Le meilleur du meeting de Fillon, c’était Fillon

Incontestablement, Fillon est bien le meilleur d’entre eux. C’était vrai à la primaire, face à Sarkozy et Juppé. Et c’est vrai, aussi, dans cette campagne.

Et c’était encore plus vrai lors de ce meeting du 9 avril, à Paris. Il a revendiqué, en balayant les questions internationales, son gaullisme, estimant que les chamboulements actuels aux États-Unis, au Royaume-uni, au Moyen-Orient et dans l’Union européenne, s’ils sont porteurs de dangers et d’incertitude, créaient aussi des occasions nouvelles pour que la France devienne la première puissance européenne et retrouve l’audience perdue après la désastreuse présidence Hollande. Incontestablement, la situation internationale lui permet de mettre en avant une stature internationale faite d’expérience, de sérénité et de pragmatisme (sur le dossier syrien) que l’on est bien en peine de trouver chez ses trois rivaux.

Mais, pour qui a pris la peine de regarder ce meeting, plusieurs figures étonnaient. Celles de revenants d’abord : M. Copé, le rival, mis en évidence sur l’estrade. Et puis M. Balladur, aux cotés du candidat dans l’assistance. Étrange symbole que la proximité avec ces deux vaincus… Il y avait, à côté de Penelope, et dans le discours de M. Baroin, futur Premier ministre paraît-il, Luc Ferry, le philosophe ministre de l’Éducation nationale d’il y a 15 ans qui, visiblement, devrait récupérer ce portefeuille en cas de succès. Scepticisme…

Et puis il y eut, avant le discours de Fillon, ceux de Baroin et de NKM… Baroin et NKM pour appliquer le programme de Sens commun ? On a raison de reprocher à Macron d’être le grand recycleur des hollandais honteux. Mais M. Fillon n’a-t-il vraiment pas d’autre figure à nous proposer que ces personnages de son camp qui ne se sont guère illustrés par la défense courageuse des convictions de la droite ?

On aurait donc envie de dire à M. Fillon, s’il parvient à être élu, qu’il se souvienne qui l’a fait Président, qui l’a soutenu, qui l’a élu. S’il est élu Président le 5 mai, M. Fillon ne le devra ni à M. Larcher, ni à M. Baroin, ni à M. Lagarde, ni à NKM. Et ne parlons pas des traîtres de la première heure : MM. Apparu, Le Maire et leurs amis.

Si M. Fillon est élu, il ne le devra qu’à sa capacité de résistance et à la force des convictions de la droite. On veut bien le croire sur sa volonté “sans faille” d’appliquer son programme et de défendre ses convictions une fois à l’Élysée. Mais on ne peut que nourrir quelques doutes sur le courage et les convictions de cet entourage appelé à gouverner.

Il serait regrettable que sa résistance vertueuse dirigée contre les médiocres de son camp, pendant les moments critiques de la campagne, ne s’exerce pas davantage encore, une fois qu’il les aura menés à la victoire.

Être gaulliste, c’est aussi être capable de cette résistance-là.

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