L’uniforme va-t-il vraiment faire son entrée à l’école avec Gabriel Attal ?

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Gabriel Attal vient de succéder à Pap Ndiaye. Le ministre débarqué a immédiatement été recasé comme ambassadeur au Conseil de l'Europe, à Strasbourg. On peut dire, avec un brin de mauvais esprit, qu'en déménageant, il mettra ses enfants dans une autre école alsacienne. Rideau et bon débarras ! Maintenant, qu'attendre du nouveau ministre, qui partage avec son prédécesseur une certaine dilection pour l'École alsacienne (où il a étudié) et une relative méconnaissance de la situation des prolétaires et de l'école publique dans laquelle ils sont condamnés à étudier ? Un tweet de Philippe de Villiers sur le militantisme LGBT de Gabriel Attal a été vilipendé par tout l'échiquier politique, qui craignait, s'il ne hurlait pas avec les loups, d'être taxé d'homophobie, puisque Gabriel Attal partage sa vie avec Stéphane Séjourné, fidèle de la Macronie lui aussi. Ça n'a aucun rapport, mais ainsi va la terreur en 2023. À part ça, on peut dire qu'on ne connaît pas le plus jeune ministre de l'Éducation nationale de la Ve République.

Ah, si : il y a bien un truc qui a montré sa bonne volonté. M. Attal serait favorable - il l'a toujours dit, et vient de le redire dans un entretien au Midi libre - au port de l'uniforme. Il ne s'agit pas de l'imposer, bien sûr : obliger les profs à imposer quelque chose aux élèves, vous voyez ça d'ici. En revanche, sur la base du volontariat, ça se tente, dit Gabriel Attal. On n'aurait pas entendu ça de la bouche de Pap Ndiaye. On ne peut que se féliciter, surtout quand le ministre poursuit sa digression en revenant sur le port de l'abaya, qualifiée de signe religieux censé « tester » la République. Ce remaniement gouvernemental pourrait se présenter, du point de vue laïc en tous les cas, comme de bon augure.

Il y a cependant quelques écueils - au moins deux, disons. D'abord, quels sont les établissements qui vont demander à imposer un uniforme à leurs élèves ? Les établissements situés dans des quartiers aisés n'en ont pas besoin, ceux qui sont situés dans des cités perdues n'en auront pas le courage. Ensuite, Gabriel Attal lui-même, lorsqu'il avait été interrogé sur BFM TV (il n'était alors que ministre des Comptes publics), s'il s'était déjà dit favorable à l'uniforme, avait immédiatement précisé qu'il ne croyait pas que cette solution puisse régler tous les problèmes. En montrant qu'il ne croit pas fondamentalement que sa réforme puisse régler les problèmes, de laïcité mais aussi (parmi d'autres) de racket ou tout simplement d'éducation, ne contribue-t-il pas à la tuer dans l'œuf ?

Il y a, derrière tout ça, pour finir, une troisième raison : la Macronie elle-même est très divisée sur le port de l'uniforme. Brigitte Macron trouve ça très bien, Pap Ndiaye y était vigoureusement opposé et les députés Renaissance ont voté contre la proposition de loi RN visant à le rendre obligatoire. C'est un peu le problème de l'en même temps : à force de dire tout et son contraire, on finit par ne plus savoir où on habite. Verra-t-on les élèves des lycées Youri-Gagarine ou Rosa-Parks porter des blazers et des cravates club comme dans Le Cercle des poètes disparus ? Faut voir. Disons que ça ne semble pas l'évidence même. Disons, aussi, que Gabriel Attal a raison d'y voir une idée tout sauf magique... mais on ne peut pas s'empêcher de se dire, avec un peu d'indulgence, que ça démarre un peu mieux que sous le funeste Pap Ndiaye.

Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

62 commentaires

  1. Dans son collège privé Londonien ma petite-fille portait un uniforme ; chemisier blanc avec cravate, veste avec badge du collège, jupe plissée, chapeau rond avec ruban. Elle jouissait d’un privilège concernant la jupe: comme elle a des ancêtres Ecossais, elle a pu porter le tartan de notre clan. Les garçons avaient des longs shorts et des casquettes « bowl ».

