Culture - Editoriaux - Histoire - Justice - Politique - Table - 30 avril 2018

Manifestation du 5 mai “contre la politique libérale d’Emmanuel Macron” : pas de quoi avoir peur !

Des artistes et des intellectuels – une cinquantaine – ont signé un appel pour manifester le 5 mai contre la “politique libérale et autoritaire” du président de la République.

Il a été publié dans Libération et sur le site du magazine Regards, codirigé par la députée LFI Clémentine Autain.

Le 5 mai devra être “festif et revendicatif”. Parce qu’il est clair que l’heure est grave et que la France est en péril !

Qu’on en juge par le ton de cet écrit alarmiste.

“Depuis un an les inégalités sociales et territoriales s’aiguisent, les services publics et les biens communs sont attaqués. Les libertés publiques et le droit d’asile sont menacés. La démocratie vacille. La colère s’exprime de toute part…”

Nous qui ne sommes ni intellectuels ni artistes, nous devons manquer de lucidité car les généralités sombres de ce tableau déprimant ne nous sont pas apparues.

Ces personnalités indignées vont suivre ce que le député LFI François Ruffin avait déjà proposé le 4 avril : “une grande manifestation nationale” le 5 mai.

Parmi elles, il y a des maniaques des manifestes, pétitions et appels. Leur absence nous aurait presque fait de la peine, tant leur nom était devenu une douce habitude pour des citoyens n’aimant pas être troublés et perdre leurs repères !

Je ne sous-estime pas l’odeur de poudre révolutionnaire et de lutte finale que ces intellectuels et artistes vont avoir le bonheur de sentir le 5 mai. Sortis des pensées et des spectacles en chambre, ils se projetteront dans la grande Histoire et on comprend que, pour pouvoir jouir d’un tel frisson, il fallait bien tordre la réalité, caricaturer la politique, inventer un désastre national et accabler le président de la République.

En même temps, comment ne pas leur pardonner, eux qui sont complètement égarés face à un univers du pouvoir qui ne ressemble pas à ce que leurs préjugés et leur sensibilité de gauche, voire d’extrême gauche, les avait accoutumés à observer et à dénigrer ?

Ces intellectuels et ces artistes n’ont pas d’autre occasion que de s’en prendre directement au président de la République. Le ministre de la Culture est trop inconsistant pour qu’ils puissent concentrer et limiter leur hostilité à son niveau. Ils sont condamnés à sauter par-dessus cette erreur de “casting” pour cibler sans aucune nuance Emmanuel Macron.

Surtout, ce Président, dont ils avaient tant espéré, le croyant sur le même moule qu’eux, est insupportable parce qu’il présente des qualités et des dispositions qui les mettent mal à l’aise et, donc, les incitent à une surenchère absurde.

Un président de la République qui accomplit ce à quoi il s’est engagé, qui assume la verticalité du pouvoir et s’efforce chaque jour de constituer l’apparence et l’allure comme des données consubstantielles à l’exercice du pouvoir.

Un chef de l’État dont même ses pires adversaires reconnaissent le courage et qui ne cède pas à la moindre opposition.

Une volonté de tenir les deux bouts de la chaîne et, par exemple, de lutter contre l’immigration tout en respectant le droit d’asile. Mais en veillant à l’efficacité – dans un cadre républicain – de la lutte et à l’authenticité du droit d’asile. S’il n’avait été qu’un pur intellectuel, il lui aurait été si commode de s’en tenir au “il n’y a qu’à” !

Que ces intellectuels et artistes se rassurent : il y a encore de la gauche en Emmanuel Macron et, par moments, on a envie de le pousser avec une bourrade citoyenne pour l’inciter à ne pas placer du mauvais côté politique et social tout ce qui ne l’intéresse pas vraiment – par exemple, la Justice.

Nulle obligation de faire preuve d’aveuglement à l’égard d’Emmanuel Macron pour juger détestable l’appel de ces personnalités s’illusionnant sur leur pouvoir parce qu’au fond, ils envient et donc feignent de mépriser celui du président de la République.

Celui-ci n’aura pas peur le 5 mai.

Extrait de : Justice au Singulier

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