[CINÉMA] Truly Naked, une charge salutaire mais maladroite contre le porno
Attaquer de front les ravages du porno est aujourd’hui une priorité, si l’on souhaite rétablir dans nos sociétés occidentales des rapports sains entre les hommes et les femmes. En effet, facilement culpabilisés par le puritanisme de l’époque, qui ne cesse de vouloir moraliser les rapports entre les sexes, le désir masculin comme le désir féminin conduisent bien souvent à la frustration affective et sexuelle, vaguement compensée par la consommation immédiate et stérile de contenus pornographiques sur Internet. Résultat : les hommes et les femmes ne sont jamais encouragés à s’apprivoiser mais, au contraire, à se replier sur soi, de façon narcissique, dans un ressentiment malsain à l’égard du sexe opposé. Un refus de l’autre et de l’altérité qui explique aussi bien la banalisation de l’homosexualité que la montée inquiétante de l’asexualité chez les jeunes générations. Le porno, dans cette configuration, joue à la fois un rôle d’agent lénifiant, puisqu’il dispense l’individu, par la pratique masturbatoire, de partir courageusement à la conquête du sexe opposé, et d’aggravateur du ressentiment entre l’homme et la femme, celle-ci étant représentée comme méprisable et vulgaire, tandis que son partenaire est associé à un animal sauvage et compulsif, dépourvu de tout affect.
À la redécouverte des rapports homme/femme
Premier long-métrage réalisé par Muriel d'Ansembourg, scénariste et cinéaste belge, Truly Naked entend précisément confronter le spectateur aux ravages de la pornographie, notamment chez les jeunes générations. Le récit se déroule dans une petite ville côtière d’Angleterre. Alec, lycéen, vit seul avec son père Dylan, un acteur de films X au relatif succès qui alimente chaque jour ses réseaux sociaux de nouveaux contenus, filmés, montés et mis en ligne par son fils. Pour ce dernier, la sexualité est donc pratiquement indissociable de la pornographie. Si bien que sa relation sentimentale avec Nina, une camarade de classe avec qui il prépare un exposé sur l’addiction au porno, n’évite pas les écueils. Heureusement, à force de persévérance, et à mesure qu’il se détachera des activités de son père, Alec parviendra à rattraper ses erreurs, adoptera une vision plus saine des rapports homme/femme et redécouvrira une sexualité régie par la tendresse et les sentiments.
Un film qui tombe dans les travers qu’il dénonce…
A priori salutaire dans sa volonté de promouvoir l’authenticité des rapports amoureux entre deux jeunes tourtereaux inexpérimentés, en totale opposition avec une industrie pornographique qui prospère sur l’image choc et la surenchère dans la performance physique, Truly Naked tombe malheureusement dans les travers qu’il dénonce : le film de Muriel d'Ansembourg ne fait pas l’économie de passages et de plans érotiques dont l’intérêt se résume à asseoir la réputation sulfureuse de l’œuvre et de son auteur, avec l’air de dire : « Voilà ce que nous avons dans le ventre. » De là, un plan d’éjaculation faciale avec l’actrice X Alessa Savage, un autre où celle-ci est sur le trône des toilettes ou encore une séquence porno durant laquelle deux hardeurs sont recouverts d’un poulpe géant pendant l’acte (!). La cinéaste a beau jeu de pointer là les dérives du porno, c’est elle, en l’occurrence – et personne d’autre –, qui franchit les limites du bon goût et de la décence…
2 étoiles sur 5
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts


































Un commentaire
Aucun intérêt.