  2. L’uniforme à l’école c’est la meilleur chose qu’il puisse arriver à « l’éducation nationale » . Mais bon je n’y crois pas trop ; en Macronie , « ils » aiment jeter des cailloux dans la mare . Qu’ils commencent déjà par interdire tout signes ostentatoires musulmans ; et ça ira beaucoup mieux . Et cochon dans toutes les cantines .

  3. Est-il donc devenu si difficile d’apprendre à lire et écrire, et de retrouver certaines règles élémentaires de politesse? Quant à l’uniforme, on peut toujours y croire…

  4. C’est justement là que nous verrons s’il est fait d’une autre trempe que le précédent Ministre. Il est vivement souhaitable que l’uniforme soit exigé dans les Etablissements scolaires LAÏQUES. C’est le cas depuis très longtemps dans de nombreux établissements scolaires RELIGIEUX et ça marche parfaitement bien. L’uniforme est très important, il permet à l’élève d’être directement conditionné au travail, aux devoirs, à la discipline, à la hiérarchie et à la réussite. Le port de l’uniforme scolaire apporte aux élèves les bases du bon comportement, du savoir-vivre et surtout de la concentration lorsqu’ils sont dans leurs salles de classe.

    • « Les yeux grands fermés » !..
      Vous pensez qu’il soit possible de comparer le petit nombre d’écoles religieuses en France, avec le nombre astronomique d’écoles laïques sur l’entièreté de l’hexagone ?..
      Vous pensez que les millions d’élèves des écoles des banlieues sont du même acabit que les quelques milliers de petits gars de bonne famille disséminés sur tout le territoire ?
      Vous pensez que les 150 à 200.000 lascars souvent mineurs qui ont participé aux émeutes récentes se contenteront qu’un directeur d’école vienne leur dire : « à la rentrée, tout le monde en blouse » pour s’exécuter ?
      Pourquoi croyez-vous que Chirac ait dissout le service militaire ? Pour plaire aux jeunes ?
      Et bien non, il l’a fait car autrefois dans une caserne, il pouvait se trouver une, deux, voire trois brebis galeuses qu’on collait au trou séance tenante et l’affaire était réglée.
      Vous imaginez un service militaire aujourd’hui (j’entends une conscription) avec une caserne de 1500 « soldats » à Sarcelles … et idem en Seine saint Denis ainsi qu’en banlieue de Marseille, de Lyon, de Nice, De Strasbourg, de bordeaux etc ..
      Quant à la « trempe » du nouveau Ministre … j’ose espérer que c’est de l’humour ? Vous croyez vraiment qu’un Attal pourrait se découvrir incontinent la trempe de l’acier ?
      Vous allez avoir du mal à avoyer les lecteurs sur ce chemin là … !

  5. À titre purement personnel, je suis absolument convaincu qu’il faille réellement que nos politiques se dessillent les yeux concernant (entres autres) cette histoire abracadabrantesque de « blouses » à l’école.
    On voit vraiment que les « Grands Décideurs » de 2023 étaient – ainsi que leurs géniteurs – loin d’être nés dans les années 50/60.
    Personnellement, né juste après la guerre et enfant de l’école primaire des 50’s … je pouffe d’ouïr les propositions asiniennes faites par les doux apédeutes qui tentent de trouver une solution pour « diriger » une jeunesse aux comportements diffluents, faute d’avoir tout simplement été « éduquée » lorsqu’elle était en âge de l’être.
    D’ailleurs on observe que le mot « éduqué » a quasiment disparu du vocabulaire pour être remplacé par le mot « élevé » comme dans « bien élevé » qui comme chacun devrait le savoir n’est que le fait de « nourrir » comme on élève des poules ou des cochons, mais qu’on ne les « éduque » pas, contrairement aux humains qui – faute d’une éducation rigoureuse – conduisent inévitablement à des sociétés dans lesquelles la chienlit est seule maîtresse à bord.
    Dans les années 50/60 … nous étions de braves petits moutons qui obéissaient au premier qui nous donnait des directives … voire des ordres et bien entendu, l’idée de regimber et même d’en avoir eu la seule pensée ne nous aurait pas été envisageable !
    Et aujourd’hui, avec des centaines de milliers de mômes qui frôlent les 1.80 m à 13 ans, qui sont analphabètes … qui fument – au mieux – de l’herbe … qui commandent à la maison … frappent leur instituteurs … plantent leurs contendants à coups de couteau … sont fervents de triolisme … cassent tout … prostituent parfois leurs petites copines … attaquent la police … menacent … et sont d’une agressivité allant parfois hélas jusqu’au meurtre … je souhaite beaucoup de pertinacité aux courageux propugnateurs de notre « sacrée république » et ouvre aujourd’hui les paris :

    « JAMAIS CETTE INITIATIVE IMBÉCILE NE POURRA ÊTRE MENÉE À BIEN !..

