Leur but, en fermant CNews ? « Prendre le contrôle des cerveaux »

Une députée PS théorise le contrôle des esprits quand Boyard réclame, lui, la fermeture de CNews.
Copie écran L'Humanité
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« Prendre le contrôle des cerveaux. » La formule d’Ayda Hadizadeh, députée socialiste, a de quoi faire tiquer. Invitée dans L’HuMatch, l’émission de débat de L’Humanité, face au député LFI Louis Boyard, elle affirme : « La bataille culturelle n’est pas une bataille des idées, c’est une bataille pour prendre le contrôle des cerveaux. » Et elle précise : « Prendre le contrôle de la représentation du monde, c’est prendre le contrôle des cerveaux. »

Dans la même séquence, la députée explique que « la propagande n’est pas mauvaise en soi » et que l’enjeu est de déterminer « quelle fenêtre vous décidez d’ouvrir sur le monde ». La bataille culturelle ne consisterait donc plus seulement à défendre des idées, mais à maîtriser le cadre dans lequel les citoyens les perçoivent.

La bataille culturelle à la sauce Gramsci

Le vocabulaire renvoie à la notion d’« hégémonie culturelle » développée par Antonio Gramsci, philosophe et théoricien marxiste italien. La référence n’y est pas explicitement revendiquée par Hadizadeh dans cette émission. Mais sa manière de définir la bataille culturelle mérite d’être mise en perspective avec cette tradition intellectuelle.

Lorsqu’elle affirme qu’il faut « prendre le contrôle de la représentation du monde », la députée met le doigt sur le cœur du pouvoir culturel : décider de ce qui est visible, dicible et légitime dans l’espace public.

Et CNews, dans tout ça ?

La suite de l’émission donne à cette théorie une traduction concrète. Louis Boyard affirme que « CNews est une chaîne qui doit être fermée ». Quelques instants auparavant, il expliquait qu’une fois au pouvoir, son camp entendrait « démanteler l’empire Bolloré » et le ferait dès « la première semaine ». Le rapprochement est saisissant. D’un côté, le député LFI veut fermer une chaîne d’information. De l’autre, une députée socialiste explique que la bataille culturelle consiste à prendre le contrôle des cerveaux. Et les deux se retrouvent sur la même cible : CNews.

Or, CNews n’est plus une chaîne marginale. Sur l’ensemble de la saison 2025-2026, elle a terminé première chaîne d’information et première chaîne de la TNT, avec 3,2 % de part d’audience, devant BFM TV. Elle pèse donc désormais dans le débat public. Le véritable enjeu est peut-être là : moins le nombre de Français qui regardent CNews que sa capacité à imposer certains thèmes et certaines lectures du réel. Lorsque le récit échappe au cadre traditionnel, la bataille culturelle change de nature.

Le PS rejoint-il le vocabulaire de LFI ?

C’est probablement le point politique le plus révélateur. Le Parti socialiste est historiquement associé à une gauche de gouvernement, distincte de la radicalité revendiquée par La France insoumise. Pourtant, sur ce plateau, une députée PS reprend un vocabulaire qui rappelle directement celui de LFI : bataille culturelle, contrôle de la représentation du monde, propagande et, finalement, fermeture de CNews.

Il ne s’agit évidemment pas d’affirmer que tout le PS partage cette vision. Mais le rapprochement pose une question : que devient la frontière entre le socialisme de gouvernement et la gauche radicale, lorsque leurs représentants convergent sur la manière de traiter un média jugé indésirable ? La démocratie repose pourtant sur un principe simple : le citoyen doit pouvoir être confronté à plusieurs fenêtres sur le monde, y compris celles qui dérangent. Convaincre n’est pas contrôler. Débattre n’est pas formater.

Merci pour l’aveu. Il ne restera plus, ensuite, qu’à débrancher les cerveaux qui refusent le contrôle. Dans leur optique, fermer CNews, finalement, ne serait qu’un début.

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

122 commentaires

  1. On retrouve dans ce que prône ces personnages correspond tout à fait au nazisme que l’on dit de droite.Dans nazisme il y a socialisme ce qui correspond aujourd’hui a une minorité qui veut à tout pris tout contrôler et tout diriger en passant par le lavage des cerveaux que l’on a connu dans d’autres pays . Malheureusement Robespierre n’est pas mort et ce qu’il avait de plus diabolique a trouvé des adeptes.
    Le malheur pour La France est de voir ces personnages accéder au pouvoir pour imposer par tous les moyens leur doctrine.

  2. On ne sait jamais : en cas de victoire de LFI à la présidentielle, bien plus probable que celle du PS, mieux vaut savoir se placer pour conserver son titre de député ! Quitte à assumer d’asservir les Français par une Novlangue devenue unique et obligatoire mode d’expression.

