Editoriaux - International - Société - 22 octobre 2019

Mariage homosexuel, avortement : l’Ulster plonge à son tour…

« Un de plus », diront les progressistes, en cochant la case de l’Ulster qui va, dorénavant, permettre l’avortement et le mariage entre personnes de même sexe. L’avortement était réservé, jusqu’alors, à des cas très précis de mise en danger de la vie de la mère, de viol ou d’inceste, et le mariage entre personnes de même sexe n’y était pas autorisé. Certes, l’Ulster n’est pas tout à fait un pays, juste une province compliquée dans un royaume pas si uni que ça. Une province qui est appelée à former avec l’État souverain d’à côté une équipe de rugby insulaire plus que nationale. Et surtout une province où couve encore une guerre civile séculaire et larvée, même si l’espoir de la voir se terminer est là, subsiste, fait rêver.

L’Ulster, c’est aussi un exécutif en panne depuis janvier 2017 suite à l’éclatement d’une coalition. Ce sont des enjeux complexes avec le Brexit. Les Irlandais du Nord comme les Écossais pourraient vouloir quitter le Royaume-Uni pour rester dans l’Union européenne ; c’est une drôle d’idée, mais c’est la leur. Ils souhaitent, en outre, préserver les acquis de la normalisation entre eux et la République d’Irlande. Alors l’avortement, le mariage gay et lesbien, est-ce si important que cela ? N’est-ce pas un enjeu mineur, marginal, anecdotique pour la plupart des gens ? Il est possible, en outre, que la récente modification de la Constitution ayant autorisé l’avortement en République d’Irlande ait créé un contexte favorable. Les progressistes se sont engouffrés dans une brèche ouverte, ils ont saisi l’occasion pour avancer leurs pions. Peut-être regrettent-ils de ne pas avoir tenté d’embarquer l’euthanasie dans le paquet ? Le camp autoproclamé du bien a gagné cette bataille.

La promotion et la légalisation des désordres anthropologiques se poursuivent, et les signaux de résistance sont faibles mais ils ne sont pas inexistants. Aux États-Unis, il y a un mouvement de fond qui s’oppose à l’avortement et tente de le faire reculer, avec un allié de poids à la Maison-Blanche. L’homme est très controversé, mais pour combien de temps sera-t-il là ? Il a, en face de lui, une résistance active, bien financée et pugnace. Constatons qu’elle impose une certaine hégémonie culturelle contre laquelle la riposte est insuffisante. Elle devrait être mondiale, organisée et incisive. Le risque est que la dignité de l’homme devienne de plus en plus une variable d’ajustement face aux intérêts des marchés.

Alors, quoi ? J’apprenais, hier, par un message privé sur les réseaux sociaux, un triste suicide : une jeune femme s’est donné la mort après un avortement. Les « féministes » du Planning familial éluderont, aucun journal ne relayera cette triste nouvelle ni en première page ni comme entrefilet dans ses faits divers. Il faut préserver la doxa de l’avortement-panacée, outil de la libération des femmes. Les polémiques à deux fifrelins sur le voile, le droit de retrait ou autres calembredaines me semblent subitement beaucoup moins importantes. Et pourtant, seule l’exposition de la vérité, peut-être aussi crue que possible, pourra nous faire prendre collectivement conscience des conséquences de ces désastres anthropologiques.

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