Londres va taxer les voitures électriques et s’inquiète déjà des conséquences

La taxe de 3 pence par kilomètre, prévue en 2028, pourrait faire brutalement chuter les ventes de véhicules électriques.
Photo de Mike Bird: https://www.pexels.com/fr
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« En achetant une voiture électrique, vous économiserez à chaque recharge. » L’argument est censé convaincre l’acheteur effrayé par le surcoût important à l’achat d’un véhicule électrique par rapport à son équivalent thermique : il s’y retrouvera à l’usage. Et il est vrai que si l’on ne considère que le poste recharge de la batterie, la part de taxe sur l’électricité (accise + CTA + TVA) n’est, en France, que de 33 %, contre 45 à 50 % sur le gazole et 55 à 60 % sur le SP95.

Une taxe kilométrique sur l’électrique en 2028

Mais cet avantage fiscal va bientôt disparaître, au Royaume-Uni. Le gouvernement travailliste vient de confirmer qu’une taxe kilométrique sur les voitures électriques entrera en vigueur à partir du 1er avril 2028.

La mesure s’appliquera à taux plein sur les modèles tout électriques et à 50 % sur les modèles hybrides rechargeables. Les modèles hybrides non rechargeables ne seront pas taxés, puisque rechargeant eux-mêmes leurs batteries avec l’inertie de leur moteur thermique.
Le taux plein a été fixé à 0,03 livre sterling (3 pence) par mile (équivalant à environ 2,2 centimes d’euro par kilomètre) et 0,015 livre pour les hybrides rechargeables.
Pour 12.500 km parcourus par an, soit la distance moyenne parcourue par un automobiliste particulier, la taxe représentera 275 euros.

 

 

Le kilométrage effectué devra être déclaré chaque année (comme les revenus pour le paiement de l’impôt sur le revenu) et pourra faire l’objet d’une vérification lors du contrôle technique. Le gouvernement a admis la relative faiblesse d’une mesure basée sur du déclaratif et d’un système de contrôle rendu partiellement aléatoire du fait de la fréquence des compteurs kilométriques trafiqués.

Cette mesure doit servir à l’entretien du réseau routier, annonce le pouvoir, mais elle vise en réalité, surtout, à compenser la baisse des recettes fiscales sur les carburants. Ce tarif de 3 pence par mile sera retenu pour l’exercice 2028, mais le gouvernement a confirmé qu’il ferait ensuite, dès 2029, l’objet d’une revalorisation annuelle qui tiendrait compte de l’inflation.

L’assujettissement à cette taxe dépend du lieu d’immatriculation du véhicule, précise la BBC. La taxe s'applique ainsi à tout véhicule électrique ou hybride non rechargeable immatriculé au Royaume-Uni, même si celui-ci est conduit dans un autre pays. Inversement, un véhicule immatriculé à l'étranger puis utilisé au Royaume-Uni sera exonéré de taxe.

Le spectre d’un baisse des ventes

En annonçant l’entrée en vigueur d’une telle mesure pour 2028, le gouvernement britannique anticipe le passage du marché automobile au tout électrique prévu à partir de 2030. Conformément aux exigences du Pacte vert européen (dont le Royaume-Uni pourrait pourtant s’affranchir, du fait du Brexit), l’interdiction à la vente de véhicules thermiques (essence et diesel) est théoriquement maintenue à cette échéance.

Mais le sujet fait débat, outre-Manche. L’annonce d’une taxe sur la recharge électrique fait en effet réagir, autant parmi les automobilistes que chez les professionnels.

Le Guardian fait ainsi remarquer que si la mesure ne fait pas trop de remous dans les milieux urbains, où les automobilistes roulent peu, les choses sont bien différentes dans les régions rurales où un fort kilométrage annuel est fréquent et contraint. Le montant annuel de la taxe pourrait ainsi varier de un à trois entre les premiers et les seconds.

Les professionnels, qu’ils s’agissent des constructeurs, des revendeurs, des loueurs ou des gestionnaires de flottes d’entreprises, se montrent inquiets et, pour certains, franchement furieux, comme le rapporte la presse spécialisée.

Pour la plupart d’entre eux, cette nouvelle taxe pourrait rendre les voitures électriques moins attrayantes. Façon polie de rappeler que la hausse des ventes de voitures 100 % électriques est, au Royaume-Uni comme d’ailleurs en France, largement soutenue de façon artificielle, que ce soit par des systèmes de prime ou par une taxation nulle ou avantageuse.

