Editoriaux - Environnement - Santé - 8 août 2019

L’hypertension artérielle au cœur des enjeux environnementaux et de développement durable

Alors que les études scientifiques foisonnent sur le sujet, l’hypertension artérielle demeure, à ce jour, l’une des maladies les plus méconnues du grand public. Et pourtant, il s’agit d’une véritable problématique de santé publique puisque, selon la Société française de cardiologie, cette pathologie a un lien direct avec 13 % des décès à travers le monde. En France, un adulte sur trois est touché par la maladie et, pourtant, près de la moitié en ignorent presque tout. Par ailleurs, d’autres études menées par une équipe du CHU vaudois de Lausanne en Suisse ont permis de mettre en évidence l’impact du cadre de vie sur l’apparition de la maladie.

Un assassin dans l’ombre

Les résultats de l’enquête menée par l’institut Ipsos pour le compte de l’entreprise de biotechnologie Quantum Genomics sont plutôt inquiétants. Bien que le tiers de la population adulte soit directement concerné par la maladie, il n’y en a que 21 % qui soient réellement suivis. Le manque d’éducation sur le sujet fait aussi que moins d’un adulte sur deux fait surveiller sa tension artérielle. Et ce, en dépit du fait que cet examen soit systématique lors de toute consultation médicale. Il faut, en effet, suivre le patient sur une certaine période avant de pouvoir poser le diagnostic de l’hypertension (HTA). Les consultations ponctuelles et aléatoires n’ont que peu d’incidence sur le dépistage de cette pathologie. Un état des lieux d’autant plus grave que l’HTA est asymptomatique. C’est, d’ailleurs, la raison qui lui a valu le sinistre surnom de « tueur silencieux ».

Un risque omniprésent

Le manque d’éducation sur la question explique également l’insouciance de plus de la moitié des personnes interrogées dans le cadre de cette enquête. Ce sont 53 % des personnes ayant déclaré tout ignorer du niveau de leur tension artérielle qui affirment avoir des comportements à risque.

En outre, l’étude menée par les services de néphrologie et d’hypertension du CHUV de Lausanne a abouti à des conclusions encore plus inquiétantes. Selon les chercheurs, ce serait tout simplement l’ensemble des populations urbaines qui encourraient des risques d’hypertension artérielle. Il a ainsi été clairement identifié que la pollution sonore et les écarts de température sont des facteurs de risque d’HTA. Mais c’est surtout par rapport à la qualité de l’air respiré que les effets délétères de la pollution par rapport au risque d’HTA ont été mesurés. En effet, certaines particules extrêmement fines présentes en grande quantité dans l’air pollué des milieux urbains ont la faculté de pénétrer la circulation sanguine pour y faire des dégâts.

Quelles perspectives

Quand on sait que l’hypertension artérielle est l’un des plus importants facteurs de risque de cardiopathie et d’AVC, il est urgent de réduire au maximum les diverses sources de pollution. Dans cette perspective, les différentes approches de solution sont beaucoup plus d’ordre politique. En prélude à la COP24 prévue pour décembre, le prochain sommet des Nations unies sur le climat devrait également se pencher sur cet aspect sanitaire du plus grand défi environnemental de notre temps : le réchauffement climatique.

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