À un an et quelques jours de l’élection présidentielle, on va dire que ça s’agite fort. L’écolo parisien Julien Bayou, dans Le Point, a prophétisé : « Emmanuel perdra contre Marine Le Pen. » De son côté, Libération libère la parole de ceux qui, à gauche, affirment qu’on ne les reprendra plus : pas question de voter Macron en 2022 !

Du coup, la Macronie bat le rappel des Castors Juniors, fabricants de barrages en tout genre. Les Castaner, Loiseau, Rugy, Bergé et consorts se sont empressés de tweeter que ce n’est pas possible, qu’on doit faire barrage. Castaner, résistant de la première heure : « J’ai déjà fait barrage. Et je le ferais encore [notez le conditionnel laissant entendre, à raison, que tout est possible]. #FrontRépublicain. Ceux qui épargnent les extrêmes, toujours et encore, portent une responsabilité. » Si ce n’est pas de la pression morale, on se demande ce que c’est. Un classique qui eut payé. Cela paiera-t-il encore ? Il y aurait comme un doute, semble-t-il.

Alors, les tensions sont palpables au sein même de la galaxie macronienne. Ainsi, Nathalie Loiseau, qu’on ne présente plus, s’écharpe sur avec le député des Deux-Sèvres Guillaume Chiche, ancien député et membre du groupe Écologie démocratie solidarité. Elle : « 19 ans. Il n’aura fallu que 19 ans à une partie de la gauche pour perdre la boussole, renier ses valeurs et espérer le pire, dans l’attente illusoire de jours meilleurs pour elle. Trump, Poutine : les amis de Mme Le Pen sont connus de tous, leurs méfaits aussi. Des somnambules. » Lui : « Aucune leçon à recevoir de Nathalie Loiseau qui a fait liste commune aux élections avec l’extrême . Vous vous présentez comme un rempart au , vous êtes une porte d’entrée. » Elle : « Ça vous obsède et ça vous dédouane drôlement de répondre à la question : vous faites quoi, exactement, contre l’extrême droite ? Parce que moi, je m’y colle, et depuis des années. Quant aux leçons, vous avez raison : ce n’est ni vous ni moi qui en donnerons, ce sont les Français. » Halte au feu, ramassez les étuis !

Rappel : l’élection a lieu dans plus d’un an et non dans un mois. Alors, pourquoi tant d’agitation ? On devrait se calmer, non ?

Certes, nous sommes à un an de l’élection présidentielle, mais dans quatre mois, ce sera les élections régionales. Et ces régionales risquent d’opérer comme une sorte de répétition générale de la présidentielle. Mieux (ou pire) : comme un tremplin ou, au contraire, un handicap pour les forces politiques en présence. Le tremplin, notamment, pour les LR et le RN, le handicap pour le parti présidentiel. Quand on voit que ce dernier a dû aller chercher la secrétaire d’État , inconnue du grand public, pour conduire la liste en Provence-Alpes-Côte d’Azur ! Il est vrai qu’elle est native de Marseille…

De plus, ces élections régionales se tiendront le même jour que les élections départementales qui seront « tirées » par cette « mini-présidentielle » que sont les élections régionales. Là aussi, l’absence d’ancrage local risque de pénaliser sérieusement le parti macroniste. Mais on imagine que de beaux compromis locaux permettront de sauver les meubles : c’est l’avantage, pour la Macronie, d’appartenir à l’extrême centre.

Quoi qu’il en soit, cet énervement général dans les rangs de la majorité, qui trouve sans doute son origine dans ce fameux sondage donnant un 52-48 % si Macron et Le Pen étaient au second tour, révèle surtout le grand échec d’. Souvenons-nous : au soir de sa victoire, il déclarait qu’il « ferait tout » pour qu’il n’y ait « plus aucune raison de voter pour les extrêmes ». Visiblement, c’est raté. Si tant est que l’on puisse considérer Marine Le Pen comme une extrémiste… Un grand merci, au passage, à Gérald Darmanin !

28 février 2021

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