Un événement effrayant vient de se dérouler dans l’indifférence la plus totale. Un article dans Le Figaro le relate, mais on ne trouve rien dans Le Monde ou dans Libération : en , des dizaines de militants d’Extinction Rebellion ont bloqué des imprimeries, perturbant gravement la diffusion des journaux du groupe News Corp de Rupert Murdoch. Le prétexte donné pour cette violation grave de la démocratie fait peur : ces journaux manipuleraient la vérité, ne rendraient pas compte de manière appropriée de l’urgence climatique. Les manifestants, dans leur grand cynisme, appelaient à libérer la liberté alors que ce sont eux qui l’entravent.

Une centaine de militants s’étant attachés à des structures et entre eux pour empêcher les camions de livraison de sortir des imprimeries, la police a eu du mal à déloger les activistes. Néanmoins, pour finir, les journaux ont pu être livrés avec un retard conséquent.

Selon le porte-parole d’Extinction Rebellion, il faut sortir de l’impasse traditionnelle d’opposition (en clair, museler leurs opposants) et les médias traditionnels doivent s’extraire du « clickbait » qui nage dans la désinformation, nous fait haïr nos voisins et suspecter les étrangers. Bref, les militants d’Extinction Rebellion, qui jouissent pourtant dans les médias bien-pensants d’un a priori favorable, sont des totalitaires verts qui interdisent à leurs compatriotes de penser différemment d’eux. Néanmoins, se rendant compte qu’ils sont minoritaires dans l’opinion publique, ils veulent rééduquer celle-ci, lui supprimer toute source d’information indépendante et leur présenter la vérité d’Extinction Rebellion comme intangible en contrôlant la presse et les médias. Adolf Hitler en Allemagne, Lénine et Staline dans l’URSS, Mao en ont appliqué avec succès ce programme et se sont ainsi imposés dans leurs pays non seulement par la terreur, mais aussi par la persuasion. Quelle sera la prochaine étape d’Extinction Rebellion ? Envahir les rédactions, chasser les journalistes en place et les remplacer par des militants convaincus ? Espérons que non !

Le problème vient de la faiblesse de la réaction face à cette action. La dérive de ces facho-écologistes devient donc acceptable, normale, envisageable alors qu’elle n’est qu’une pure horreur antidémocratique.

Cette propension de la démocratie à plier le genou devant le totalitarisme n’est pas nouvelle. Nous avons connu une période similaire dans les années 1950, quand les pro-Soviétiques régnaient en maître chez les intellectuels. Mais à cette époque, les opposants pouvaient encore faire entendre leurs arguments. En 2020, on va les faire taire, en arguant de l’urgence climatique. Pour Extinction Rebellion, nous sommes en guerre pour sauver la planète et aucune voix discordante ne sera autorisée. Ils auront ainsi une légitimité pour museler le débat que n’avaient pas les communistes.

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