erdoğan qu’il fut reconstruit. Et puis on eut droit à la visite commentée d’une maison traditionnelle turque flambant neuve, et puis d’un musée à la gloire de l’Empire ottoman… lui aussi financé par la Turquie. Malaise dans le groupe et dans ma famille : « Mais on est en Turquie, ou quoi ? »

Quand on voit la tournure que prend la d’Erdoğan – une dictature nationaliste et islamiste – , on ne peut qu’être inquiet pour l’avenir de cette partie de l’Europe. Il y a cent ans, l’Empire ottoman, sur le déclin, et continuellement repoussé vers l’Asie, était appelé l’homme malade de l’Europe. Du point de vue de l’expansionnisme culturel et religieux, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Mais cette partie de l’ est vraiment malade de cet islamo-nationalisme conquérant. Sans compter les minorités turques implantées partout ailleurs, notamment en Allemagne.

En rentrant, je tombe sur un article du Point : « Géopolitique : Erdoğan fait main basse sur la Bosnie. »

Je suis rassuré : ce que j’ai vu en Bosnie est bien la réalité. Mes collègues de travail ne pourront pas me dire que c’est moi qui fantasme mal.

21 août 2018

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