Editoriaux - Société - 24 juin 2019

Le scandale des burgers roses…

Et voilà une fois de plus Twitter en émoi. Cot cot cot… « Mais rendez-vous compte, chez Speed Burger, ils ont osé sortir un burger teinté de rose pour célébrer la Coupe de monde de foot féminin ! C’est un flagrant délit de sexiiiisme ! Au secours, à l’assassin ! »

La fondatrice du compte @pepiteSexiste s’égosille, épouvantée par ce rose qu’elle ne saurait voir pour symboliser la féminité. « Mais franchement, comment peut-on encore avoir l’idée de faire ça en 2019 ? » En 2018, pourquoi pas. Mais 2019. Comment peut-on, comment ose-t-on, tontaine et tonton ? La présidente de l’association des Chiennes de garde casse sa laisse et se joint au concert de lamentations : « On a bien affaire à du marketing genré. » Et c’est ben vrai, ça, dis donc.

Et d’abord, pourquoi a-t-on affublé ce championnat de football de l’appellation « féminin » ? Quel est le macho imbuvable qui a décidé d’apposer ce qualificatif « classificateur » sur cette noble compétition ? Pour ne pas froisser les habitants de la planète Twitter dont la susceptibilité est légendaire, pourquoi ne pas avoir annoncé un « Championnat du monde de football dont les joueurs ne sont pas genrés ». Les êtres humains qui tapent dans le ballon se décideront en cours de compétition. En cas de défaite, ils pourraient se découvrir hommes et en cas de victoire… heu… OK, on a compris le concept.

Contrairement à l’aplatissement de rigueur en pareille insurrection, le directeur de Speed Burger, pieds sur le bureau, cigare au bec et chapeau de cow-boy rabattu sur le front, répond nonchalamment : « Ce n’est qu’un burger, on parle de quelque chose qui pèse 70 grammes, il y a pire dans la vie. » Si le portrait est imaginaire, le ton n’en reste pas moins fidèle au détachement d’un tenancier de saloon du grand Ouest. La formule du lieu est le burger à domicile. Livraison à cheval moyennant un léger supplément. Et gare aux féministes qui tenteraient d’attaquer le convoi.

César d’honneur pour Bruno Bourrigault, PDG de Speed Burger, qui ne s’est pas empressé de supprimer de sa carte les produits incriminés… Droit dans ses bottes. Viril jusqu’au bout de ses éperons… Le monde du fast-food tient son Clint Eastwood !

Parmi les affolés de Twitter, s’en est-il trouvé un seul pour demander par quelle magie naturelle ou surnaturelle était obtenue la couleur rose bonbon qui recouvrait les petits pains du burger ? L’éventuelle nocivité d’un possible colorant chimique ne semble pas avoir offusqué les esprits des féministes combattantes, qui ont préféré dénoncer des atteintes imaginaires au cerveau des consommateurs. Un peu plus bas, Mesdames. Ici, l’estomac en lutte contre les substances néfastes à son fonctionnement. De celles que l’on dit responsables, entre autres calamités, d’une obésité galopante…

Qu’à cela ne tienne, Twitter vous propose l’association SOS Grossophobie. Le service après-ventre qui se préoccupe des effets dont il ne dit rien des causes. Burgers clignotants, viande fluo et cornichons en plastique, le Lucky Luke de Speed Burger aurait tort de ne pas laisser libre court à son imagination. Comme dit le proverbe : plus c’est gros, plus ça passe.

Note de la rédaction
C’est avec plaisir que nous relayons ce communiqué de la société Speed Burger
Nous tenons à vous indiquer que la couleur de nos burgers briochés est due à une coloration naturelle au jus de betterave. De plus nos burgers briochés sont français et 100% artisanaux.

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