Le magasin des enfants : FIV, PMA, GPA et maintenant ROPA
Dans la valse des sigles destinés bien souvent à masquer une réalité douloureuse, on découvre aujourd’hui la ROPA, pour « réception des ovocytes de la partenaire ». Soit une extension de la PMA qui permet aux femmes un échange biologique jusqu’ici interdit en France et, donc, la fabrication, non plus à deux mais à trois, des enfants à naître : ovocytes, gamètes et ventre récepteur. En quoi certains dénoncent, à juste titre, « une GPA déguisée ».
L’offre et la demande
Il y a longtemps, en 1990, paraissait aux Éditions François Bourin un ouvrage collectif intitulé Le Magasin des enfants (Gallimard). Sous la houlette du biologiste Jacques Testart, médecins, sociologues, psychanalystes et juristes s’interrogeaient sur ce qui s’annonçait déjà comme « une embryo-économie du vivant ». Dans son introduction, le « père » du premier bébé éprouvette s’inquiétait des limites éthiques à opposer aux nouvelles manières de fabriquer des enfants. « Jamais je n’ai souhaité de limites à la recherche de connaissances, écrivait-il, mais seulement que soit désignée la finalité des travaux afin que la société puisse juger de ce qui est projeté en son nom. »
Trente-six ans ont passé et force est de constater que les inquiétudes des auteurs sur les dérives possibles sont devenues réalité. Notamment lorsqu’ils écrivaient combien « l’offre d’enfant » risquait inévitablement de conduire à « l’hystérisation de la demande ». Nous y sommes, et l’actualité offre un écho retentissant aux propos que tenait alors le généticien.
Jacques Testart posait la question : « Est-il éthiquement acceptable de caractériser les œufs issus de la fécondation in vitro afin de ne placer dans l’utérus que ceux qui seraient jugés convenables ? » L’actualité « politico-people », qui tourne depuis deux jours autour du « bébé miracle » de Marine Tondelier, lui apporte la réponse. En effet, la papesse de l’écologie ne fait pas mystère de ses rêves eugénistes, réclamant que l’on autorise l’analyse – et donc le tri ? – des embryons avant la fécondation.
C’est mon tour !
Dans les trente-six années qui se sont écoulées depuis la publication de cet ouvrage, on a vu se développer les effets combinés de la toute-puissance du désir d'enfant et de la maîtrise à tout prix du vivant, tout cela au mépris total de la nature.
C’est dans ce mouvement que s’inscrit la dernière revendication des couples de femmes qui réclament aujourd’hui la ROPA. Alors que la « réception des ovocytes de la partenaire » est autorisée en Espagne et en Belgique, elle est encore interdite en France au nom du principe d’« anonymat du don », toujours en vigueur et confirmé par la loi de bioéthique de 2021, confirmé par le Conseil d’État en 2024 : « Il ne peut être dérogé à ce principe d’anonymat qu’en cas de nécessité thérapeutique. »
La Croix, qui se penche sur la question, souligne que « cette demande survient notamment pour le deuxième enfant quand la mère qui n’a pas encore vécu de grossesse souhaite cette fois porter l’enfant ». Chacune son tour, puisque c’est leur désir. Or, « ces couples déplorent qu’en l’état actuel de la loi, il leur faille alors recommencer leur FIV de zéro » car « les embryons qui ont été conservés pour elles ne peuvent en effet pas être utilisés, puisqu’ils ont été conçus à partir des ovocytes de l’autre mère, ce qui contrevient au principe actuel : la femme fournissant les ovocytes doit être celle qui porte l’enfant. »
Elles obtiendront gain de cause, n’en doutons pas, tout comme les couples d’hommes se verront eux aussi accorder la GPA. Si ce n’est demain, ce sera après-demain. À l’instar de Gabriel Attal, on nous vendra la « GPA éthique », présentée comme un indispensable progrès social. Cela, au nom de la compassion et de la souffrance qu’engendre le désir d’enfant non satisfait.
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28 commentaires
Il existe une méthode efficace à 90 %, laïque (mais inspirée de l’encyclique Humane Vitae) , quasi-gratuite: la Naprotechnologie. Et si on en parlait ?
Z’ont qu’à prendre des chats…!
On retrouve là les pires scénarios de la science fiction .
A la découverte de leur méthode de conception, certains enfants risquent fort de se rebiffer. Mais de cela, les « parents » se moquent. En priorité, la petite satisfaction égoïste de leur égo.
C’est du même ordre que l’euthanasie qui va permettre de « tuer » pour récupérer des organes sains à greffer.
MONSTRUEUX.
L’état a décidé de permettre à des femmes (sans problème de santé) d’avoir un enfant sans homme, avec l’aide de la médecine. On pourrait discuter ce point mais c’est interdit d’en parler. Mais cela ne suffit pas, il faut toujours aller plus loin dans le n’importe quoi. Une PMA c’est un donneur et une femme et c’est insupportable pour les couples de femmes qui veulent être deux dans une grossesse. Elles ont déjà obtenu la reconnaissance anticipée à l’état civil de l’autre parent, une adoption ne suffisait pas… Pas grave de prélever l’ovule d’une des femmes et l’implanter dans l’autres femme. C’est plus compliqué, plus cher mais il faut céder au caprice. A la fin, il y aura toujours un enfant qui ne connaîtra pas son père et le cherchera peut-être toute sa vie.
Il devra être mis fin à toutes ces dingueries qui ne sont que des délires relevant de la psychiatrie
s’ils veulent des enfants, il y en a des millions dans le monde à adopter pour les rendre heureux
faire un enfant « sur catalogue », c’est une forme d’eugénisme
@Monic29 : je suis d’accord avec vous, et pourtant ce sont cela mêmes qui ont voté pour la constitutionnalisation de l’avortement ! Ils ne sont plus à une contradiction près.