  3. Ayda Hadizadeh, députée socialiste devrait retourner en Iran qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Visiblement, la dictature fait partie de son ADN comme celle de ses copains rouges. La liberté leur file des boutons et moi j’adore leur donner des boutons.

  4. Ils rêvent, la conviction dépassent, les Darmanin. C’est politique se vendent au plus offrant, et ils pensent que le peuple est comme eux. Bien sûr, la trahison a toujours exité, à condition qu’il y a un profit. Mais parfois, il coûte trés cher et plus cher que ce qu’ils ont reçu.

    • Les radios « libres » ne le furent pas longtemps. La fausse droite de Giscard, Barre, Chirac, avait, par bêtise, maintenu le monopole de l’audiovisuel public. Mitterrand en politicien avisé s’est engouffré dans la brêche. Mais deux ans plus tard, Mitterrand, en personne, créa la  » Haute Autorité de la communication audiovisuelle  » que l’on connait aujourd’hui sous le nom d’ARCOM. L’idée et les méthodes à l’époque étaient les même que pour l’ARCOM d’aujourd’hui. Mitteux a nommé plein de petits gauchistes aux ordres du pouvoir. Macron ne fait que s’inscrire dans cette lamentable tradition ! Quant à la TV, en 84, seule Canal +, dirigé par des socialos et des cocos: André Rousselet et Pierre Lescure avait droit de cité. Le privé oui ! Mais le privé des copains en situation de monopole…
      La commission Alloncle a prouvé que le copinage et la corruption continuent 40 ans plus tard.

  5. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Macron lui-même bataille pour « labelliser » les médias, et sa porte-parole l’a dit clairement : « il faut corriger les opinions fausses ». Si ce n’était pas aussi révoltant, ils nous feraient rire.

    • Exact. J’appartiens à la génération qui fut, et je pèse mes mots, victime, des maths modernes. Le but était de mettre les enfants de « bourgeois et de prolos » à égalité en enseignant des programmes incompréhensible, sauf pour les enfants de profs. Ce sont les enfants et petits-enfants de profs qui occupent aujourd’hui les postes à responsabilités en France. On voit le résultat…

  6. Après ça va être qui? Sud radio, Europe 1, Boulevard voltaire…? Il ne faut rien lâcher, Cnews est le fer de lance de la liberté d’expression. Les fachosialistes n’ont même pas le droit d’être français vu qu’ils piétinent le premier mot de la devise de la France « liberté »… Ils ne sont pas républicains mais tout simplement des dictateurs fachistes…

  7. D’un autre côté, le communisme, c’est le parti unique, la pensée unique, l’information unique, le candidat unique et tout le reste. Rien de nouveau sous le soleil stalinien. On attend avec impatience la constructions de goulags pour y enfermer et y rééduquer les « mal-pensants ».
    Toutes les dictatures, de droite, de gauche ou théocratiques, utilisent les mêmes méthodes. 2017 pourrait bien ressembler à … 1984 si les Français n’y prennent pas garde.

    • Ce que vous dites du communisme est aussi vrai pour le socialisme. N’oubliez pas que le IIIÈME Reich était le régime du NSDAP National Sozialist Deutschlands Arbeit Partei et que les deux S de URSS signifient Socialistes Soviétiques.

      • En effet , l’un socialiste allemand, tout le monde sait, mais la similitude avec le socialiste soviétique, russe, car ce n’était pas une union, est remarquable. Merci pour l’éclairage.

    • Il existe, généralement, une différence fondamentale entre les dictatures de droite et celles de gauche qui font franchir à celles-ci la limite qui différencie un régime dictatorial d’un régime totalitaire. Cette limite c’est le droit de propriété. La gauche veut tout collectiviser et l’abolir.
      Or une économie ne peut fonctionner que si, et seulement si, le droit de propriété est protégé par le droit et par l’Etat. Mais cela nous emèrait trop loin de développer cette idée ici, bien que nombre de Français endoctrinés par un système scolaire propagandiste, sont incapables de comprendre le lien ontologique entre esprit d’entreprise, donc le développement de l’économie et le droit de propriété.
      Les socialos Français, dans leur hypocrisie crasse habituelle font semblant d’expliquer benoitement que, eux, à la différence des communistes avec lesquels ils sont pourtant alliés, respectent totalement le droit de propriété. Le problème c’est qu’une fois au pouvoir ils prennent un malin plaisir à démolir systématiquement celui-ci à grand renfort de « créativité » fiscale.
      Autrement dit, la gauche, c’est la destruction des classes moyennes. Or les sciences politiques, lorsqu’elles sont faites par des gens sérieux de type Aron ou Hayek, nous enseignent que ce sont les classes moyennes qui constituent l’armature d’une société libérale et démocratique. Ce n’est donc pas un hasard si la gauche ne cesse de la démolir.

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