Une transition électrique artificiellement subventionnée

L’affaire est suffisamment sérieuse pour alerter l'Office for Budget Responsibility (OBR), l’organisme public britannique en charge des prévisions économiques de l’analyse des finances publiques du Royaume-Uni. En cas de basculement effectif vers le tout électrique, l’OBR estime que la taxe sur l’électrique rapporterait 1,1 milliard de livres sur l’exercice 2028/29, puis 1,9 milliard sur 2030/31.

Mais l’organisme prévoit aussi que le renchérissement du coût d’usage provoqué par cette mesure conduira à une baisse des ventes relativement importante, de l’ordre de 440.000 véhicules. Pour éviter un tel scénario, l’OBR préconise des mesures gouvernementales de compensation, et notamment une augmentation de la subvention pour les voitures électriques.

Bref, une fois encore, un soutien artificiel des ventes, financé par l’impôt, reste la seule voie envisagée par les gouvernants pour imposer aux automobilistes une transition électrique dont ils n’ont pas les moyens.

Bercy ne bouge pas et observe

Cette évidence répond d’elle-même à la question que beaucoup se posent : que va faire la France ? À un an de l’élection présidentielle, Bercy ne bouge évidemment pas d’une oreille.

Tout au plus la Cour des comptes a-t-elle évoqué la taxe kilométrique comme une piste possible pour compenser le manque à gagner fiscal que génère l’augmentation des ventes d’une voiture électrique échappant à l’accise.

Mais pour l’instant, le système actuel est maintenu, et gageons que Paris scrute l’expérience londonienne avec attention. Le contenu de la loi de finances 2027 donnera-t-il le signal d’un changement de stratégie fiscale ? Pas impossible, l’hypothèse s’annonce cependant très risquée, et donc très peu probable.

Vos commentaires

62 commentaires

  1. Plus aucune vente en GB, que des importations pour échapper à la taxe.
    Quant à taxer un véhicule hors du sol anglais, je doute de la légalité de cette mesure en droit international…

  2. « La taxe s’applique ainsi à tout véhicule électrique ou hybride non rechargeable immatriculé au Royaume-Uni, même si celui-ci est conduit dans un autre pays. Inversement, un véhicule immatriculé à l’étranger puis utilisé au Royaume-Uni sera exonéré de taxe. »

    Vous la devinez l’astuce pour contourner la taxe ?
    Ce gouvernement britannique est complètement fou…

  3. L’escroquerie par excellence. La voiture électrique a tenté des imbéciles avec tous les problèmes que ça comporte. Avant 10 ans ce sera terminé et une perte sèche pour ses adeptes. Les réserves de pétrole mondiales semblent inépuisables.

  4. Enfin un bonne nouvelle. Il faut arrêter de nous casser la tête avec les voitures électriques. Jamais je ne me résoudrai à en acheter une.

  5. Plus de voitures à essence, donc plus de taxes pour l’Etat, donc logiquement on subira l’exemple de l’Angleterre Attendons nous à une nouvelle taxe
    Le tout électrique se révélera, un jour, comme le plus grand scandale de l’Histoire …

  6. Le pouvoir anglais va être confronté, à mesure que le parc automobile s’électrifie, à une baisse des taxes sur les carburants! Taxer les véhicules électrique en u=instaurant une taxe kilométrique est un moyen « logique » de tenter de compenser la baisse des recettes fiscales sur les carburants. Avec cette annonce le pouvoir risque de plomber les futures de véhicules électriques.

  7. Bref, la voiture électrique sera plus cher à l’achat, plus contraignante d’emploi et plus cher à utiliser… Merveilleux, non?

  8. Taxer l’électrique, c’est … mécanique ! Évidemment que la transition énergétique sera accompagnée d’une transition fiscale probablement fort bien pensée et très avantageuse pour Bercy. Les propriétaires de véhicules électriques vivent leur lune de miel, mais ça ne durera pas, le mariage c’est pour le meilleur et pour le pire, dit-on, avec nos brillants dirigeants, ce sera pour le pire et rien d’autre.

    • OU que vous alliez dans cette minable Europe on ne parle que de taxe. Le pire étant en France là ou une nouvelle taxe ou augmentation d’une existante se révèle tous les jours sans oublier que l’Etat tire à boulets blancs sur les collectivités locales qui seront obligés d’augmenter leurs taxes. La feuille de paye négative est en route. Pour les voitures électriques j’avais lu il y a quelques mois déjà une liste de 5 ou 6 taxes à venir.
      Bien entendu cela ne vaut pas pour les politiques et Ex politiques qui ont tous les déplacements gratuits et pour beaucoup d’entre eux voiture, chauffeur et carburant payé à vie par les CONtribuables.

