Editoriaux - Société - 2 juin 2019

Lutte contre l’antisémitisme : porter ou ne pas porter la kippa ?

Le gouvernement allemand a appelé la population au port de la kippa, ce samedi, en solidarité avec les juifs et en réponse à une recrudescence de l’antisémitisme. Bild, le quotidien le plus lu d’Allemagne, proposait même, lundi, à ses lecteurs une kippa à découper !

Chez nous, après le défilé des « Je suis Charlie », ces initiatives destinées à s’apposer l’étiquette de gens bien font florès. Il y a deux ans, nos lycéens mâles étaient appelés par plusieurs de leurs syndicats à venir travailler en jupe pour dénoncer les célèbres inégalités hommes-femmes tandis que plusieurs députés s’étaient mis du rouge à lèvres pour la Journée de la femme… Mal en prit à l’éminent écolo Denis Baupin qui, à peine la bouche maquillée, se retrouva au tableau d’honneur d’un « #BalanceTonGrosDégueulasse » ! Quand on veut monter au cocotier… Mais, à vrai dire, même ses amis semblent s’être bien remis de sa disparition des radars politiques.

L’Allemagne emboîte donc le pas à ce genre de happening parfaitement inopérant, mais non sans hésitation, sur le sujet délicat de l’antisémitisme. Avant de se raviser et d’adhérer au mouvement, le commissaire en charge de la lutte contre l’antisémitisme lui-même avait, il y a une semaine, confié à un journal : « Je ne peux pas conseiller aux juifs de porter la kippa partout tout le temps en Allemagne. » S’il n’y avait que là-bas, Monsieur le Commissaire…

Selon le ministère de l’Intérieur d’outre-Rhin, les actes criminels à caractère antisémite y ont augmenté de 20 %, l’an passé. Plutôt un « bon » chiffre, parce que chez nous, c’est de 74 % (bien qu’en chiffre absolu, ils restent dans la moyenne de la décennie). Mais rassurez-vous, amis du vivrensemble, les auteurs de tels délits, en Allemagne, sont, à 90 %, issus des milieux de l’extrême droite.

Ce pays différerait-il du nôtre au point qu’on se demande ce qu’ils ont à faire dans la même Union ? Parce que, chez nous, ce ne sont pas précisément les lecteurs de Drumont ou de Céline qui poussent les juifs des banlieues à décamper. À moins que la police allemande ne soit appelée à fermer les yeux sur certains à ne jamais désigner… Impensable, non ?

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