L’ultime et vibrant plaidoyer de l’évêque de Saint-Denis contre l’euthanasie
Dans son livre Le Parti de Dieu. Lettre aux évêques (Fayard), le grand journaliste et écrivain André Frossard tonnait : « Vous parlez de moins en moins comme saint Paul et de plus en plus comme un sénateur centriste. » Face à l’euthanasie, de nombreux évêques et prêtres parlent comme saint Paul. Ainsi de l’évêque de Saint-Denis, Monseigneur Étienne Guillet. Mi-juillet, le pasteur a adressé aux députés de son département, la Seine-Saint-Denis, et à ses prêtres une exhortation nette et profonde. « L’impact sera malheureusement limité, je le crains, devant une telle détermination », confie Monseigneur Guillet à BV qui ajoute, entre tristesse et inquiétude : « Je pleure d’imaginer l’éventuel départ des Petites Sœurs des pauvres de Saint-Denis. » Il faudrait un miracle...
Au terme d’un long parcours parlementaire, la loi sur la fin de vie revient à l’Assemblée nationale, ce mercredi 15 juillet, pour une issue parlementaire fatidique. Dans sa lettre, Monseigneur Guillé s’appuie sur sa tâche de pasteur. Il a parcouru son diocèse en tous sens depuis 18 mois que durent les débats, à l'écoute des habitants, « catholiques ou non », précise-t-il. Ces habitants de Seine-Saint-Denis lui ont dit leur admiration pour les soignants des services psychiatriques, au chevet de « ceux qui peinent à garder goût à la vie ». L’évêque de Saint-Denis dit aussi sa reconnaissance envers « les enseignants engagés dans la prévention du suicide auprès de nos jeunes ». Il a encore un mot pour « l'administration pénitentiaire mobilisée auprès des détenus tentés de mettre fin à leurs jours ». Il pense « aux équipes de soins palliatifs de nos hôpitaux publics ». Monseigneur Guillé évoque « la délicatesse » de ces équipes, « leur douceur, leur regard d'espérance », confiant encore son « émerveillement pour ceux qui travaillent auprès des personnes âgées, notamment les Petites Sœurs des pauvres de Saint-Denis ». Que deviendront-elles, si la loi est votée ?
Macron joue avec le pape le jeu habituel des politiques français athées
Car, dit-il, « ouvrir la possibilité de donner la mort par le suicide assisté est, comme beaucoup l'ont dit, une rupture anthropologique sombre et vertigineuse pour toute notre société », estime l’évêque, à la veille du scrutin.
À qui s'adressera-t-elle en priorité ?, interroge à son tour monseigneur Guillet. « Les pauvres seront les premiers à demander l'euthanasie car ils ne voudront pas être à la charge de leurs enfants et petits-enfants eux-mêmes en précarité », écrit-il. Il rappelle que les orthodoxes, les musulmans et les juifs ont émis de fortes réserves. Monseigneur Guillet n'a pas de doute : le pape Léon XIV, qui doit se rendre à Saint-Denis lors de son voyage fin septembre, « rappellera sûrement l'importance du respect de la vie ».
Mais voilà, Macron joue avec le pape le jeu habituel des politiques français athées, toujours prompts à rechercher le soutien papal lorsqu’il sert leurs ambitions et à l’écarter d’un revers de main lorsqu’il gène le calendrier laïciste. Sans vergogne, Macron a entrepris de gagner la confiance du pape Léon XIV, multipliant les signes d’affection tandis qu’il attisait dans le même temps le calendrier des lois favorables à l’euthanasie, mobilisant ses affidés, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet en tête. Alors que Léon XIV prépare une visite en France du 25 au 28 septembre, la première depuis le voyage officiel en France de Benoît XVI en 2008, le site Advaticanum, généralement bien renseigné, affirme que Léon XIV a plusieurs fois appelé Emmanuel Macron « dans le but de ralentir le projet de loi sur l’euthanasie en France avant sa prochaine visite dans le pays ».
Divine surprise ? Lecornu en appelle au Conseil constitutionnel
Macron sera resté inflexible, à la différence de son Premier ministre. À la surprise générale, Sébastien Lecornu annonce, ce 14 juillet, son intention d’en appeler au Conseil constitutionnel après le vote. « Le débat au Sénat n'a pas permis un examen aussi approfondi pour permettre d'aboutir à un texte de loi répondant autant aux aspirations de ses défenseurs qu'aux préoccupations de ceux qui s'inquiètent de sa mise en œuvre », explique l'entourage de Sébastien Lecornu, cité par France Info. Le miracle attendu par les opposants à l'euthanasie ?
Le parcours de cette loi civilisationnelle n'est pas terminé.
