Editoriaux - Santé - 18 août 2019

Les cas de rougeole en forte hausse, la vaccination en baisse

Ces derniers jours, la rougeole a refait son apparition dans la presse. Le Parisien, dans son édition du 15 août, nous révèle le décès d’une hôtesse de l’air israélienne, morte d’une complication de cette maladie. Dans le même temps, le journal Sud-Ouest nous apprend que la rougeole ne touche pas uniquement les humains mais peut également tuer les mammifères marins, et que le nombre de dauphins, de baleines et de cachalots touchés par ce virus semble en augmentation.

Chez les humains, la rougeole, d’après l’OMS, aurait fait trois fois plus de victimes pendant les sept premiers mois de 2019 que durant toute l’année 2018. Pour cette organisation, cette augmentation des cas de rougeole est liée à la mauvaise couverture vaccinale de la population mondiale.

En France, depuis le 1er janvier 2019, 244 cas de rougeole ont été déclarés et 73 d’entre eux ont dû être hospitalisés pour des formes graves. La très grande majorité de ces cas (91 %) sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés.

Il faut savoir que la rougeole est une maladie très contagieuse, due à un virus qui affecte principalement les voies respiratoires et entraîne de fortes fièvres, avec parfois des complications telles que des pneumonies ou, encore plus grave, des encéphalites souvent mortelles.

Les jeunes enfants non vaccinés sont les plus exposés au risque de rougeole, mais toutes les personnes non vaccinées sont susceptibles d’être infectées.

Il n’existe pas de traitement spécifique de la rougeole, on ne peut que proposer des traitements symptomatiques à cette maladie ou à ses complications parfois très graves.

Il existe pourtant un vaccin efficace qui protège de la rougeole (et de deux autres maladies, les oreillons et la rubéole). Ce vaccin est normalement inclus dans le calendrier vaccinal des nourrissons. Cette vaccination ne semble pas présenter d’effets secondaires particuliers, bien que certains l’ait accusée de pouvoir favoriser des cas d’autisme ; mais la relation de cause à effet n’a pas pu être prouvée.

On peut critiquer le calendrier vaccinal du nourrisson, qui impose onze vaccinations avant l’âge de 1 an pour des raisons beaucoup plus sociales que médicales (alors qu’on pourrait les étager sur une période un peu plus longue), cependant il est difficile de s’opposer à cette vaccination dont le rapport bénéfice-risque est de loin en faveur du bénéfice, et si, comme c’est probable, l’augmentation des cas de rougeole est véritablement liée à un défaut de vaccination de la population, il faut alors revoir notre politique en matière d’information sanitaire.

Les arguments développés par ceux qui s’opposent aux vaccinations ne sont pas toujours stupides, et il ne sert à rien de vouloir les éliminer d’un revers de main ou par des obligations vaccinales contraignantes. Dans une partie non négligeable de la population, les vaccins ne sont plus perçus comme une protection bénéfique mais, au contraire, comme un produit qu’on nous impose pour des raisons commerciales, quels qu’en soient les effets secondaires (même s’ils n’ont pas pu être prouvés).

L’information du public sur les bienfaits de la vaccination pourrait être grandement améliorée si l’industrie acceptait de retirer l’aluminium (très critiqué par les opposants à la vaccination) de la plupart de ses vaccins, comme elle l’a fait pour la plupart des vaccins vétérinaires suspectés d’induire des fibrosarcomes chez le chat à cause de cet adjuvant.

Mais paradoxalement, le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, lui, n’en contient pas !

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