L’électricité est un bien essentiel qui nécessite une marge de puissance pour répondre aux besoins impromptus et aux inévitables incidents techniques afin d’assurer en permanence une production correspondant au besoin.

Or, suite à l’arrêt définitif volontaire des deux réacteurs de Fessenheim, le président de Réseau de transport d’électricité (RTE) annonce, pour cet hiver, un risque de coupure de courant qui serait dû à la crise sanitaire qui retarde les travaux de maintenance.

Mais pourquoi, alors, arrêter des réacteurs nucléaires qui fonctionnent ?

Pour diversifier les sources de production, répond le gouvernement. La bonne blague ! Pour plus de sécurité, il faudrait donc compter sur le vent et le soleil aléatoirement variables et intermittents.

À l’horizon 2035, une forte diminution de la capacité nucléaire et une augmentation des éoliennes et du photovoltaïque entraînent un risque croissant de manque de puissance. RTE explique que, sans la reprogrammation de fonctionnement des centrales nucléaires par EDF, il aurait pu manquer la puissance appelée par 15 millions de Français, soit environ 15 gigawatts (GW).

Malgré cette gymnastique technique, il manquera encore 3 GW en février 2021. Et la puissance fermée à… Fessenheim est de 1,8 GW.

Et ce n’est pas l’importation qui comblera le manque de puissance, malgré la confiance affichée par l’ancien député François Brottes, devenu président de RTE. Il estime qu’il pourra toujours compter sur 10 GW provenant de chez nos voisins européens, en cas de pointe.

Si le vent ou le soleil font défaut en France, ce sera aussi le cas chez nos voisins. La coopération entre les gestionnaires de réseau européens a ses limites. Chaque pays servira en premier ses propres intérêts.

En décidant l’arrêt de Fessenheim, puis de douze autres réacteurs en état de fonctionnement, avant 2035, le pouvoir politique décide, en réalité, de déléguer la sécurité d’approvisionnement en électricité aux particuliers. Confronté à un service public qui se délite, chacun devra acheter des batteries et des groupes électrogènes pour assurer, chez soi, une fourniture continue d’électricité. Tant pis pour ceux qui n’en auront pas les moyens : ils achèteront des bougies… en espérant ne pas être dans un ascenseur et que la nourriture dans le congélateur ne décongèle pas !

Cette décision d’arrêter des réacteurs nucléaires en parfait état de fonctionnement ne relève pas d’un raisonnement technique ni économique quelconque au service de l’intérêt général mais d’une décision politique résultant d’une promesse de campagne faite par François Hollande, en 2012, pour obtenir les voix des « Verts » antinucléaires.

Nos hommes politiques devraient sans doute se réinventer et « changer de logiciel »…

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