Le raz-de marée annoncé, prévu, appelé, a bien eu lieu. Les Verts ont fait un braquage. Lyon, Poitiers, Bordeaux, bien des villes, acquises auparavant à la cause de LREM, se trouvent maintenant aux mains de ceux-là. Rien de nouveau sous le soleil, me direz-vous : c’est toujours la même vieille gauche sous différents oripeaux. C’est vrai et, dans un sens, nous sommes dans la continuité de ce que nous avons pu voir se mettre en place ces dernières années.

Mais ce soudain souci de l’écologie en soi, que signifie-t-il ? Rien du tout non plus. C’est une belle cause pour nos chevaliers blancs, voilà tout. Et un merveilleux prétexte pour continuer à traire le petit porteur, le Français moyen. N’avez-vous pas remarqué comme la pseudo-écologie est vite devenue un argument commercial ? Non pas que ce ne soit pas un combat légitime, et même noble, qui va de pair avec une mentalité plutôt traditionaliste que progressiste, d’ailleurs. Mais comme pour toutes les initiatives de ce genre, il faut voir qui les porte et qui les instrumentalise. La promotion hyper-agressive d’une Greta Thunberg est symptomatique, cette gamine autiste étrangement vindicative pour son âge – le fruit, certainement, d’un endoctrinement précoce – et qui pointe un doigt accusateur sur le monde (comprenez : le monde occidental) exactement comme le fait, dans un autre domaine, le mouvement Black Lives Matter.

Pourquoi, alors, dans un réflexe naturel, ne pas se cabrer et ruer dans les brancards ? Hélas, l’électeur type des grandes villes françaises, celui qui marche à toutes ces combines éculées de la gauche, me fait l’effet d’un condamné qui baise la main du bourreau qui le frappe – comme atteint d’une sorte de syndrome de Stockholm. Depuis cinquante ans bientôt, la gauche répète à la France qu’elle a été très vilaine, impérialiste, raciste, fasciste, misogyne, homophobe, rétrograde, et j’en passe ! Et comme chez la femme naïve qui veut toujours voir en un homme immoral un être à sauver, le pire, c’est que ça marche ! Le Français moderne, culpabilisé jusqu’au trognon, exige toujours plus fort le droit de faire ses reptations, de se flageller sur la place publique et de demander énergiquement le pardon de ses fautes.

Eh bien, je vous fiche mon billet que nous allons être servis : le Français d’en bas, en plus d’être un beauf sans finesse, d’être un réfractaire ridicule qui entrave la marche du progrès, sera, et cela grâce à son propre bulletin de vote, bientôt également un consommateur irresponsable et un égoïste à éduquer aux impératifs du monde moderne ! On peut même imaginer que la grand-mère ou le jeune homme qui exprimerait le désir d’avoir des enfants et des petits-enfants, ou une grande maison avec une belle voiture, soit sous peu taxé de fascisant.

À lire aussi

La toute-puissance de l’opinion

Le sondage c'est la pensée-magazine, à courte vue, le prêt-à-penser qui se base sur une va…