« L’homme de ce temps a le cœur dur et la tripe sensible », écrivait Bernanos, en 1936.

Autres temps, autres circonstances, mais le constat est le même. Depuis quelques jours, nous assistons à la médiatisation larmoyante des verbatim de candidats français à la GPA, que la fermeture des empêche de réceptionner la livraison du bébé commandé. On peut « admirer » la puissance du lobby pro-GPA qui leur assure une couverture médiatique de première importance. Mais n’ayons crainte, dans quelques années, lorsque les enfants achetés par GPA saisiront les tribunaux pour dénoncer la violation de leurs droits fondamentaux, ces mêmes pousseront des cris de vierge effarouchée comme ils le font, aujourd’hui, autour des scandales de mondaine.

Cœur dur et tripe sensible privent l’homme moderne de ses capacités de raisonnement. Ainsi, dans ces tristes affaires, il détourne les concepts et vide les mots de leur sens : il parle d’humanité et d’intérêt de l’enfant pour justifier des processus qui ne sont rien d’autre que de l’exploitation de la misère humaine et du trafic d’êtres humains. Il se noie dans une obsession victimaire, caractérisée par « du ressentiment, des jérémiades sans fin, un médiocre apitoiement »[1] pour des personnes qui s’autoproclament indûment victimes.

Ces prétendues victimes françaises ont violé l’interdiction légale de la GPA pour passer commande dans des pays peu soucieux de respecter les droits des femmes et des enfants. Quel tour de passe-passe de se faire considérer comme une victime alors qu’on viole une loi française protégeant la non-marchandisation du corps humain et l’indisponibilité de l’état des personnes !

Ils ont exploité une situation de détresse qui conduit une femme à accepter de porter un enfant, moyennant rémunération, pour l’abandonner à sa naissance. Les mêmes défendront, sans doute, l’allongement du délai pour avorter au prétexte qu’une grossesse, pour une femme qui ne souhaite pas garder son enfant, est une violence inadmissible.

Ils ont froidement programmé l’abandon de cet enfant par sa mère, niant les liens tissés in utero et le traumatisme de l’abandon.

Alors, des victimes ?

Dans une interview télévisée, une femme a exprimé sa crainte de voir un tiers s’approprier le bébé qu’elle a commandé en Ukraine. Cette hypothèse nous permet d’entrevoir les catégories juridiques de la GPA ; si l’enfant est placé à la pouponnière sans état-civil à sa naissance et qu’un Ukrainien décidait de l’adopter, quel droit pourrait faire valoir la femme française ? Brandir sa volonté d’être le parent de cet enfant ? L’Ukrainien pourrait faire valoir une volonté égale d’avoir l’intention d’être le parent de cet enfant. La femme française serait bien obligée, alors, d’arguer du fait qu’elle a commandé ce bébé par contrat auprès d’une agence spécialisée et qu’elle a payé pour se voir livrer ce bébé. Commandé ? Un contrat ? Payé ? Mais alors, ce bébé n’est donc qu’une marchandise comme une autre ? Oui, c’est bien cela, la réalité de la GPA.

Traités comme des marchandises, privés des droits humains fondamentaux, ces bébés sont les vraies victimes de ces sordides marchés.

Alors, si vous vous refusez à être les témoins impuissants de ces violations iniques, écrivez aux journaux qui se font les relais complaisants de ces injustices[2], écrivez au ministre de la , des Affaires étrangères, au président de la République pour les mettre face à leurs responsabilités : vont-ils, enfin, protéger les droits des plus fragiles d’entre nous que sont les enfants, cesser d’être les complices de ces trafics d’êtres humains en refusant la transcription d’état-civil, sauf à la demande de l’enfant devenu majeur, et en adoptant des mesures pénales pour sanctionner les contrevenants français ?

[1]

[2] Ouest-France, France 3 Normandie, Le Parisien, « Live », etc…

18 avril 2020

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