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57 commentaires
Mais qu’a-t-on donc à parler d’une fermeture des Petites Soeurs des Pauvres ??? Ont-elles eu une demande d’euthanasie dans leurs services à ce jour ? Non ! Et si cela devait advenir, les chrétiens et les religieux de notre temps ne sauraient-ils plus témoigner de leur foi au prix de la prison comme l’ont fait tant de saints et martyrs de tous les temps ? Un enseignant irlandais a payé de 2 ans de prison son refus de payer tribu à l’idéologie woke. Et des religieuses refuseraient d’en faire autant ? Malheureusement, les Français ne se réveilleront que lorsqu’ils verront les conséquences de leurs choix et de leurs lâchetés ! Et s’il faut payer le prix de la prison, qu’est-ce en regard de tout ce que souffrent tant de chrétiens à travers le monde ?
MACRON et sa clique comptent sur notre lâcheté pour nous faire avaler un tel serpent. A nous de lui montrer qu’il a grandement tort !
Macron n’évolue que dans le monde de la mort…Il entretient les guerres, il enterre, il commémore et maintenant il euthanasie. Il est habité par le Diable et pourrit tout ce qu’il touche.
Si les pauvres demandent l’euthanasie les statistiques de la pauvreté en France devraient baisser, c’est une vraie bonne nouvelle !
Pour que ce soit efficace, il faudrait qu’ils la demandent à partir de 50 ans !
Bonjour,
Comme dit plus avant, c’est pas trop tôt que l’Église se manifeste… un évêque et un autre…mais les autres ont peur de dire leur christianisme: »tu ne tueras point » déjà un certain silence sur l’avortement !!!!
Bien cordialement
Vous voulez dire plutôt que c’est une fois de plus trop tard, Alberty.
Et surtout, pas même une exhortation, pas même un message de « l’Eglise qui est en France » pour rappeler aux fidèles et aux Français la gravité de ce qui est en jeu !
Le gros de nos évêques ne sont plus des pasteurs mais des complices du loup… et peu parmi les autres sont autre chose que de ces mercenaires dont parle l’Evangile !
Un excellent moyen pour faire disparaître la pauvreté dans notre pays : supprimer les pauvres ! Macron doit adorer ça !
A Ray… D’accord avec vous. » Letordu » doit démissionner. Mais comme le dit si bien Alex : tout ça c’est du saupoudrage. Ils veulent » décaniller le peuple » par tous les moyens. Quant au RN, déception que l’ensemble du groupe ne se soit pas rangé derrière Marine Le Pen. Peut-être une stratégie ?, Il ne faudrait pas trop en faire quand même… Les électeurs ne sont pas des cruches…
C’est juste : il serait logique – et courageux sur le plan politique – que M. Lecornu démissionne. J’ai fait une remarque pour dire qu’il était opposé à cette proposition de loi et qu’il tenait à le montrer, mais il est encore plus juste de dire qu’il a manqué de courage politique en ne démissionnant pas.
à Tassergal 15 juillet 7 heures 16
Qui m’empêcherait de cibler le vote de 19 députés RN ? Ce parti dit se référer aux valeurs fondamentales, celles du christianisme à travers ce que l’on appelle la loi naturelle. Dans la loi naturelle, on trouve notamment le Serment d’Hippocrate. Je vous invite à le relire pour comprendre combien il est important pour le respect des principes fondamentaux de la loi naturelle, une relecture que n’ont pas fait ces députés, attitude qui traduit une certaine désinvolture, alors que leur parti, lui se réfère à ces principes. Les dirigeants de ce parti, par opportunisme, ont estimé que sujet traité par cette proposition de loi n’était en fait qu’une question de conscience personnelle. Penser ainsi est une imposture.
Le RN ne s’est jamais prétendu chrétien !
Exact ! on n’a jamais vu les dirigeants à la messe
Si vous aviez lu correctement ma réponse, vous auriez vu que je ne parle pas de christianisme, mais de valeurs fondamentales s’appuyant sur la loi naturelle. Il se trouve que le RN prétend les respecter.
Ma réponse vaut aussi pour Karlof (16 juillet, 9 heures 42).
Pas de doute : le RN est incohérent et, trompant les électeurs sur ses manigances et louvoiements de plus en plus fréquents, usurpe une image de marque, celle que lui donnait Jean-Marie Le Pen (ce qui ne veut pas dire que je n’appréciais pas toujours ce que cette personnalité politique déclarait, mais il y avait de la cohérence que l’on ne trouve pas chez sa fille et chez la plupart des dirigeants RN d’aujourd’hui).
A l’origine j’étais pour avoir le choix de décider pour moi, aujourd’hui je suis farouchement contre, ma liberté de choisir ne doit pas entraver celle des autres et les obliger a commettre un acte contraire a leurs convictions. Soyons honnetes si les compagnies d’assurances mutuelles sont pour ce n’est pas par charité.
