Le gouvernement se dépense sans compter depuis le début de l’épidémie. Qu’ils nous donnent l’impression – à force de contradictions et de retournements – de s’agiter comme des poulets sans tête est un fait, mais leur dévouement à la santé des Français ne saurait faire de doute, quitte à courir eux-mêmes des risques, si on les en croit, quitte, aussi, à se ridiculiser.

Ainsi, en septembre 2020, se déroule une scène surréaliste sur le plateau de France 2 : à la journaliste qui l’interroge, le Premier ministre répond qu’il n’a pas chargé Stop-Covid et ses explications emberlificotées ne changent rien au « sentiment de désastre » clairement éprouvé. D’ailleurs, les ministres qui l’entourent, consultés à leur tour, se partagent entre inscrits et non-inscrits sur Stop-Covid, autrement dit adeptes du « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ».

C’est encore plus significatif pour le vaccin : les Français sont défiants, Emmanuel Macron morigène ses ministres pour que la vaccination soit accélérée (vœux de Nouvel An), mais les ministres en question sont-ils eux-mêmes vaccinés ? Si nous lisons la presse du 13 décembre 2020 nous voyons que des chefs d’État et ministres étrangers se font vacciner et se posent donc en exemple, tandis que les nôtres se posent en exemple en ne se faisant pas vacciner. Tour de passe-passe ? Non, simplement le dévouement des responsables français va plus loin, ils prennent le risque d’être malades pour épargner les vieillards en EHPAD, candidats prioritaires à la vaccination … et, selon de mauvais esprits, cobayes de ce vaccin.

Véran, en particulier, est très émouvant : « Je n’aurai aucune difficulté à me faire vacciner, je peux même vous dire mon impatience à être protégé par le vaccin. Mais je suis à faible risque de forme grave, étant âgé de 40 ans, donc je laisse la place à ceux qui en ont besoin » (JT de France 2). Du copier-coller avec Castex en septembre : je me sacrifie pour les vieux et, pour le dévouement, je me place sur la plus haute marche du podium. Évidemment, les responsables étrangers ne se posent pas de question puisqu’ils ne privent personne en se faisant vacciner. La preuve : si les chiffres communiqués par LCI, le 1er janvier, sont justes, la disproportion est éclatante et la France remporte le bonnet d’âne. Jugez-en plutôt : 944.539 vaccinés au Royaume-Uni, 796.774 en Israël, 131.626 en Allemagne, 26.850 au Portugal, 23.895 au et 332 pour la France…

Pourtant, quand on voit à quel point les Français sont sceptiques sur cette vaccination, peu disposés à passer à la casserole, combien ils s’interrogent sur la hâte à distribuer un dont tous les effets n’ont pu – faute de temps – être étudiés, regardant de nombreuses photos ou vidéos authentiques ou douteuses qui prétendent montrer des vaccinations feintes, avec des seringues vides ou dépourvues de pointes, incriminant jusqu’à Kamala Harris aux États-Unis, quand on voit cela, n’est-on pas fondé à penser que la vaccination de nos ministres, et d’abord du ministre de la Santé, aurait un effet persuasif ? M. Véran, qui n’est pas idiot, y a pensé et a d’emblée tenté de désamorcer l’argument (toujours le 29 décembre) : « Si je me faisais vacciner devant les caméras, les plus réfractaires diraient qu’on ne m’a pas inoculé le vrai vaccin. » Une belle lucidité, mais tout n’est pas complotiste et le gouvernement, les médecins médiatiques et les journalistes relais de la parole officielle ont bien réussi à inspirer la terreur et à obtenir une docilité inattendue des « Gaulois réfractaires ». Alors je ne doute pas que la vaccination publique de nos ministres et responsables débarrasse la majorité des Français de ces doutes systématiques, entretenus par des sites complotistes fomentant eux-mêmes des complots anti-complots. On se comprend…

Alors, ne faudrait-il pas lancer une pétition sur le thème « Un pour Véran » ou « Des piqûres pour les ministres » ou, mieux, « Piquons nos ministres » ?

Coup d’épée dans l’eau ? N’est-ce pas mieux que pas de coup d’épée du tout ?

3 janvier 2021

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