Ce qui est formidable, dans l'affaire Rugy, c'est l'incroyable manque de mémoire des Français. Comme si c'était la première fois qu'on apprenait qu'un haut responsable politique savait recevoir royalement sous les ors de la République, avec l'argent du contribuable. Souvenez-vous des dîners organisés par Emmanuel à Bercy lorsqu'il était ministre de l’Économie et du Numérique.

Ce sont les journalistes Marion L'Hour et Frédéric Says, en janvier 2017 - en pleine campagne présidentielle -, qui dévoilèrent le pot-au-feu par le menu dans un livre intitulé Dans l'enfer de Bercy. Selon eux, Emmanuel aurait utilisé à lui seul, en 2016, 80 % de l'enveloppe attribuée à son ministère pour les frais de représentation, soit 120.000 euros. « Il multipliait les dîners, parfois deux fois par soir », avait révélé un ministre aux deux journalistes. Un an après, en mai 2018, Christian Eckert, ex-secrétaire d’État au Budget, animé d'une « immense rage », selon ses propres mots, faisait des révélations dans son livre Un ministre ne devrait pas dire ça... Parlant de Brigitte Macron, il écrivait : « J'ai pu observer de près [sa] méthode très efficace pour organiser l'emploi du temps, les rencontres et les repas de son époux. » Et d'expliquer : « Tous les espaces du 7e étage de Bercy, qui regroupent les salles de réunion et de réception du ministère, étaient mis à contribution simultanément. Une stratégie qui permettait à Brigitte et Emmanuel Macron de prendre l'apéritif dans une réception au ministère, de débuter un premier dîner plus officiel avec d'autres convives au 7e étage puis d'en poursuivre un second à l'appartement ! Un double dîner, en somme. » Quand y faut, y faut !

Des dîners, payés avec les deniers du contribuable, qui ont sans doute permis au ministre d'alors de rencontrer du monde, beaucoup de monde. Le ban et l'arrière-ban de la finance, des médias, de l’industrie. Et même ses amis Facebook... Comme l'ont écrit L'Hour et Says dans leur livre : « A posteriori, ces rendez-vous ressemblent davantage à un pré-meeting électoral qu’à une réunion Tupperware sur l’économie ou la compétitivité. »

Alors, François de Rugy et ses dîners au homard arrosés de Dom Pérignon ou autres délectables nectars, c'est pas un peu de la roupie de sansonnet, non ?

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14 juillet 2019

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