Vous avez tort car votre liberté n’obligera en rien celle les autres ! c’est un faux prétexte…
Mais si, bien sûr !!!! ce qui sera volontaire deviendra obligatoire pour des raisons uniquement économiques. Il ne faut pas rêver.
Il ne s’est pour l’heure trouvé qu’un seul évêque pour parler vraiment comme saint Paul: Mgr Aillet, éveque de Bayonne. Je ne doute pas que nombre d’évêques aient contacté en privé les députés de leur diocèse, et c’est très bien de l’avoir fait. Même si cela ne porte pas de fruit visible, c’était nécessaire. En revanche, il faut aussi rappeler – et à ma connaissance Mgr Aillet est le seul à l’avoir fait publiquement – que voter cette loi entraîne une impossibilité de communier, car elle met la personne en état de péché mortel. Il est vrai que nombre de parlementaires sont déjà excommuniés latae sententiae pour appartenance à la maçonnerie ou pour avoir voté la constitutionnalisation de l’avortement (dans ces deux cas, c’est explicite dans le code de droit canonique, contrairement à l’euthanasie). On se doute que les députés qui voteront cette loi ne sont pas des piliers de sacristie, mais les dénoncer publiquement (on pourrait aussi ajouter qu’ils seront privés d’obsèques chrétiennes) pourrait tout de même avoir un petit effet.
Tout à fait d’accord avec vous Robin Hood.
Les pauvres, mais aussi les affaiblis, les muets, les immobilisés, les troublés mentalement, mais tous conscients, qui verront dans l’épouvante s’activer l’équipe et s’approcher la seringue.
Mais non puisqu’ils l’auront choisie !
On les aura un peu…aidé ; monsieur.
L’entraide fait partie de la charité chrétienne !
« Les pauvres seront les premiers à demander l’euthanasie car ils ne voudront pas être à la charge de leurs enfants et petits-enfants eux-mêmes en précarité »
S’il y a un domaine dans lequel l’argent perd son utilité c’est la santé, la maladie grave et la douleur… l’acharnement thérapeutique est-il réellement un cadeau lorsque l’horizon de l’homme n’est plus que souffrance et dépendance ?
C’est justement le retour de la grande égalité… les coffres forts ne suivent pas les corbillards !
et … vous y croyez au péché mortel ? ( nous sommes tous mortels ! )
Mais le Pape, il est censé y croire…
La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible dont on ne sort pas vivant !
Beaucoup d’idéologie, de crispations d’entêtements purement dogmatiques !
En ce moment j’accompagne de près un ami proche immobilisé dans un fauteuil roulant suite à un coup de bistouri trop proche de la moelle épinière et depuis 3 mois d’un cancer du pancréas extrêmement douloureux que les drogues les plus puissantes n’arrivent plus à calmer durablement !
Plus rien à espérer que souffrance, dépendance et une mort rapide…
Il ne serait pas éligible à la loi dans sa forme actuelle car il est totalement désorienté, ses propos sont incohérents…
La loi prévoit tellement de conditions qu’elle parait en l’état presque inapplicable et bien inoffensive.
Bien que d’éducation dans un milieu très catho j’avoue être plus réservé et hésitant… Je sais qu’en ce qui me concerne ce n’est pas la loi des hommes, que je transgresse volontiers lorsque je n’en vois pas la pertinence, qui m’arrêterait dans ce choix ultime…
Ma femme, ex-infirm!ère me suit tout à fait et je luis rendrais le même service dans une situation inversée…
je ne sais plus qui a dit : La vie a ceci de merveilleux, c’est qu’elle laisse à chacun la possibilité d’en sortir à son gré… ou quelque chose de similaire.
Personne n’a le droit de priver qui que ce soit de cette possibilité !
Je compatis à la souffrance de votre ami et à la vôtre, mais cela ne change rien. On peut et on doit réduire la souffrance, c’est ce que fait la médecine depuis toujours. Mais ce n’est pas parce qu’à un certain moment, on ne sait pas faire mieux qu’il faut tuer le malade pour supprimer la souffrance. De surcroît, cette dernière, proprement offerte, a une valeur rédemptrice. Evidemment, une société qui n’a plus pour horizon que la mort ne peut pas comprendre cela. Et soyez assuré que je suis douillet et que je déteste avoir mal.
Je l’ai déjà dit : employer le verbe « tuer » dans ce débat est un déhonneur pour
celui qui l’emploie ! et une insulte pour ceux qui font preuve d’empathie et de pitié.
Macron adore les sous !…. il a trouver un moyen de divorcer gratuitement