Le PDG de Thales alerte sur la baisse du niveau de maths : nouvelle lettre morte ?
En janvier dernier, Olivier Andriès, le directeur général de Safran, tirait le signal d’alarme en commission des affaires économiques au Sénat : la baisse du niveau de maths en France est « une bombe à retardement », avertissait-il. Il n’est pas le seul à s’en inquiéter : le PDG de Thales, Patrice Caine, lui aussi, expliquait au Parisien, le 8 avril dernier, qu’« il y a urgence à réagir ».
« À terme, pas assez de chercheurs »...
L’interview de Patrice Caine dans Le Parisien est à la fois un plaidoyer pour l’enseignement scientifique qui « […] permet de raisonner juste, d’affûter votre esprit critique et de mieux comprendre notre monde en pleine évolution », mais aussi un avertissement : la baisse du niveau dans les matières scientifiques « […] signifie qu’à terme, on n’aura pas assez de chercheurs, pas assez d’ingénieurs et pas assez de techniciens... » Il dénonce une certaine inertie face à cette situation. Plus qu'une inertie, Joachim Le Floch-Imad, directeur de la Fondation Res Publica, voit même là « un suicide assisté » autant idéologique que politique, comme il le démontre dans son livre Main basse sur l’Éducation nationale, paru en août dernier aux Éditions du Cerf.
Pour être « un grand pays » et « maîtriser son destin »
Parce que si le PDG de Thales - cette entreprise qui veut aider « les entreprises, les organisations et les gouvernements à relever les grands défis de demain en développant des solutions avancées dans les domaines de la Défense, de la Sécurité, de la Cybersécurité, de l'Identité numérique et de l'Aérospatiale » - est particulièrement conscient des enjeux à long terme de la baisse du niveau général en maths, de ce que cela implique au niveau national et international, d’autres refusent par idéologie de retirer leurs œillères. Ainsi, explique Patrice Caine, aujourd’hui, pour « maîtriser son destin », assurer son indépendance et être « un grand pays », il faut ajouter à « la puissance économique, diplomatique et militaire […] la puissance technologique ». Et pour cela, refuser de voir s’effondrer le niveau de maths. Auprès du Parisien, il explique donc que selon lui, il faut revoir la méthode d’enseignement : « partir du concret pour aller vers l’abstrait », résoudre le problème de recrutement des professeurs de maths et se rendre « capable de reconnaître la valeur de [la] compétences » des jeunes gens diplômés en mathématiques.
Pragmatisme ou angélisme ?
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le PDG de Thales fait preuve d’un pragmatisme tout scientifique, mais face à la réalité, c’est presque de l’angélisme. Comme le montre Joachim Le Floch-Imad dans son livre, « l'Éducation nationale vit, tout d'abord, dans un entre-soi qui la pousse à défendre un logiciel propre, entre socio-constructivisme, égalitarisme et inclusivisme, aux antipodes des besoins de l'école et des attentes des Français. Deuxièmement, comme toute administration, l'Éducation nationale se caractérise par une aversion au risque, un manque d'imagination et une peur du changement qui la conduisent à perpétuer les mêmes politiques, gauche, droite et centre confondus, comme si le pays pouvait se payer le luxe de l'immobilisme […] » Il va même jusqu’à parler d’« impuissance consentie du ministre », expliquant que « là où le redressement de l'école nécessiterait stabilité et lisibilité dans l'action, on a aujourd'hui le sentiment d'un chaos général auquel les ministres successifs apportent, à tour de rôle, leur contribution ».
Sursaut politique ou immobilisme idéologique ?
Pour faire court, les dirigeants des grands groupes français sonnent le tocsin et appellent à un sursaut politique, mais en face, les yeux et les oreilles restent obstrués par l’idéologie. Ainsi, quand le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé, le 3 avril dernier, lancer un « concours général des collèges » destiné aux élèves de troisième pour « stimuler l’ambition de tous les élèves, de les encourager à découvrir leur potentiel et à exprimer leurs talents », le principal syndicat de l’enseignement, le SNES-FSU, s’est aussitôt insurgé, dénonçant un « cap vers l’élitisme » et « un instrument de reproduction sociale » au détriment de la « réussite de tous et toutes ». Le culte du nivellement par le bas et de l’affaissement général au nom de l’égalitarisme : on ne se demande plus pourquoi l’ascenseur social est en panne, puisque personne ne doit sortir du lot en appuyant sur le bouton ! En bref, si même un pansement sur une plaie béante déclenche des cris d’orfraie de la part des syndicats, il y peu de chances que les alertes des patrons de Thales et de Safran aient un quelconque écho.
