Dimanche 27 décembre a eu lieu le début de la de vaccination contre le Covid-19.

Ce lancement a fait l’objet d’un battage médiatique comme on en voit rarement dans le domaine de la santé. On se serait cru au lancement du dernier iPhone, on annonçait même que le parcours des véhicules devant acheminer les doses de dans la capitale serait tenu secret afin d’éviter que des individus malintentionnés ne décident de les intercepter (peut-être pour les revendre au marché noir ?) afin de bien démontrer que ce vaccin était une denrée précieuse et rare.

La première personne vaccinée a été applaudie et abondement montrée à la comme s’il se fût agit d’un héros. Ce décalage entre la sobriété habituelle des communications à visée sanitaire et tout ce folklore médiatique n’est peut-être pas étranger au fait que, selon la dernière étude de CoviPrev, de Santé publique , 60 % des personnes interrogées entre le 14 et le 16 décembre n’envisageaient pas de se faire vacciner.

Parmi les arguments évoqués contre ce nouveau vaccin, celui-ci ne serait pas sûr pour 82 % des personnes interrogées. Sans doute est-ce l’absence de visibilité sur les effets secondaires possibles à moyen et long terme qui a provoqué cette réaction.

Dans cette même enquête, 42 % des personnes défavorables au vaccin seraient prêtes à changer d’avis si l’on obtenait des informations rassurantes sur l’efficacité et la sûreté de ce vaccin.

On a peu de raisons de douter de l’efficacité de ce vaccin, au vu des premières conclusions des études fournies par le laboratoire fabricant, cependant, on ne sait pas encore de manière formelle si l’immunité acquise par le vaccin évitera que le sujet vacciné soit contagieux.

Dans sa grande sagesse, le peuple réclame donc des données fiables et des preuves, plutôt que des discours élaborés par des communicants qui n’arriveront pas de sitôt à faire oublier toutes les affirmations de nos responsables sanitaires qu’ils n’ont pas hésité à contredire quelque temps plus tard.

La vaccination commencera donc par les personnes en EHPAD, c’est-à-dire celles qui, du fait de leur âge, ou de leurs comorbidités, ont un risque accru de faire une forme grave de Covid. Mais déjà, certains médecins regrettent que le gouvernement n’ait pas fait le choix de vacciner en priorité le personnel soignant, comme c’est le cas en où les médecins et le personnel de santé seront les premiers à être vaccinés. En France, la Haute Autorité de santé a donc décidé de privilégier les personnes à haut risque et de ne vacciner les professionnels de santé que dans un deuxième temps, car le stock de vaccins reçus a obligé à faire un choix. En outre, les autorités sanitaires s’appuient sur le fait qu’il n’est pas acquis qu’être vacciné empêche de transmettre le virus, comme le souligne le docteur Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Henri-Mondor et membre de la commission technique des vaccinations à la HAS.

Il faudra donc attendre la deuxième phase du plan de vaccination pour l’étendre au reste de la population, d’abord les plus de 75 ans, puis ceux de 65 à 74 ans et, enfin, le personnel de santé et du médico- âgés de plus de 50 ans ou présentant une ou des comorbidités. Le reste des professionnels de santé et de la population ne sera vacciné que lors d’une troisième étape à la fin du printemps.

Ensuite se posera la question de savoir combien de temps dure l’immunité acquise afin de prévoir des éventuels rappels de vaccination.

Quant aux effets secondaires à moyen et long terme, il sera difficile de les observer chez les premiers vaccinés puisque ce sont les plus âgés, qui, malheureusement pour eux, n’ont qu’une espérance de vie réduite. Il nous faudra donc attendre encore quelques années.

28 décembre 2020

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