À Nice, Éric Ciotti rejette définitivement l’idée d’un parvis « Nicolas-Sarkozy »
Une place Nicolas-Sarkozy ? Il ne la souhaite pas. Éric Ciotti l’avait expliqué en début de campagne lorsque Christian Estrosi avant annoncé, en septembre, vouloir donner le nom de l’ancien président de la République au futur parvis du nouvel hôtel des polices municipale et nationale. Celui qui était, sans le savoir, un maire en sursis voulait, par ce geste, « saluer l’action déterminante » de l’ancien ministre de l’Intérieur en matière de sécurité dont il avait fait, selon l’édile, « une priorité nationale ».
Alors que Nicolas Sarkozy était condamné à de la prison ferme deux jours auparavant, la nouvelle avait créé un certain émoi, dans la ville azuréenne. Éric Ciotti avait immédiatement exprimé son désaccord en promettant que s'il était élu maire, il renoncerait à cette idée. « C’est une erreur envers l’ancien Président qui n’a pas à être instrumentalisé, une erreur envers les Niçois qui attendent un maire qui rassemble, pas qui divise. » Dans un sondage lancé par Nice-Matin, 96 % des votants exprimaient leur rejet de l’initiative portée par Christian Estrosi. Une pétition en ligne défendue par un collectif proche de LFI recueillait 3.500 voix, quand les élus de gauche dénonçaient, en conseil municipal, « un chef-d’œuvre de l’absurde ».
Une esplanade du 14 juillet 2016
« C’est honorer celui qui a supprimé 10.000 postes de policiers et sabordé la police de proximité. C’est comme baptiser une caserne de pompiers du nom d’un pyromane », déclarait l’élue écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, qui s’est distinguée quelques mois plus tard en refusant de se retirer au profit de Christian Estrosi, au second tour des municipales, précipitant la chute de ce dernier.
Désormais maire de la cité, le président de l’UDR passe de la parole aux actes. Le nouveau premier magistrat de la ville a confirmé à Nice-Matin, ce 20 avril, l’abandon de ce projet. Certes, Nicolas Sarkozy reste « un ami », mais Éric Ciotti est défavorable à cette initiative, « en tout cas, pas de son vivant ».
Le cœur du maire de Nice balance pour la proposition des associations de victimes du drame de la promenade des Anglais. L’édile se déclare « plutôt favorable » à l’idée de nommer le nouveau parvis en hommage aux 86 victimes de l’attentat islamiste perpétré le 14 juillet 2016. Éric Ciotti annonce une concertation auprès de ces associations pour arrêter un nom définitif. Le 28 octobre, il leur écrivait pour leur dire son soutien à l’idée d’une « esplanade du 14-juillet-2016 », en hommage à « ce soir d’été où la joie devait régner [qui] fut brisé par un acte d’une barbarie absolue. […] Les Niçoises et les Niçois n’oublieront jamais cette tragédie, ni les familles, les parents, les enfants, les proches qui portent, aujourd’hui encore, les cicatrices visibles ou invisibles de cette nuit dramatique. » Éric Ciotti affirmait y voir « un symbole fort », non seulement pour les victimes, mais aussi pour les « policiers héroïques qui ont mis fin à la course meurtrière du terroriste ».
L'hommage aux victimes fait l'unanimité
Pour le sénateur LR Henri Leroy qui se confie à BV, cette initiative est la bienvenue. « Les innocents qui ont été tués par un monstre font l’unanimité dans leur martyr. » Inversement, l'ancien président de la République en rebute plus d'un. « Il y a une partie de la population qui n’a pas les mêmes sentiments pour l’homme d’État, le Président, le ministre qu’il a été, l’homme de droite », explique ce proche de Ciotti. « Je trouve que l’idée est bonne, de rendre hommage à la mémoire de ces gens qui ont été exterminés de façon si brutale et sauvage. »
En cette affaire, le nouveau maire de Nice fait coup triple : donner satisfaction aux Niçois qui ne portent pas le bilan politique de Nicolas Sarkozy dans leur cœur et aux associations de victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 en honorant la mémoire des défunts de ce funeste jour. Et enterrer un projet de son ennemi juré.
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43 commentaires
De toute façon, on ne devrait jamais donner un nom de rue, ou place, d’une personne encore vivante !
C’est aller trop vite sur des réputations qui peuvent se perdre au grès des circonstances … Un journaliste
a écrit un article très intéressant sur ce sujet en 1905
Sarkozy et ses casseroles ne méritent surtout pas de reconnaissance quelconque….Il s’est fait coincé dans l’affaire libyenne et ne peut parler sans en mouiller d’autre, se taire lui reste la seule solution ,mais on en arrive pas a ce stade par l’opération du saint esprit ,le hasard n’existe pas ,surtout dans son cas !
Le concours des belles idées de noms de rues et de places reste ouvert : avenue Maurice Thorez, place Georges Marchais, etc. en attendant que la place de l’Etoile soit rebaptisée place Emmanuel Macron.