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69 commentaires
Même musique depuis 50ans depuis l’escroquerie des « Maths modernes ». Revenons aux bonnes vieilles recettes : arithmétique, algèbre, trigo, géométrie (surtout dans l’espace),…… bref, au bon sens. Et les élèves ré-accrocheront.
La théorie des ensembles dans le primaire a détruit les bases mêmes des mathématiques
Rassurez-vous nos dirigeants gèrent ce problème : suppression en masse de classes et d’enseignants sous le prétexte de la baisse démographique. Ne serait-il pas plus judicieux d’alléger un peu les classes pour améliorer le suivi des élèves ? Et si l’on réduisait drastiquement le temps consacré à l’éducation sexuelle et au wokisme pour revenir aux fondamentaux : français, maths, histoire et géographie de notre pays…
Si la baisse de niveau n’était qu’en maths, bon, demi-mal. Mais elle se déplore dans tous les domaines, à commencer par la maîtrise de la langue française. On contraint des gamins à aller jusqu’au bac, même lorsqu’ils sont à peine capables de déchiffrer un texte.
La méthode « Singapour », qui produit désormais les meilleurs matheux aux Olympiades de maths … à condition d’adopter également la discipline « Singapour », mais cette dernière n’est sans doute pas politiquement correcte en France.
La solution pour les patrons de notre défense, importer des diplômés chinois et si possible (???) leur fourguer nos sociologues.
Les syndicats sont criminels dans cette affaire.
Quel pauvre pays avec de pauvres gens. Mais qui donnent des leçons au monde entier. Pitoyable!
Et ça vous étonne… En 2015, le proviseur du lycée de Luzarches cherchait un prof de maths sur le Boncoin car l’académie de Versailles était incapable de trouver un remplaçant (vous comprenez, Luzarches c’est 40 minutes de train depuis Paris, insoutenable pour les pov petits profs parisiens sans affectation…)
Luzarches).
Avant, les grandes entreprises avaient leurs propres écoles. Ils formaient eux-mêmes à leurs métiers et généralement, c’étaient des écoles de grande qualité, avec un excellent niveau. Elles sont disparu. Pourquoi ? Parce qu’au lieu de se lamenter, face à l’échec de l’état, ces entreprises auraient les moyens de former -et bien former- leurs propres salariés. Ca permettrait effectivement de « sauver » quelques jeunes au cerveau brillant, mais malheureusement lessivés dès leur plus jeune âge par la médiocrité, le wokisme ou les écrans en tous genres.
Ce n’est pas aux entreprises de former leurs apprentis en maths ! C’est à l’enseignement, c’est un tronc commun minimum à acquérir. Que les entreprises forment leurs apprentis sur les spécificités nécessaires à l’entreprise, oui. Le reste est du domaine de l’enseignement public (vous voudriez peut-être aussi que l’entreprise les forme en français et leur apprenne à écrire
Voila le résultat du tronc commun , nivellement par le bas et démagogie . Le niveau s’effondre , seuls ceux dont les parents ont les moyens peuvent bénéficier d’un enseignement correct dans le privé .
C’est foutu..suicide d’une nation.
Comment ça on va manquer d’ingénieurs,chercheurs et techniciens ? Mais avec toutes les richesses promis par l’immigration de masse nos dirigeants n’ont pas su y trouver les perles qui nous manquent ? On nous aurait menti ? Nooon, impossible. Plus sérieusement,on a beaucoup trop d’étudiants en sociologie, communication et autres et avec une éducation nationale à la ramasse avec son idéologie gauchiste et destructrice grandement influencée par les écolos vantant la décroissance,le droit à la paresse et le jouir sans entrave,on n’a pas les fesses sorties des ronces.
L’équation est simple : à force d’échanger les bac+5 par des bac-5, comment voulez-vous qu’on s’en sorte. La masse décidera du niveau.
c’est voulu et préparer par le gouvernement du nouvel ordre mondial une pognée de dirigeants et le reste des fourmis
Et c’était à attendre dès lors que l’EN était confiée aux communistes après guerre.
S’il n’y avait qu’en Math ?!! Par contre les téléphones portables cela fonctionne à merveille tout comme les vacances et absences à répétition des enseignants.
des lustres qu’ils tirent tout par le bas ils ni a pas que l’enseignement il est vrais que les français sont devenus des zombs qui vote toujours pour ceux qu’ils leurs désignent