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Editoriaux - Politique - 5 février 2020

Le spectre de la défaite agite LREM avant les municipales

Sans doute connaîtrons-nous une phase d’agitation médiatique plus active, mais force est de reconnaître qu’à six semaines du scrutin, on entend peu parler des élections municipales. Ce silence est-il un phénomène normal, habituel ?

Cet acte touche 45 millions d’électeurs et 35.000 communes. Il est l’enjeu du premier niveau de démocratie de la nation. Il s’agira de choisir environ 600.000 conseillers municipaux et d’assurer un maillage du tissu de la représentation nationale qui, par exemple, fera, à terme, la composition du Sénat.

Alors, pourquoi ce désintérêt apparent des médias et des appareils, ce mutisme étrange ?

Rappelons-nous que lors de l’échéance en 2014, l’affrontement était encore celui des forces de l’« ancien monde ». À cette époque, le combat se dessinait entre la droite et la gauche. Cette lutte avait abouti à un partage en voix favorable à la « droite » parlementaire par rapport à son homologue de « gauche ».

Aujourd’hui, ce schéma semble dépassé car le corps électoral a pris conscience que les points de vue des frères ennemis d’antan se confondent sous la bannière du libéralisme plus ou moins ultra dans une démarche mondialiste opposée à toute idée de nation.

Au pouvoir, aujourd’hui, la Macronie ultramondialiste, ultralibérale (ni de droite, ni de gauche, bien entendu, mais quand même un peu des deux…) s’attache au détricotage de tout l’héritage socio-culturel que des générations successives de Français ont construit dans un esprit de solidarité et de patriotisme (le Code du travail, le régime des retraites, et j’en passe).

Par nécessité, l’opposition se construit par antagonisme à cette régression sociale.

Face à cette dichotomie, on voit poindre le chaos et la désorganisation dans les rangs de ceux qui se croient encore la « majorité ». À Paris, Griveaux se voit contesté par un Marcheur de la première heure. À Biarritz, un ministre et un secrétaire d’État se voient contraints de renoncer à leur affrontement fratricide sur injonction jupitérienne. Bref, la cacophonie habite la maison d’autant plus que des fractures idéologiques s’ajoutent aux disputes de personnes (par exemple sur la PMA, la GPA…).

Les caciques du mouvement s’attendent à une déroute aussi forte qu’inédite dans un scrutin tenant pourtant, par nature, plus aux personnes qu’aux enjeux politiques… d’ordinaire !

Guerini, le patron du parti présidentiel, tente de sauver la face par avance en annonçant que ses prétentions consistent juste à quintupler le nombre de ses élus. Or, puisqu’il en compte zéro, aujourd’hui, il n’en comptera guère plus fin mars s’il s’en tient à cette ambition minimaliste. Par ailleurs, il entend tout faire pour battre le Rassemblement national… Doit-on en déduire que tout, c’est vraiment tout ?

Sentant que l’issue du combat paraît définie avant même l’ouverture du débat, le joyeux drille Castaner a pris le risque insensé de demander aux préfets de ne pas mentionner l’étiquette des candidats dans les villes de moins 9.000 habitants, gommant par la même occasion l’échec cuisant à venir. Sauf que le Conseil d’État, vigilant pour une fois, refuse de laisser passer une circulaire anticonstitutionnelle.

On sent bien qu’un nouveau vent de panique bouleverse la Macronie qui, depuis deux ans et demi, affiche son incompétence et son amateurisme coupable… Et sans complexe apparent.

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