Rachel a encore frappé !

Pour ceux qui s'en souviennent, Rachel est une militante d'extrême gauche anonyme qui a son rond de serviette à France Inter en tant que porte parole d'un collectif totalement opaque, les Sleeping Giants. De grand pourfendeurs de médias qu'ils n'aiment pas, raison pour laquelle ils s'érigent en arbitres de la liberté d'expression sur Internet et organisent de véritables raids numériques en incitant les marques à supprimer leurs soutiens publicitaires. Coupable, selon Rachel, de « faire passer des idées nauséabondes sous couvert de respectabilité chrétienne »Boulevard Voltaire a été leur première cible historique avant Valeurs actuelles et CNews.

C'est aujourd'hui un nouvel épisode de la saga des Sleeping Giants auquel nous assistons, depuis que le député Louis Boyard a eu l'altercation que l'on sait avec Cyril Hanouna sur le plateau de C8. Mues par leur bonne conscience, Rachel et sa bande, toujours promptes à réagir, indignées par « l'escalade toujours plus outrancière » de l'émission devenue « porte-voix des pires idéologies » se mettent à interpeller les soutiens publicitaires SNCF, Thermor France, Free, MACIF Assurances, Nintendo, Vinted et autres... coupables d'intelligence avec CNews, les suppliant de ne plus « valider financièrement l'abject ».

Comme une subite envie d'en découdre des Sleeping Giants, curieusement parfaitement synchro avec cette campagne orchestrée par Louis Boyard qui, au même moment, annonce tout à la fois porter plainte contre Cyril Hanouna, réclamer une commission d'enquête parlementaire « sur la concentration des médias en France » et saisir l'Arcom. Combat dont on pense ce que l'on veut, mais mené à la loyale pour ce député de La France insoumise car mené sur le terrain judiciaire et politique. Celui de Rachel l'est, en revanche, nettement moins, car constitutif d'une « entrave à l'exercice normal d'une activité économique », pratique parfaitement illégale punie de trois ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende par l'article article 225-2 du Code pénal. Les avocats de Boulevard Voltaire en savent quelque chose puisque une action judiciaire contre les Sleeping Giants pour les mêmes raisons est en cours...

Bien sûr, les difficultés des autorités publiques et du gouvernement Darmanin à limiter la somme des actions illégales des associations d'extrême gauche sont connues. Rappelons qu'à ce jour, et depuis 2017, par complaisance, procrastination ou couardise, onze associations dites d'extrême droite ont été dissoutes et qu'aucun collectif antifa pourtant parfaitement identifié n'a été démantelé.

Est-ce ce sentiment d'abandon par les autorités qui a conduit les membres d'un autre collectif de cyber-activistes, Les Corsaires, à s'organiser et à agir pour protéger les médias et les entreprises contre l'intimidation des Sleeping Giants qu'ils qualifient de « piraterie woke » ?

Pour bien comprendre le fonctionnement des Corsaires, nous avons interrogé Jacques, un de leurs responsables : « À notre tour, nous interpellons les marques ciblées par ces activistes pour leur faire comprendre que l'action des Sleeping Giants est nuisible à la liberté de la presse, que l'appel au boycott n'est pas légal et que c'est une atteinte à la liberté économique pour ces entreprises qui se retrouvent dans des polémiques qui ne les concernent pas. Nous cherchons aussi à démontrer que les Sleeping Giants ne sont pas représentatifs du public. » Pour inciter leur communauté à agir sur les réseaux sociaux, Les Corsaires fournissent éléments de langage, vidéos et visuels.

Une technique qui porte des fruits puisque, selon Jacques, « depuis un an que nous existons, c'est assez bluffant, nous ne nous attendions pas à faire aussi bonne impression. Nous avons à notre tour alerté les marques qui se retiraient peu à peu de CNews et qui ont fait machine arrière. Environ 200 marques se faisaient interpeler par les Sleeping Giants au sujet de CNews. Depuis 1 an, seules deux d'entre elles ont abdiqué, les autres ont tout simplement ignoré les alertes des Sleeping Giants. » Victoire confirmée par le faible taux de réaction des abonnés au compte des Sleeping Giants : 0,3 %, et un tout petit 70 likes postés sur leur communauté dans cette affaire qui nous occupe.

Que soit ici encouragée et saluée une telle initiative. Au risque de confirmer l'adage « On n'est jamais mieux servi que par soi-même », à méditer...

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17 novembre 2022 à 13:01

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22 commentaires

  1. « Les avocats de Boulevard Voltaire en savent quelque chose puisque une action judiciaire contre les Sleeping Giants pour les mêmes raisons est en cours… » Pas trop vite, j’espère…

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