    « T E M P U S NA R R A B O »

  6. Oui, comme vous dites : « ça démarre un peu mieux..! » A SUIVRE , et surtout A ENCOURAGER avec tous moyens imaginables par les parents de bonne volonté qui, quoi qu’en pense l’ Administration, ONT LEUR MOT A DIRE , cf invitation faite aux ‘parents vigilants’ -de Reconquête- de se porter candidats aux élections de ‘parents d’élèves’, cela peut être un bon commencement…!

  7. Mais qu’il commence, ce bien trop jeune Attal trop coincé, par exiger qu’ils apprennent qu’ils parlent et écrivent correctement le Français !
    Comment continuer à admettre plus longtemps que des cours TD de Français oral et écrit doivent être dispensés… à l’université… en 1ère année de Droit…???!!!

  8. Pourquoi pas l’uniforme ? Mais alors concerne la cravate que les islamistes considèrent comme un symbole de La Croix du Christ, comment faire avec une majorité de gamins musulmans dans toutes les classes de certaines villes, jusqu’au Bac ?

    • On n’a pas à tenir compte de ce que pensent les Islamistes de la cravate qui pour eux symbolise la Croix du Christ. Nous sommes en France, ceux qui ont choisi de venir y vivre, n’ont qu’à se plier à notre mode de vie ou repartir dans leur pays. Il faut franchement avoir l’esprit tordu pour comparer la CRAVATE à la Croix du Christ. Je n’ai jamais entendu ça de ma vie….. En fait, ces gens ne cherchent que la provocation, que l’affrontement. Si notre CRAVATE les contrarie également, qu’ils repartent dans leur pays. Chacun chez soi et tout ira bien pour tous.

  9. Sur ce sujet de port de l’uniforme, je résume donc ma pensée: fausse bonne idée, méditez sur le dicton: « l’habit ne fait pas le moine » quand la haine de la France est dans les têtes, et attention au déficit de la balance commerciale, où seront fabriqués les uniformes ? en Tunisie ?

  10. Impossible sauf à faire une grande révolution culturelle, c’est à dire une révolution tout court. Pas demain la veille avec les nains trouillards qui nous gouvernent.
    Les oppositions seraient multiples et féroces: partis de gauche et ultra-gauche, syndicats enseignants, syndicats lycéens, beaucoup de parents « progressistes » etc…
    La seule possibilité: dans le privé-privé, comme cela existe déjà dans certaines institutions. Dans le privé sous contrat on se heurterait aux mêmes oppositions. Mais cela ne mange pas de pain d’en parler pour noyer le poisson.

    • Si révolution il y a, elle ne viendra ni des nains trouillards qui nous gouvernent, ni de la gauche de manière générale.
      Ce sera soit les islamistes, soit les identitaires.
      Voir les deux en même temps.

  11. Si on impose un uniforme à l’école, il faut être particulièrement strict sur tous les éléments de ce dernier.
    Et je suis à peu près certain que nos « zélites » vont encore tout foirer, une fois de plus, à cause de leur déconnexion et de leur manque de travail.
    En effet, si vous regardez nos voisins anglais, le port de l’uniforme n’empêche pas les islamistes de se faire remarquer par leur communautarisme avec de petits détails, mais qui répétés systématiquement sur tous les musulmans, finissent par devenir des signes religieux.
    Déjà, les vêtements sont deux ou trois tailles trop grands. Ensuite, l’ourlet des jupes est déplié au maximum, voir allongé par un autre tissu.
    Des logos font leur apparition ici et là, souvent sur le sac mais parfois aussi sur la veste…

    • Je rigole, mais la seule bonne solution serait l’uniforme quamis & abaya pour tout le monde. Ça ne ferait qu’anticiper quelques décennies…

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