M. Macron a promis, pendant les élections, de diminuer les prélèvements sur les entreprises et de ramener, en 2022, à 25 % le taux de l’impôt sur les sociétés (contre 12,5 % en Irlande et 23 % en moyenne en Europe). Avec 30 %, nous sommes, en 2017, le bonnet d’âne de l’Union européenne (même si des mécanismes prévoient de nombreuses exonérations). Ce taux exorbitant nous coûte cher, car nombre de holdings installent leur siège hors de l’Hexagone. Cet impôt ne pèse, chez nous, que 2,7 % du PIB, contre 4,4 % au Luxembourg (avec un taux de 21 %), illustrant le précepte « Trop d’impôt tue l’impôt ».

En 2012, les socialistes aux abois financiers avaient surtaxé de 3 % les dividendes des entreprises. Ce prélèvement a été déclaré contraire aux règles européennes et, à l’automne, le Conseil constitutionnel a obligé l’État à rembourser cet impôt indu pour un montant de six milliards en trois ans (alors que nous cherchons déjà vingt milliards pour boucler le budget 2018 !). Le gouvernement envisage de faire payer la note aux grandes entreprises en dépit des promesses de M. Macron (qui n’engagent que les électeurs qui les ont écoutées et crues). Une des nombreuses taxes existantes (nous sommes le paradis de l’imagination fiscale !), la C3S (= contribution sociale de solidarité des sociétés), sera provisoirement augmentée pour les grands groupes afin de rapporter annuellement 5,5 milliards pendant trois ans, contre 3,5 milliards actuellement. Les « experts » calculeraient le seuil où se déclencherait ce surcoût afin d’être juste au taquet. Rien n’est acté et une autre piste (qui taxerait toujours les grandes entreprises pour le même montant) serait également à l’étude.

Après le fiasco de l’APL, qui a braqué les électeurs contre M. Macron, le gouvernement enverrait, si cette menace se concrétise, un signal calamiteux aux milieux économiques, d’autant plus que les banques seraient frappées par cette hausse, alors qu’on se bat pour attirer les établissements fuyant l’Angleterre pour cause de Brexit. Absolument illogique ! En outre, M. Hollande s’était engagé à supprimer la C3S, mais il y a renoncé, car il a été pris à la gorge par le déficit.

Et même si, en 2022, le taux de l’impôt sur les sociétés diminue, le poids des prélèvements sur les entreprises restera élevé en France, car le prix par tonne de CO2 (gaz carbonique) produit (impôt idéologique imposé pour un fantomatique réchauffement climatique) va exploser et passer de 39 euros en 2017 à 100 euros en 2030 (ou avant !), ce qui annulera en partie les autres baisses.

En fait, M. Macron n’a guère le choix, car il lui faut trouver de l’argent, mais il est en train de s’enliser dans la même impuissance que M. Hollande. Il existait, cependant, une autre politique, celle de M. Fillon que les experts trouvaient cohérente et capable de nous sortir de l’ornière. Les électeurs l’ont rejetée pour des raisons morales (compréhensibles) et pour sa dureté. On préfère toujours le beau parleur qui raconte qu’avec un coup de baguette magique, il va arranger la situation. C’est humain.

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