  9. Qui a pu croire que l état se priverait indefiniment de rentrées de pognon de raxes petrolieres..puisqu’il fait  » notre bien » en nous obligeant a acheter des carioles en plastique hyper chères er peu fiables..

  10. Oh mais ça nous pend au nez ; pour l’instant il y a des conducteurs d’électriques qui ricanent à longueur de posts des déboires du diesel, mais ça ne devrait pas durer : l’état ne les laissera pas gagner, et le prix de l’électricité qui va monter pour faire tourner les allemands et les renouvelables va calmer tout le monde.

  11. Bien sur que Bercy est attentif aux conséquences de cette idée lumineuse.
    Il est bien évident que les énarques, inventeurs de la MAB (Machine à bai……..), ont dans leurs cartons un tas de TALC (Trucs à la Con) pour compenser la perte des recettes fiscales issues de la chute des ventes des carburants fossiles.
    Et, s’ils réussissent à nous dégouter suffisamment des véhicules électrique pour que nous passons aux voitures à voile, ils taxeront le vent.

    • Sous Mitterrand , un cercle de réflexion socialo-ecolo avait émis l’idée d’interdire la possession d’un véhicule personnel aux particuliers afin de les obligés a circuler uniquement en transport en commun ou a vélo ; avec bientôt l’obligation d’avoir un véhicule électrique (l’interdiction de la vente thermique en 2035 voté par l’Europe) de nouvelle taxes vont pleuvoir qui seront sans aucuns doute possible copie conforme de l’Angleterre , résultat les personnes ne ce déplaceront que pour le travaille en quo-voiturage si possible et les courses pour limité le racket fiscal.

  12. Plutôt le retour des taxes sur la possession : vignette auto, taxe sur audiovisuel, taxe habitation, abris jardin, barbecues et tout et n’importe quoi, ça suit le même mouvement des péages parking, autoroutes viaducs, ponts, tunnels, centres-villes etc…et un retour possible de paiement pour les documents d’identité et tout le reste non encore imaginé.

    • Vous avez « oublié » : Taxe Terrasse – Taxe balcon – taxe serre de jardin – Taxe poulailler – taxe piscine de toutes sortes …
      Ces « petites taxes » sont déjà appliquées ou dans les tuyaux … Alors il faut bien savoir que « l’électrique » va être une « filière très lucrative » pour les cloportes de BERCY ! …
      Et « ça » va être très facile de « pister » : Carte grise + Carte Identité = TAXE ! …

    • Tout ce boucan était prévisible et ne manquera pas de se traduire en réalité.
      Tant que l’europe fera la promotion du pacte vert et que nos nations s’y assossieront avec leur zèle habituel, ces inepties perdureront.
      Même si on revenait aux voitures à chevaux, ils trouveraient le moyen de taxer le crétin tant ils ont besoin de notre pognon pour financer leur train de vie et leurs idéologies soit disant humanistes. Le vieux continent va de plus en plus mal et continue à s’enfoncer dans une décadence motifere.

  13. En France aussi , la manne des taxes sur les carburants fossiles va se tarir , et on va devoir aller chercher ce manque à gagner ailleurs , la recharge des voitures électriques va donc etre taxée.

  14. « Bercy ne bouge pas et observe »
    Un simple benêt comme moi se dirait : « on s’est sans doute plantés sur la transition énergétique ».
    Nos brillants technocrates ne se trompent jamais. Si la réalité n’est pas conforme à ce qu’ils avaient prévu, c’est la réalité qui s’est trompée.

    • Haha,et tous ces niais qui se sont rués sur les voitures électriques, mais c’était gros comme le nez au milieu de la tronche leur projet de taxer. Nous sommes gérés et gouvernés par des escrocs notoires couverts uniquement par une « légalité » ,en fait ce sont juste que des crapules avec les mêmes méthodes de racket que la mafia quand celle-ci prélève un cotat sous prétexte de protection, l’État c’est pareil,et finalement la mafia est plus »honnête » car elle ne se cache pas derrière des principes bidon.

  15. S’il y a moins en moins de voitures à moteurs thermiques, il était à prévoir que les taxes sur le litre de diesel et d’essence allaient se reporter sur le kWh. Attendez-vous, les Nicolas ayant acheté des « électriques », à payer plus cher le « litre » d’électricité. C’est le principe des vases communicants appliqué par nos mozarts de Bercy.

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