À chacun ses fiertés… Celle du groupe TF1, c’est « l’harmonisation de la durée des congés d’accueil de l’enfant pour permettre à tous les parents, femme ou homme, hétérosexuels ou homosexuels, de bénéficier d’un congé pour accueillir leur enfant biologique, adoptif, né par ou GPA ». Autrement dit, accorder les mêmes avantages aux parents « ordinaires » et à ceux qui se rendent à l’étranger pour échapper à la loi française et se paient un enfant via une mère porteuse rémunérée.

Marc Olivier Fogiel pourra toujours squatter les plateaux télé, les scénaristes des séries comme Plus belle la vie rivaliser d’ingénuité, les auteurs de reportage nous présenter les procédés de gestation pour autrui ou de à l’étranger de la manière la plus sympathique qui soit, toutes ces « avancées sociétales » ont une chose en commun : enrichir ce gigantesque marché de la procréation (estimé à 10 milliards de dollars aux États-Unis) qui prospère sur les frustrations des uns et les idéologies des autres. Et qui met en place, petit à petit, un système d’exploitation des plus faibles par les plus riches en remplissant les poches d’investisseurs, de cliniques privées, de praticiens, d’avocats, d’assureurs et d’intermédiaires de tous ordres.

Les drames humains qui se jouent en coulisse intéressent peu. On nous a beaucoup présenté le désarroi de ces couples qui violent les lois et se font passer pour des victimes comme ceux qui, à cause de la fermeture des frontières, n’ont pu récupérer l’enfant commandé par GPA en Ukraine. L’envers du décor, c’est aussi ces pouponnières abandonnées par les clients confinés qui ne trouvent plus preneurs : 48 nourrissons en Ukraine, une trentaine en Russie, un bébé retrouvé mort et un avocat russe en fuite activement recherché pour trafic d’enfants… Ce confinement aura mis son grain de sable dans le monde du marché de la reproduction, mais pas pour longtemps.

De nouvelles méthodes se mettent en place. D’anciens clients de GPA français, moyennant commission, se muent en rabatteurs pour des agences de mères porteuses. Des réseaux entre cliniques et laboratoires organisent les voyages des gamètes congelés de clients français via l’Allemagne direction l’Ukraine ou les États-Unis en attendant la mère porteuse.

Henry Greely, le directeur du Center for Law and the Biosciences de l’université de Stanford, le prédit : « Dans 20 à 40 ans, la plupart des gens dans le monde qui auront une bonne couverture médicale choisiront de concevoir en laboratoire. » Pour la PMA, l’affaire est juteuse aussi, car si l’enfant conçu naturellement ne coûte rien, celui programmé par insémination artificielle génère, pour une clinique, un chiffres d’affaire d’environ 7.000 euros, voire 14.000 euros s’il s’agit d’une fécondation in vitro.

Une manne pour des investisseurs qui permet de comprendre un peu mieux pourquoi médias, juges, parlementaires et responsables politiques ne désarment pas. Ils en font une urgence législative pour des Français à bout, préoccupés de leurs fins de mois et qui ont vu leur système de santé sur le point d’imploser. Une déconnexion totale entre ce que veulent certaines élites et les autres. La légalisation de la PMA pour toutes, la banalisation de la GPA avant son autorisation ouvrent des perspectives d’avenir à un marché en plein essor qui ne sera pas perdu pour tout le monde.

Quitte à installer un monde aux contours cauchemardesques, celui de l’exploitation de l’homme par l’homme. Et TF1 est complice !

11 janvier 2021

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