“Madame Schiappa est la caution idéologique du gouvernement d’Édouard Philippe”

Marlène Schiappa a divisé la classe politique ces jours derniers en commentant une affaire judiciaire en cours : celle du couple Daval.

Pour Maître Hervé de Lépinau, cette intervention, de la part d’un secrétaire d’État, est totalement déplacée. Il s’étonne, par ailleurs, de l’indignation à géométrie variable de madame Schiappa.

Hervé de Lépinau, la secrétaire d’État Marlène Schiappa a largement divisé la classe politique ces jours-ci en commentant l’affaire judiciaire en cours du couple Daval. En tant qu’avocat, selon vous, l’intervention de la secrétaire d’État va-t-elle à l’encontre de la séparation des pouvoirs entre politique et Justice ?

C’est une intervention totalement déplacée. L’autorité judiciaire est impliquée dès le début de cette affaire sordide, dans le cadre d’une enquête.
Je ne vois pas en quoi le fait que la victime soit une femme change quelque chose.
Madame Schiappa emploie le néologisme militant de “féminicide”. Il s’agit d’un homicide, pas autre chose. Et cet homicide nécessite d’être décortiqué pour en comprendre les mobiles. Cela fait partie du vade-mecum d’une enquête judiciaire classique.

Ne pensez-vous pas qu’on pourrait vous rétorquer qu’en tant que secrétaire d’État à l’égalité hommes-femmes, cette affaire qui relève du drame conjugal pourrait indirectement la concerner?

Hélas, il y a beaucoup de drames conjugaux en France. Dans beaucoup de cas, je dirais que la pomme de discorde se trouve dans le panier de noces. On ne va pas interpeller madame Schiappa à chaque fois qu’il y a une difficulté dans un couple. Il faut rester raisonnable.
Madame Schiappa est en quelque sorte une enflure, au sens propre du terme. Ce gouvernement incapable de régler les soucis quotidiens des gens a, en revanche, une capacité très importante à faire gonfler un phénomène ou une personne pour masquer ses propres incohérences dans la gestion des affaires de la cité. Maintenant, madame Schiappa, ça va cinq minutes !
À Carpentras, dans le Vaucluse, monsieur Francis Adolphe, maire de cette ville et président de la communauté d’agglomération Ventoux-Comtat Venaissin, a fait l’objet d’une condamnation, pour des faits de violences conjugales, de huit mois de prison avec sursis et surtout cinq ans de privation de ses droits civiques, civils et de famille par la cour d’appel de Nîmes. Même s’il y a un pourvoi en cours, la cour d’appel, dans son pouvoir souverain d’appréciation des éléments de faits, a considéré que la culpabilité de monsieur Adolphe est avérée. Madame Schiappa ne s’est absolument pas exprimée sur le sujet. Pas plus que sa collègue au gouvernement, madame Brune Poirson, secrétaire d’État sous la coupe de monsieur Hulot. Et encore moins le président de l’association RHESO, basée à Carpentras et censée lutter contre les violences faites aux femmes.
Vous voyez donc que la gauche et l’extrême gauche ont cette capacité extraordinaire à procéder à un filtre en fonction de la personne mise en cause et, surtout, de son pedigree idéologique ou politique.

Marlène Schiappa est-elle chargée, un peu comme Christiane Taubira en son temps, d’attirer l’attention médiatique pour servir de paratonnerre à la droite ?

Madame Schiappa est la caution idéologique du gouvernement Philippe voulue par monsieur Macron. Elle fait de l’égalité hommes-femmes son combat quotidien.
Mon propos n’est absolument pas sexiste ou réactionnaire, mais il me semble que les préoccupations quotidiennes des Français sont aux antipodes des soucis de madame Schiappa.
Les Français se soucient de l’immigration de plus en plus invasive et agressive, de l’insécurité qui en découle et de l’emploi. N’oublions pas que nous avons des millions de chômeurs en France.
Il y a aussi l’agriculture, qui meurt aux sens propre et figuré du terme. Nous avons quand même un taux de suicide anormalement élevé dans cette profession.
Je crois qu’il va falloir mettre un bémol sur ce que madame Schiappa dit et revendique. Elle n’est pas le centre du monde et elle ne répond pas aux préoccupations premières des Français.

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